Frappes américaines sur l'île iranienne de Qeshm : Washington évoque un accord proche, Téhéran reste intraitable

L'armée américaine a mené dans la nuit de lundi à mardi des frappes limitées contre l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, après qu'un missile sol-air iranien a visé un appareil américain. Donald Trump affirme que Téhéran veut « très fortement » mettre fin au conflit, tandis qu'un haut responsable iranien assure qu'un accord reste lointain.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Frappes américaines sur l'île iranienne de Qeshm : Washington évoque un accord proche, Téhéran reste intraitable
Photo : Illustration générée par IA

Les forces américaines ont frappé dans la nuit de lundi à mardi des positions sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, selon des informations du Wall Street Journal confirmées à CNN, au Jerusalem Post et à Israel Hayom par des responsables américains. Un fonctionnaire a précisé qu'une unité des Gardiens de la révolution (IRGC) avait tiré un missile depuis Qeshm en direction d'un avion américain survolant le détroit, et que les forces américaines avaient riposté en légitime défense avec un missile sol-air. Les sources américaines insistent sur le caractère limité de l'opération, qu'elles distinguent d'une reprise des hostilités à grande échelle.

Les faits sur les frappes et la position américaine

Selon l'Associated Press, l'opération visait des lanceurs de missiles sol-air iraniens déjà utilisés contre des aéronefs américains. D'après le Wall Street Journal, des opérations similaires, menées de façon plus discrète, avaient déjà eu lieu ces dernières semaines. Ces frappes surviennent à la veille des élections de mi-mandat américaines, un moment où Washington cherche à montrer sa fermeté sans rouvrir un front majeur.

Donald Trump, interrogé par Fox News, a affirmé que l'Iran veut mettre fin au conflit « très fortement » et que son économie « s'effondre » sous l'effet des sanctions américaines. Il a évoqué 159 navires iraniens neutralisés par l'armée américaine et assuré que Washington négociait « en position de force totale », pouvant mettre fin à la confrontation « à tout moment ». Il a également mentionné la possibilité de frapper de nouveau un site surnommé « Pickaxe Mountain », tout en minimisant l'ampleur d'une telle opération.

Les réactions de Téhéran et de Washington

Un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que Téhéran et Washington restaient « loin » d'un accord et que l'Iran n'accepterait pas des « exigences excessives » américaines. Selon lui, les conditions iraniennes devront être satisfaites avant toute réouverture du détroit d'Ormuz, et les discussions sur le programme nucléaire ne pourront débuter qu'ensuite. Le Qatar jouerait un rôle d'intermédiaire pour tenter de réduire l'écart diplomatique entre les deux parties, selon le Jerusalem Post.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a de son côté averti que l'Iran était « pleinement prêt à la guerre » et que sa réponse à toute attaque serait « imprévisible et sans limite géographique ». Il a estimé que la responsabilité d'éviter la guerre incombait désormais aux États-Unis.

Côté américain, le vice-président JD Vance a déclaré que lui et Trump se sentaient « plutôt optimistes » quant aux chances d'un règlement négocié, tout en rappelant que le président conservait des « options cinétiques et non cinétiques ». Il a précisé qu'aucun ultimatum n'avait été fixé, l'objectif étant d'obtenir un engagement vérifiable de l'Iran à ne pas reconstruire son programme nucléaire. Trump a par ailleurs indiqué avoir évoqué le dossier iranien lors d'un appel téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, dimanche, qu'il a qualifié de « très bonne conversation ».

La suite des négociations

Les cours du pétrole, qui avaient chuté de plus de 7 % lundi avant de remonter autour de 106,50 dollars le baril mardi matin, reflètent la nervosité des marchés face à un possible retour aux hostilités. Trump a averti que les États-Unis pourraient « donner le marteau » si Téhéran ne parvenait pas à un accord, tout en affirmant vouloir « sauver des vies » en privilégiant la voie diplomatique. Les médiateurs qatariens poursuivent leurs efforts, sans calendrier fixé, pour tenter de rapprocher les positions avant une éventuelle reprise des frappes.

Questions fréquentes

Pourquoi les États-Unis ont-ils frappé l'île de Qeshm ?
Selon des responsables américains, l'opération a suivi le tir d'un missile sol-air iranien contre un avion américain survolant le détroit d'Ormuz, auquel les forces américaines ont riposté en légitime défense.
Un accord entre Washington et Téhéran est-il proche ?
Donald Trump se dit optimiste et évoque une économie iranienne exsangue, mais un haut responsable iranien affirme à Reuters que les deux parties restent loin d'un accord.
Que demande l'Iran avant de négocier sur le nucléaire ?
Selon un responsable iranien, ses conditions concernant la réouverture du détroit d'Ormuz doivent d'abord être satisfaites avant que des discussions sur le programme nucléaire puissent reprendre.

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