Royaume-Uni : Ed Miliband hausse le ton contre Israël sur la Judée-Samarie et Gaza
Le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband a qualifié la situation des Palestiniens à Gaza et en Judée-Samarie de « tache sur la conscience du monde », lors du congrès du parti travailliste à Liverpool. Il a défendu l'interdiction britannique d'importer des produits issus des implantations et promis de nouvelles mesures. Cette sortie, la plus dure de son mandat contre le gouvernement Netanyahou, s'inscrit dans un durcissement croissant de plusieurs capitales européennes.

Devant les délégués travaillistes réunis à Liverpool, Ed Miliband a livré lundi son attaque la plus frontale contre la politique du gouvernement de Benyamin Netanyahou depuis sa prise de fonctions. Le ministre britannique des Affaires étrangères a affirmé que Londres dénoncerait « l'épuration ethnique menée par des colons terroristes » en Judée-Samarie, « les preuves de crimes de guerre » à Gaza et ce qu'il a appelé « l'occupation illégale de la Palestine » par Israël — des formulations qu'il assume comme siennes, sous les applaudissements de la salle.
Le ministre, qui est juif et dont les parents ont fui les persécutions nazies avant de trouver refuge en Grande-Bretagne, a pris soin de rappeler que le Hamas avait commis le 7 octobre un « massacre » et que Londres continuait de reconnaître les menaces pesant sur Israël. Mais selon lui, ces menaces « ne peuvent justifier les souffrances infligées par le gouvernement Netanyahou à Gaza et en Judée-Samarie ». Il a ajouté un message à l'intention des manifestants pro-palestiniens qui ont émaillé le mandat travailliste : « Nous vous entendons. Vous aviez raison. »
L'interdiction des produits des implantations en vigueur
Cette prise de parole confirme l'annonce faite quelques semaines plus tôt devant le Parlement britannique d'un « reset » de la relation avec Israël. Londres a mis en place l'interdiction d'importer des produits issus des implantations de Judée-Samarie, une décision adoptée en partie en réaction aux projets de construction dans le corridor E1, entre Maalé Adoumim et Jérusalem. Miliband a promis d'aller plus loin en empêchant les institutions financières, entreprises de construction et prestataires de services britanniques d'opérer au-delà des lignes de 1967. Il a réaffirmé l'attachement de son pays à la solution à deux États, seule voie selon lui vers une paix durable pour Israéliens et Palestiniens.
L'ambassadeur palestinien à Londres, Husam Zomlot, a salué ces propos sur les réseaux sociaux, remerciant « les millions de personnes en Grande-Bretagne et dans le monde qui se sont tenues du côté de la justice ». Côté israélien, aucun ambassadeur n'est actuellement en poste à Londres : Tzahi Braverman, ancien directeur de cabinet de Netanyahou nommé à ce poste, ne peut l'occuper tant qu'il fait l'objet d'une enquête pénale pour entrave à la justice, fraude et abus de confiance, et qu'il lui est interdit de quitter le territoire israélien.
Israël riposte, l'isolement s'étend en Europe
Après l'annonce britannique de l'interdiction des produits des implantations, rejointe par la France et le Canada, Israël avait pris plusieurs mesures de rétorsion, dont la fermeture du consulat britannique à Jérusalem et le retrait de ses représentants du centre international de soutien à Gaza. Les relations, déjà fragilisées sous le précédent gouvernement travailliste de Keir Starmer — qui avait reconnu l'État palestinien —, se sont encore détériorées depuis l'arrivée d'Andy Burnham à la tête du gouvernement en juillet.
L'ancien ambassadeur Avi Pazner a averti, dans un message interne à d'anciens diplomates israéliens révélé par Ynet, qu'Israël risquait un isolement comparable aux sanctions imposées à l'Afrique du Sud sous l'apartheid si la coalition actuelle restait au pouvoir après les élections. Les sanctions, pour l'instant limitées aux territoires de Judée et Samarie, pourraient selon lui s'étendre à l'ensemble du pays. Le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs mis en garde les voyageurs israéliens contre des contrôles douaniers prolongés aux Pays-Bas, où une interdiction similaire sur les produits des implantations est entrée en vigueur.
Ce durcissement s'accompagne d'une pression interne sur le parti travailliste, confronté à des manifestations récurrentes et à la concurrence des Verts britanniques sur le dossier palestinien. Des soutiens du groupe Palestine Action, interdit après une intrusion sur une base militaire, ont été arrêtés en marge du congrès à Liverpool, réclamant la levée de cette interdiction. Le sort de cette organisation dépend désormais d'une décision de la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, qui a par ailleurs annoncé la réouverture d'un programme de réinstallation de réfugiés donnant la priorité aux Palestiniens de Gaza et aux femmes et filles afghanes.
Questions fréquentes
- Quelles mesures le Royaume-Uni a-t-il prises contre les implantations israéliennes ?
- Londres interdit l'importation de produits issus des implantations de Judée-Samarie et prévoit d'empêcher ses institutions financières, entreprises de construction et prestataires de services d'y opérer.
- Comment Israël a-t-il réagi aux mesures britanniques ?
- Israël a fermé le consulat britannique à Jérusalem et retiré ses représentants du centre international de soutien à Gaza, en représailles à l'interdiction des produits des implantations.
- Pourquoi Israël n'a-t-il pas d'ambassadeur au Royaume-Uni ?
- Tzahi Braverman, nommé à ce poste, ne peut l'occuper car il fait l'objet d'une enquête pénale et n'a pas l'autorisation de quitter le territoire israélien.
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