L'Australie retire son soutien aux sanctions visant les implantations israéliennes

Selon des diplomates européens cités par l'Australian Broadcasting Corporation, Canberra s'est retirée in extremis d'une coalition de douze pays occidentaux qui envisageait des sanctions contre les implantations israéliennes de Judée et Samarie. Le Canada reste le seul pays non européen à avoir rejoint la déclaration commune initiée par le Royaume-Uni.

2 min de lecturePar la rédaction
L'Australie retire son soutien aux sanctions visant les implantations israéliennes
Photo : Richard Townshend · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

L'Australie avait signalé son intérêt pour rejoindre l'initiative menée par Londres, mais a finalement renoncé au dernier moment, selon huit sources diplomatiques interrogées par l'ABC à Sydney, Canberra, Jérusalem et Tel-Aviv. Ce retrait a surpris plusieurs officiels européens engagés dans les négociations.

Une décision prise tardivement

Le Royaume-Uni avait annoncé un embargo commercial visant les implantations israéliennes des territoires de Judée et Samarie, suivi d'une déclaration commune de douze gouvernements occidentaux s'engageant à imposer, ou à envisager, des sanctions similaires. Des officiels de l'Union européenne avaient fait pression sur Canberra pour élargir cette coalition. Un responsable impliqué dans les discussions a toutefois précisé que l'Australie n'avait jamais formellement validé son adhésion, malgré des signaux d'ouverture.

Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce a justifié cette position en évoquant des réserves sur l'efficacité des mesures envisagées. « Nous sommes préoccupés par le fait que des interdictions d'importation généralisées présentent des difficultés pratiques, notamment le risque de nuire involontairement aux entreprises et travailleurs palestiniens », a indiqué le ministère, ajoutant que le gouvernement britannique avait lui-même reconnu ces difficultés dans l'élaboration de sa législation.

Des explications qui divergent selon les sources

Deux officiels européens ont dit à l'ABC avoir été « surpris » par le refus final de l'Australie. Certaines sources diplomatiques citées par la même chaîne avancent une explication liée à la politique intérieure australienne : des critiques émanant de groupes juifs australiens, après l'attentat terroriste de Bondi Beach et une hausse de l'antisémitisme, auraient pesé sur la décision de Canberra.

Une autre source a rapporté que la tonalité employée par le Royaume-Uni avait pris certains partenaires de court. Le secrétaire d'État britannique Edward Miliband a déclaré devant le Parlement que la violence de « colons » contre les Palestiniens constituait, selon ses mots, un « nettoyage ethnique », et que le gouvernement israélien fermerait volontairement les yeux sur cette violence. Un officiel européen a estimé que ces propos s'écartaient du texte finalement convenu par les douze signataires.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, avait pour sa part indiqué que Canberra « poursuit des mesures ciblées supplémentaires, en coordination avec ses partenaires internationaux, pour dissuader les implantations illégales et la violence des colons », selon ses propres termes.

Les prochaines étapes annoncées par Canberra

En juin dernier, l'Australie avait déjà rejoint le Royaume-Uni, le Canada, la France et la Norvège pour sanctionner des entreprises israéliennes accusées de financer ou de faciliter la violence dans les territoires de Judée et Samarie. Le ministère australien a réaffirmé être « prêt à prendre des mesures supplémentaires si le gouvernement d'Israël ne prend pas de mesures urgentes pour améliorer la situation sur le terrain ». Aucune nouvelle sanction n'a pour l'instant été annoncée par Canberra, qui dit vouloir agir « en coordination » avec ses partenaires plutôt que de s'aligner automatiquement sur le calendrier britannique.

Questions fréquentes

Quels pays ont finalement signé la déclaration contre les implantations ?
Selon l'ABC, le Canada est le seul pays non européen à avoir rejoint la déclaration initiée par le Royaume-Uni, aux côtés de plusieurs gouvernements européens.
Pourquoi l'Australie a-t-elle refusé de signer ?
Le ministère australien évoque des réserves sur l'efficacité des interdictions d'importation, tandis que des sources diplomatiques évoquent aussi des pressions politiques internes liées aux critiques de groupes juifs australiens.
L'Australie a-t-elle déjà pris des sanctions contre Israël ?
Oui, en juin dernier, elle a rejoint le Royaume-Uni, le Canada, la France et la Norvège pour sanctionner des entreprises israéliennes accusées de financer la violence dans les territoires de Judée et Samarie.

Sources : The Jerusalem Post

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