Iran : Trump et Netanyahou alignent leurs options militaires avant les midterms

Tsahal affirme avoir achevé ses préparatifs pour un éventuel nouvel affrontement avec l'Iran, tandis que Donald Trump arbitre encore entre reprise des frappes et poursuite des négociations. Selon le Wall Street Journal, le président américain s'est entretenu samedi avec Benjamin Netanyahou, à quelques jours des élections de mi-mandat du 3 novembre qui pourraient peser sur son calendrier.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Iran : Trump et Netanyahou alignent leurs options militaires avant les midterms
Photo : Illustration générée par IA

L'armée israélienne assure avoir atteint un niveau de préparation maximal, aussi bien défensif qu'offensif, face à une possible reprise des hostilités avec l'Iran. Mais le feu vert ne viendra pas de Jérusalem : c'est à la Maison Blanche que revient la décision finale. Plusieurs sources concordantes évoquent deux scénarios soumis à Donald Trump : relancer les discussions avec Téhéran pour arracher un accord plus contraignant, ou donner le signal d'une offensive concertée avec Israël.

Tsahal en alerte maximale sur plusieurs fronts

Les indices d'une préparation accrue se multiplient. Une dizaine d'avions-cargos militaires américains ont atterri cette semaine sur des bases aériennes israéliennes, dans le cadre d'un approvisionnement continu en matériel, pendant que des renforts supplémentaires arrivent dans la région. De son côté, l'aviation israélienne a mené des vols répétés de chasseurs et de ravitailleurs au-dessus de la Syrie et de l'Irak, jusqu'aux abords de la frontière iranienne, un déploiement qui ressemble davantage à la répétition d'un scénario de frappe qu'à un simple exercice. D'après le Wall Street Journal, l'amiral Brad Cooper, à la tête du commandement central américain, a exposé à Trump plusieurs pistes d'action militaire, en présence du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du général Dan Caine, chef d'état-major interarmées.

Un canal diplomatique encore ouvert à Doha

En parallèle des manœuvres militaires, le Qatar a soumis à l'Iran un plan de sortie de crise : un assouplissement progressif des restrictions sur le programme nucléaire iranien contre la réouverture du détroit d'Ormuz, chaque concession iranienne devant être compensée par un geste américain sur les sanctions. Une délégation de Washington a rejoint les pourparlers qataris. Trois points de friction subsistent toutefois : le statut du détroit d'Ormuz, l'avenir du programme nucléaire et les capacités balistiques iraniennes, qu'Israël exige de voir démantelées. Trump a écrit que "tout le monde sait que nous aurions dû frapper l'Iran, ils n'auront pas l'arme nucléaire, et tout cela va se terminer très bientôt", tout en assurant disposer du temps nécessaire pour négocier. La tension reste palpable en mer : l'Iran affirme que quatre pétroliers ont heurté des mines dans le détroit, tandis que des autorités maritimes britanniques évoquent plutôt des tirs de projectiles non identifiés.

Téhéran promet une riposte sans limite

Côté iranien, le discours reste intransigeant. Le guide suprême, cité par les médias israéliens sous le nom de Mojtaba Khamenei, a prévenu que toute attaque entraînerait une réplique "immédiate, significative et sans limitation géographique", précisant avoir ordonné la mise à jour de la liste des cibles militaires du pays. À la Knesset iranienne, le président de la commission de sécurité nationale, Ebrahim Azizi, a renchéri sur X : "L'ordre du guide suprême, sage et déterminé, est absolu et non négociable", ajoutant que ce serait l'Iran, et non "ceux qui ont échoué dans des guerres imposées par le passé", qui déciderait du moment où s'arrêterait un éventuel conflit.

Un scénario à la Hezbollah, comme lors de l'opération Rugissement du Lion, n'est pas écarté : le mouvement chiite libanais pourrait ouvrir un second front, alourdissant une campagne que Trump veut pourtant brève. Netanyahou, en fonction de premier ministre sortant après les élections israéliennes, aurait chargé le Mossad et Tsahal de préparer les conditions d'un effondrement du régime iranien, sachant qu'une entrée en guerre formelle resterait soumise à l'aval du gouvernement ou du cabinet de sécurité, et non à sa seule décision.

La suite se jouera après les midterms

Le calendrier américain du 3 novembre est désormais scruté de près à Jérusalem, où plusieurs responsables estiment que le résultat des élections de mi-mandat pourrait influencer le choix final de Trump. Les discussions entre émissaires iraniens et qataris se poursuivent à Doha, pendant que Tsahal maintient son dispositif en alerte dans l'attente d'un arbitrage de la Maison Blanche.

Questions fréquentes

Pourquoi la décision militaire dépend-elle de Washington et non de Jérusalem ?
Selon le Wall Street Journal, Tsahal a achevé ses préparatifs mais seul Donald Trump peut déclencher une reprise des frappes, Israël agissant en coordination avec les États-Unis.
Quel rôle joue le Qatar dans les négociations ?
Doha a proposé un plan prévoyant la levée progressive des restrictions sur le programme nucléaire iranien contre la réouverture du détroit d'Ormuz, avec des allègements de sanctions américains en contrepartie.
Quel est l'impact des élections américaines du 3 novembre ?
Des responsables israéliens estiment que le résultat des élections de mi-mandat pourrait influencer le calendrier de Donald Trump sur une éventuelle reprise des frappes contre l'Iran.

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