Netanyahou crée une task force contre les violences de résidents juifs en Judée et Samarie
Benjamin Netanyahou a chargé le chef du Conseil de sécurité nationale, Shmuel Ben Ezra, de créer en urgence une task force pour coordonner la réponse aux violences commises par des résidents juifs en Judée et Samarie. La décision intervient alors que les représentations diplomatiques israéliennes à l'étranger multiplient les alertes sur les dégâts d'image causés par ces incidents, en particulier auprès de l'administration américaine. Tsahal évalue à environ 400 à 500 le nombre d'auteurs identifiés comme « anarchistes », tandis que la saison des récoltes d'olives ravive les tensions sur le terrain.

Les missions diplomatiques israéliennes à l'étranger envoient depuis plusieurs semaines des rapports alarmants sur l'image du pays, écornée par des violences de résidents juifs contre des Palestiniens en Judée et Samarie. Un diplomate de haut rang a résumé la situation en affirmant que « nous avons épuisé nos explications ». Même des figures et des responsables communautaires habituellement favorables à Israël réclament désormais des réponses. Washington, pourtant considéré comme un allié indéfectible, se montre de moins en moins réceptif aux justifications de Jérusalem. C'est dans ce contexte que Benjamin Netanyahou a ordonné à Shmuel Ben Ezra, chef du Conseil de sécurité nationale, de mettre en place sans délai une task force chargée de coordonner la réponse de l'État à ce phénomène.
Une pression diplomatique qui s'intensifie
Le fait même que le Premier ministre ait donné cette instruction suggère qu'il a reçu plusieurs sollicitations directes des plus hauts échelons de l'administration américaine. Mais au sein du gouvernement, l'enthousiasme pour s'attaquer au problème reste limité à l'approche des élections. Des militants sur le terrain demandent aux responsables politiques de les laisser agir et de concentrer leurs efforts sur les Arabes. Cette semaine, Yiska Chaimov, sœur du directeur du Shin Bet David Zini et candidate pour le parti Noam, a réclamé la fermeture de la division du Shin Bet dédiée aux enquêtes sur les Juifs, lors d'une interview à la radio Kol Barama. Selon une source politique proche du dossier, rien n'empêche les forces de l'ordre d'agir fermement, mais la coordination entre Tsahal, la police, le Shin Bet et les autres agences reste le principal obstacle. Les ministres concernés, précise cette source, ne considèrent pas le sujet comme une priorité, laissant l'essentiel du poids aux commandants sur le terrain.
Des mesures financières, des signatures en attente
Tsahal a renforcé son déploiement en Judée et Samarie et a commencé à utiliser des sanctions financières contre la criminalité nationaliste juive, notamment la confiscation de véhicules valant plusieurs centaines de milliers de shekels, de quads et d'engins tout-terrain. L'armée attend désormais une autorisation légale et les signatures du ministre au ministère de la Défense Bezalel Smotrich et du ministre de la Justice Yariv Levin pour de nouvelles réglementations permettant d'imposer des amendes aux émeutiers et à ceux qui établissent des implantations sauvages. Une mesure envisagée obligerait les responsables de fermes et d'implantations illégales, évacuées à plusieurs reprises, à couvrir les frais de leur démantèlement. La plupart de ces sites se trouvent en zone B, où l'entrée des Israéliens est en principe soumise à autorisation en vertu des accords d'Oslo. La détention administrative figure parmi les options étudiées par Tsahal, la police et le Shin Bet, mais les responsables sécuritaires estiment que le ministre de la Défense ne se précipitera pas pour l'autoriser à l'approche du scrutin.
La récolte des olives sous surveillance
La saison des récoltes d'olives, qui vient de débuter, s'accompagne de perturbations hebdomadaires provoquées par des activistes d'extrême droite dans des villages palestiniens. Selon les chiffres de l'armée, 98 % des récoltes se déroulent sans incident, grâce à une coordination des calendriers avec les agriculteurs palestiniens et des escortes militaires sur les sites sensibles. Des heurts et des vols d'olives par des résidents juifs ont toutefois été signalés. Un officier supérieur a qualifié ces vols de phénomène honteux, commis par des « anarchistes portant la kippa » qui transgressent l'interdit du vol. L'armée pointe aussi la responsabilité de provocateurs venus de la gauche israélienne et de l'étranger, dont certains ont été expulsés ou interdits d'entrée avec l'aide du ministère de l'Intérieur. Tsahal insiste sur la distinction entre les fermes agricoles légales de la zone C, établies en coordination avec les autorités, et les fermes et implantations illégales, les premières ayant selon l'armée contribué à sécuriser des axes autrefois exposés aux jets de pierres et aux cocktails Molotov.
La suite dépend désormais des signatures attendues de Bezalel Smotrich et Yariv Levin sur les nouvelles réglementations financières, ainsi que des premiers travaux de la task force mise en place par Shmuel Ben Ezra, dont les contours opérationnels restent à préciser avant les élections.
Questions fréquentes
- Qui dirige la nouvelle task force annoncée par Netanyahou ?
- Le Premier ministre a chargé Shmuel Ben Ezra, chef du Conseil de sécurité nationale, de la mettre en place immédiatement.
- Combien d'auteurs de violences Tsahal a-t-elle identifiés en Judée et Samarie ?
- L'armée évalue leur nombre à environ 400 à 500, qualifiés d'« anarchistes » dans son évaluation transmise à l'échelon politique.
- Quelles mesures sont déjà appliquées contre ces violences ?
- Tsahal confisque des véhicules et des engins tout-terrain, et attend l'autorisation légale de Bezalel Smotrich et Yariv Levin pour imposer des amendes aux émeutiers et aux responsables d'implantations illégales.
Dossier Judée et Samarie




