Knesset fracturée : le bloc Netanyahou résiste, Eisenkot talonne, l'Arabe progresse
Au petit matin, le dépouillement des élections législatives israéliennes dessine une Knesset profondément fragmentée. Le bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahou recule mais reste devant celui de Gadi Eisenkot, tandis que les partis arabes progressent fortement. Jusqu'à 650 000 bulletins spéciaux restent à intégrer et pourraient encore rebattre les cartes.

Le dépouillement des élections législatives israéliennes se poursuit dans une incertitude rare. À 9h09 mercredi, avec 60,3 % des voix comptées, le bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahou était crédité de 56 sièges contre 48 pour le bloc du changement mené par Gadi Eisenkot. Une heure plus tard, à 66,3 % des voix dépouillées, ce même bloc était retombé à 54 sièges, le bloc Eisenkot restant stable à 48, pendant que les partis arabes progressaient nettement, Raam passant de quatre à six sièges et la Liste unifiée atteignant douze.
Le Likoud reste le premier parti malgré un léger recul
Le Likoud, crédité de 28 sièges à 60,3 % des voix, est redescendu à 27 à 66,3 %, mais demeure la première formation du pays. Le parti Yashar de Gadi Eisenkot s'est maintenu à 21 sièges dans les deux relevés, confirmant sa position de deuxième force politique. Le parti Together de Naftali Bennett oscille autour de onze sièges, tandis que les Démocrates et Yisrael Beytenu se stabilisent à huit chacun. Du côté religieux, le Judaïsme unifié de la Torah a perdu un siège entre les deux comptages, passant de huit à sept, pendant qu'Otzma Yehudit et le Shass restaient à sept sièges chacun, et que la liste conjointe Sionisme religieux-Zehout conservait six sièges.
Un écart massif entre les sondages et le vote réel
Le commentateur politique Amit Segal, de la Chaîne 12, a qualifié la soirée de "Yom Kippour" pour les instituts de sondage. Selon lui, aucune explication statistique ne permet de justifier qu'un avantage de six sièges donné à l'opposition quatre jours avant le scrutin se soit inversé en quelques jours. La moyenne des quatre derniers sondages publiés avant le vote créditait l'opposition de 54 sièges contre 49,5 pour le bloc Netanyahou, avec un écart moyen de 4,5 sièges entre les blocs. Amit Segal a salué deux instituts, Momo Filber sur la Chaîne 14 et Tzuriel Sharon sur la Chaîne 15, pour avoir mieux anticipé la force du Likoud et la répartition entre blocs. Il a également pointé l'échec collectif des sondeurs à anticiper la poussée des partis arabes, dont la participation a été nettement sous-estimée avant le scrutin.
Les bulletins spéciaux, prochaine étape déterminante
Le résultat définitif dépend encore de près de 600 000 à 650 000 bulletins à double enveloppe, provenant des soldats, réservistes, diplomates et Israéliens déplacés, soit l'équivalent d'environ quinze sièges à la Knesset. Lors des scrutins précédents, ces votes ont systématiquement favorisé les partis sionistes au détriment des formations ultra-orthodoxes et arabes, un phénomène qui pourrait une nouvelle fois modifier l'équilibre entre les blocs sans nécessairement en inverser le sens. La Commission électorale centrale doit encore vérifier ces bulletins avant leur intégration au décompte national, un processus qui peut se poursuivre plusieurs jours après le scrutin. Tant que ce travail n'est pas achevé, les résultats de sièges communiqués restent provisoires, et les négociations de coalition ne pourront s'engager pleinement qu'une fois les chiffres définitifs connus.
Questions fréquentes
- Pourquoi les résultats des élections israéliennes changent-ils encore ?
- Le dépouillement se poursuit progressivement et jusqu'à 650 000 bulletins à double enveloppe, provenant des soldats, réservistes et personnes déplacées, doivent encore être vérifiés avant d'être ajoutés au total national.
- Quel bloc est en tête à ce stade du dépouillement ?
- Le bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahou reste devant le bloc du changement mené par Gadi Eisenkot, mais son avance s'est réduite au fil du dépouillement, passant de 56 à 54 sièges entre deux relevés successifs.
- Les sondages d'avant scrutin étaient-ils fiables ?
- Non. La moyenne des derniers sondages donnait l'opposition en tête de plusieurs sièges, un écart que le commentateur Amit Segal a jugé impossible à expliquer statistiquement au vu des résultats réels.
Dossier Élections israéliennes 2026



