Trump endosse officiellement Netanyahou à neuf jours des élections israéliennes
Donald Trump a publié dimanche sur Truth Social un soutien total à Benyamin Netanyahou, à neuf jours des élections législatives du 27 octobre en Israël. Le président américain a averti que tout autre dirigeant obligerait Washington à affronter seul l'Iran. Les sondages, eux, continuent de montrer une course serrée entre le bloc du Premier ministre et l'opposition menée par Gadi Eisenkot.

Donald Trump a mis fin à des mois d'ambiguïté. Dans un long message publié dimanche sur Truth Social et adressé au « grand peuple d'Israël », le président américain a offert à Benyamin Netanyahou « son endossement complet et total » pour sa réélection. Il l'a qualifié de « grand Premier ministre guerrier », « fort, courageux et brillant face à une opposition considérable, y compris en Israël même ».
Un soutien explicite lié à l'Iran
Le passage le plus lourd de conséquences du message de Trump concerne l'Iran. Le président a prévenu que si Téhéran ne changeait pas rapidement de cap, « nous finirons bientôt le travail ». Il a ensuite lié directement la poursuite de la coopération contre la République islamique à la survie politique de Netanyahou : « Si Israël a le mauvais dirigeant, c'est-à-dire n'importe qui d'autre que Bibi, l'Amérique devra faire ce travail seule, et je ne suis pas enclin à le faire », a-t-il écrit. Israël et les États-Unis ont déjà combattu l'Iran ensemble à deux reprises en un peu plus d'un an, lors de l'opération Midnight Hammer en juin 2025 contre les sites nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan, puis lors des opérations conjointes Epic Fury et Roaring Lion en février 2026. Selon JNS, Trump ne considère pas la confrontation comme terminée : lors d'un meeting en Alaska le 13 octobre, il a averti « attendez de voir ce que nous allons faire à l'Iran ».
L'endossement est intervenu quelques heures après l'apparition de Netanyahou sur Fox News, dans l'émission de Mark Levin, où le Premier ministre a défendu la destruction du programme nucléaire iranien comme une nécessité pour la sécurité américaine elle-même. Selon le Forward, Trump avait refusé pendant des mois de se prononcer, déclarant encore en septembre au magazine Time ne plus être « impliqué dans la politique israélienne ».
Une campagne recentrée sur un thème favorable à Netanyahou
Pour Uri Bushinsky, commentateur politique et ancien conseiller de Netanyahou cité par la JTA, l'endossement sert le Premier ministre de deux manières : il signale que Trump le juge le mieux placé pour le poste, et il recentre la campagne sur l'Iran, un terrain où Netanyahou est fort, après plusieurs jours de débat sur le clivage ashkénazes-séfarades, la loi sur la conscription et la réforme judiciaire. « C'est le coup de pouce ultime pour la campagne de Netanyahou », a-t-il estimé. Il a toutefois nuancé son effet électoral : « Je pense que cela pourrait lui donner un mandat de plus, pas davantage. »
Ilana Shpaizman, de l'université Bar-Ilan, va plus loin et juge que l'endossement « ne changera rien », les électeurs ayant déjà arrêté leur choix. La professeure Tamar Hermann, de l'Institut israélien de la démocratie, estime que le moment choisi arrive « trop tard et trop tôt » : trop tard pour faire basculer des électeurs entre les blocs, trop tôt pour ignorer les critiques venues même du camp républicain aux États-Unis. Elle rappelle qu'un sondage de son institut a mesuré une chute de la confiance des Israéliens envers l'engagement de Trump pour la sécurité d'Israël, passée d'environ 70 % à 42 % depuis le cessez-le-feu avec l'Iran.
Un scrutin toujours incertain le 27 octobre
Les sondages publiés ce week-end restent contradictoires sur l'ampleur de l'avance de l'opposition. Le Forward évoque un bloc d'opposition crédité de 55 sièges combinés, porté par le parti Yashar de Gadi Eisenkot, devant le Likoud de Netanyahou. Aucun camp ne disposerait, selon ces estimations, des 61 sièges nécessaires sur 120 à la Knesset. Avigdor Lieberman, dont le parti pèserait huit à neuf sièges, a déjà annoncé qu'il s'opposerait à toute formation de gouvernement de l'opposition sans majorité claire, lui conférant un rôle d'arbitre. En l'absence de majorité nette, Netanyahou resterait Premier ministre jusqu'à l'investiture d'un nouveau gouvernement, un scénario déjà vécu en 2020 lors de l'impasse électorale ayant débouché sur un accord d'union avec Benny Gantz. Les résultats du 27 octobre diront si l'endossement de Trump a suffi à consolider le bloc de Netanyahou ou si Israël se dirige vers une nouvelle période de blocage parlementaire.
Questions fréquentes
- Quand Trump a-t-il endossé Netanyahou ?
- Dimanche 18 octobre 2026, dans un message publié sur Truth Social, à neuf jours des élections israéliennes du 27 octobre.
- Que risque de changer cet endossement dans les urnes ?
- Selon des politologues cités par la JTA et le JPost, l'effet serait limité, peut-être un siège supplémentaire, sans faire basculer les grands équilibres entre blocs.
- Quelle majorité faut-il pour gouverner à la Knesset ?
- 61 sièges sur 120. Les sondages évoqués par les sources ne donnent de majorité claire ni au bloc de Netanyahou ni à l'opposition menée par Gadi Eisenkot.
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