Israël et l'Iran au bord de l'escalade : Washington arme un porte-avions, Netanyahou vise le régime des mollahs

L'aviation israélienne a mené une vaste démonstration de force aux abords de l'Iran, pendant que le porte-avions américain USS George Washington se réarme en mer d'Arabie. Donald Trump évoque une possible reprise des frappes contre Téhéran, mais pas avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

3 min de lecture7 vuesPar la rédaction
Israël et l'Iran au bord de l'escalade : Washington arme un porte-avions, Netanyahou vise le régime des mollahs
Photo : Avi Ohayon · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Les signaux d'une reprise du conflit entre Israël, les États-Unis et l'Iran se multiplient. Dans la nuit de lundi à mardi, une formation d'environ 150 appareils du Khe'l Avir, l'Aviation israélienne, a mené une manœuvre d'envergure jusqu'aux abords de l'espace aérien iranien, selon Tribune Juive. Objectif affiché : forcer Téhéran à activer ses batteries antiaériennes pour en cartographier les positions, tout en adressant un avertissement clair au régime. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, se trouvait au même moment en Israël pour coordonner les plans d'urgence avec Jérusalem.

Un porte-avions américain se prépare à frapper en profondeur

Au large de l'Iran, le USS George Washington reçoit une livraison massive de missiles de croisière à longue portée et de bombes anti-bunker, a rapporté le Wall Street Journal après une visite à bord. Ces armements sont spécifiquement conçus pour percer les installations nucléaires souterraines et les infrastructures militaires fortifiées de la République islamique. Des responsables américains cités par le journal affirment que les forces déployées dans la région se positionnent « pour une nouvelle vague de frappes », si Donald Trump décide d'en donner l'ordre. La Maison-Blanche a toutefois fixé un cadre : aucune attaque avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Lors d'un meeting en Floride, le président américain a averti qu'il pourrait lancer « une autre petite Opération Epic Fury », en référence à la campagne de février dernier, sauf si Téhéran « se met au travail » diplomatiquement. Selon NBC News, plusieurs options ont été soumises à Trump, dont des frappes sur Pickaxe Mountain ou sur l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien.

Netanyahou vise le renversement du régime, l'Iran promet des représailles

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a ordonné à Tsahal, au Mossad et aux services de sécurité de « œuvrer au renversement du régime en Iran », qu'il juge être le seul moyen d'éliminer durablement la menace nucléaire. Il a par ailleurs démenti une information du Financial Times selon laquelle il aurait programmé une frappe d'envergure pour le 10 octobre, reportée sous la pression de Washington avant les midterms américaines : « Cette information n'est pas vraie », a-t-il déclaré à Israel National News, sans donner davantage de détails. Téhéran, de son côté, a fait savoir qu'elle considère désormais une offensive américano-israélienne comme certaine et a déployé des systèmes antiaériens mobiles dans ses régions occidentales. Le régime a averti qu'une attaque américaine déclencherait des représailles contre les bases militaires, les navires et les infrastructures économiques du Golfe.

Craintes d'attentats visant du personnel américain

Un mémorandum du directeur du Renseignement national, Jay Clayton, adressé au secrétaire d'État Marco Rubio et révélé par Axios, met en garde contre des complots iraniens visant à assassiner des responsables américains au Moyen-Orient et ailleurs, qualifiés d'« avancés ». Washington a réduit son personnel diplomatique dans plusieurs pays du Golfe et au Liban ; le Département d'État a toutefois précisé que l'ordre de départ ne concernait officiellement que l'Arabie saoudite, visée par une recrudescence d'attaques des Houthis soutenus par l'Iran. En Israël, où des élections générales approchent, médias et institutions se préparent à l'éventualité d'une ouverture des hostilités le jour même du scrutin, une perspective dénoncée par l'opposition comme une manœuvre antidémocratique si elle était décidée par Netanyahou. Le chef d'état-major Eyal Zamir est présenté comme un rempart contre toute précipitation électorale, l'intervention contre le nucléaire iranien restant urgente mais non soumise à un calendrier politique.

Questions fréquentes

Quand une frappe américaine ou israélienne contre l'Iran pourrait-elle avoir lieu ?
La Maison-Blanche a exclu toute action avant les élections de mi-mandat du 3 novembre ; au-delà, les responsables américains évoquent « les semaines à venir » sans date précise.
Pourquoi Netanyahou a-t-il démenti le rapport du Financial Times ?
Le journal affirmait qu'une frappe programmée pour le 10 octobre avait été reportée sous la pression de Donald Trump ; le Premier ministre a qualifié cette information de fausse sans donner davantage de précisions.
Quelles armes le porte-avions USS George Washington transporte-t-il ?
Selon le Wall Street Journal, il reçoit des missiles de croisière à longue portée et des bombes anti-bunker, conçues pour frapper des installations souterraines fortifiées.

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