Ségolène Royal appelle les « voix juives » à dénoncer Netanyahou, tollé à la primaire
Lors du premier débat télévisé de la primaire de l'espace social-démocrate, mercredi soir sur LCI, Ségolène Royal a estimé que la montée de l'antisémitisme en France était liée aux « actuels dirigeants d'Israël » et a appelé des « voix juives » à s'exprimer contre Benyamin Netanyahou. Ses propos ont provoqué une réaction indignée de Jérôme Guedj et de Raphaël Glucksmann, également candidats à cette primaire.

Le débat, jusque-là mesuré, a basculé lorsque l'animateur a interrogé les candidats sur la hausse de l'antisémitisme dans le pays. Ségolène Royal a répondu que ce phénomène « inquiétant » découlait selon elle des « actuels dirigeants d'Israël ». Elle a ajouté qu'il faudrait « plus de voix israéliennes et juives » pour qualifier la situation à Gaza d'« intolérable », estimant que cela éviterait les amalgames entre juifs et responsables politiques israéliens. Elle a résumé sa pensée ainsi : « ce sont les gens qui mélangent tout », visant Benyamin Netanyahou et son entourage plutôt que les juifs en général.
Une injonction jugée choquante par Jérôme Guedj
Le député socialiste, présent sur le plateau, s'est dit « très choqué » par ce qu'il a qualifié d'« injonction incroyable » adressée aux citoyens français de confession juive. Il a comparé cette demande à celle, jamais formulée selon lui, qui exigerait des musulmans de France qu'ils se désolidarisent publiquement des crimes de Daech. Pour Jérôme Guedj, une telle logique heurte le principe d'universalisme républicain, qui ne distingue pas les Français selon leur religion. Ségolène Royal lui a rétorqué qu'il fallait « accepter les nuances » et lui a reproché de caricaturer ses propos.
Glucksmann et la gauche juive s'en mêlent
Raphaël Glucksmann a lui aussi désavoué la position de son ancienne collègue socialiste, affirmant que la dénonciation de Benyamin Netanyahou revenait « aux démocrates, aux humanistes », pas spécifiquement aux juifs. Il a plaidé pour la prudence dans le choix des mots, dans un climat qu'il juge « inflammable », tout en se disant favorable à des sanctions contre le premier ministre israélien. Sur un autre plan, il avait plus tôt été qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal en raison de son manque d'expérience à la tête d'une entreprise ou d'une administration, selon le récit publié par Tribune Juive. Le lendemain du débat, l'ancienne ministre a refusé de répondre aux questions d'Apolline de Malherbe sur BFM TV concernant sa prestation. Dans la presse juive, la chronique de Guy Konopnicki, publiée par JForum, a tourné en dérision l'idée même d'assigner des prises de parole collectives à une communauté religieuse, en demandant ironiquement pourquoi on ne réclamerait pas aussi des « voix orthodoxes » sur l'Ukraine ou des « voix musulmanes » sur l'Iran.
Le mot « génocide » divise également les candidats
La soirée a aussi vu s'affronter les candidats sur la qualification juridique de la situation à Gaza. Ségolène Royal a défendu l'emploi du terme « génocide », estimant que les mots comptent et doivent être posés sans détour. Raphaël Glucksmann a refusé de reprendre ce terme, préférant s'en tenir aux qualifications retenues par la Cour pénale internationale, qui parle de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Les cinq candidats à cette primaire, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, seront départagés par les militants les 9 et 10 octobre pour le premier tour, puis les 16 et 17 octobre en cas de second tour.
Questions fréquentes
- Qui participe à cette primaire de l'espace social-démocrate ?
- Cinq candidats s'affrontent : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.
- Quelle est la position de Raphaël Glucksmann sur Benyamin Netanyahou ?
- Il estime que sa dénonciation revient aux démocrates et aux humanistes en général, pas spécifiquement aux juifs, tout en se disant favorable à des sanctions contre lui.
- Quand aura lieu le vote des militants ?
- Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre, le second tour, si nécessaire, les 16 et 17 octobre.
Sources : IsraelValley, JForum, Tribune Juive



