Fraude à l'IA de 129 millions de dollars : deux Israéliens inculpés à New York
Le parquet fédéral de Manhattan a inculpé trois hommes, dont deux ressortissants israéliens, pour avoir dérobé plus de 129 millions de dollars à des entreprises du monde entier. Le trio aurait utilisé l'intelligence artificielle pour imiter la voix et le visage de dirigeants et d'avocats afin de convaincre des employés d'effectuer des virements frauduleux.

Le parquet du district sud de New York a dévoilé cette semaine un dossier dans lequel l'intelligence artificielle sert d'arme de fraude financière. Trois hommes sont visés : Sharon Hazan, 54 ans, et Guy Sheetrit, 42 ans, tous deux israéliens, ainsi que Jacob Soall, 41 ans, de nationalité espagnole et britannique. Selon l'acte d'accusation, leur opération a duré de 2024 à 2026 et a permis de détourner plus de 129 millions de dollars à des entreprises à travers le monde.
Comment fonctionnait la fraude à l'IA
D'après les procureurs américains, les escrocs repéraient des employés d'entreprises ciblées puis reproduisaient, grâce à l'intelligence artificielle, la voix et parfois l'image de leur propre PDG lors d'appels ou de visioconférences. Se faisant passer pour le dirigeant, ils demandaient à l'employé de traiter une opération financière présentée comme confidentielle. Pour renforcer la crédibilité de la manœuvre, de faux avocats, censés appartenir à de grands cabinets internationaux, intervenaient ensuite pour valider les instructions et pousser la victime à virer les fonds. L'argent était par la suite converti en cryptomonnaie et dispersé vers des comptes situés notamment en Espagne, au Portugal, aux Émirats arabes unis, à Singapour, en Autriche, en Slovaquie et en Chine, afin de brouiller les pistes.
Parmi les victimes recensées figurent un système hospitalier du Missouri, délesté de près de 4,83 millions de dollars, une entreprise technologique financière britannique privée d'environ 11,58 millions de dollars, ainsi qu'un système hospitalier californien et une entreprise d'alimentation animale de Floride. Une société de fonds mutuels du Massachusetts et une banque du Rhode Island comptent également parmi les entreprises touchées.
Le rôle attribué à chacun des suspects
Selon l'accusation, Jacob Soall, surnommé « Rocky Balboa », se chargeait principalement d'incarner les faux avocats, s'appuyant sur un script pour paraître crédible et dissuader les employés d'évoquer l'opération avec leurs collègues. Il a été arrêté en Espagne en juillet. Sharon Hazan, lui, était responsable d'une grande partie du blanchiment. Il se serait vanté d'avoir fait transiter plus de 400 millions de dollars ces dernières années et de se considérer comme le « numéro un mondial » du blanchiment. Il avait déjà été condamné à New York en 2008 pour conspiration en vue de commettre une fraude bancaire, et a été arrêté en Espagne en septembre. Guy Sheetrit, également impliqué dans le blanchiment, résidait entre Israël et les Émirats arabes unis ; il a été interpellé au Royaume-Uni le même mois.
Le procureur fédéral Jamie McDonald, cité par les sources américaines, a souligné que cette technologie, qu'il qualifie de « super intelligence », offre un potentiel considérable mais que certains cherchent à la détourner à des fins criminelles. Il a appelé les entreprises à revoir leurs procédures de vérification face à cette nouvelle menace.
Vers des procédures d'extradition
Chacun des trois hommes fait face à sept chefs d'accusation fédéraux distincts, parmi lesquels la conspiration en vue de commettre une fraude électronique, la fraude électronique, l'usurpation d'identité aggravée et le blanchiment d'argent. Les peines encourues peuvent atteindre vingt ans de prison par chef d'accusation pour les principales infractions. Les demandes d'extradition vers les États-Unis sont en cours d'examen pour les trois suspects, actuellement détenus en Europe.
Questions fréquentes
- Combien d'argent a été dérobé dans cette fraude ?
- Plus de 129 millions de dollars ont été détournés auprès d'entreprises du monde entier, selon le parquet fédéral de Manhattan.
- Qui sont les suspects israéliens ?
- Sharon Hazan, 54 ans, et Guy Sheetrit, 42 ans, tous deux de nationalité israélienne, sont inculpés aux côtés de Jacob Soall, de nationalités espagnole et britannique.
- Quelles peines encourent-ils ?
- Chacun fait face à sept chefs d'accusation fédéraux, avec des peines pouvant atteindre vingt ans de prison par chef pour les infractions principales.




