Élections législatives en Israël : une campagne marquée par les fractures identitaires et sécuritaires
Les Israéliens votent ce 27 octobre 2026 pour élire la nouvelle Knesset, au terme d'une campagne traversée par les clivages habituels du pays. Une polémique sur les origines séfarades et ashkénazes, des blocs politiques fragmentés et un bilan économique contrasté ont dominé les dernières semaines de la course électorale.

Le scrutin législatif se tient ce 27 octobre 2026, opposant le bloc mené par le Likoud de Benjamin Netanyahou à une opposition hétérogène, de Yashar, le parti de l'ex-chef d'état-major Gadi Eisenkot, à B'Yachad de Naftali Bennett et aux Démocrates de Yaïr Golan. Au-delà des programmes, la campagne a surtout révélé la profondeur des fractures identitaires et sécuritaires qui structurent la société israélienne depuis des décennies.
Une fracture identitaire ravivée à dix jours du vote
Le 17 octobre, l'animateur de la chaîne 14 Yinon Magal, proche du Premier ministre, a qualifié Gadi Eisenkot de kof, « singe » en hébreu, tout en l'accusant d'être instrumentalisé par des élites ashkénazes. Magal a ensuite expliqué avoir employé le terme dans son sens figuré, celui d'un homme de paille, sans viser les origines marocaines du chef de Yashar. L'explication n'a pas éteint la polémique, plusieurs responsables politiques y voyant une attaque visant directement l'identité séfarade d'Eisenkot.
Cet épisode n'est pas isolé dans l'histoire électorale israélienne. En 1981, le comédien Dudu Topaz avait qualifié les électeurs du Likoud de tchakh-tchakhim, provoquant la riposte de Menahem Begin et sa formule restée célèbre, « Juifs, frères, combattants ». En 2015, le discours de Yaïr Garbouz sur la place Rabin, jugé méprisant envers les traditions religieuses populaires, avait eu le même effet. Près d'un demi-siècle après la victoire du Likoud en 1977, le sentiment de mépris culturel envers une partie de l'électorat séfarade et mizrahi reste un ressort politique puissant, réactivé à chaque campagne.
Un paysage politique fragmenté entre blocs rivaux
Le Likoud de Netanyahou dirige le bloc sortant, aux côtés d'Otzma Yehudit d'Itamar Ben-Gvir, du parti religieux-nationaliste de Bezalel Smotrich et des partis ultra-orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah, défenseurs des exemptions de service pour les étudiants de yeshiva. En face, l'opposition réunit Yashar de Gadi Eisenkot, centré sur la sécurité et la réforme de l'État, B'Yachad de Naftali Bennett, qui prône l'enrôlement des hommes haredim dans Tsahal, les Démocrates de Yaïr Golan et Israël Beytenou d'Avigdor Lieberman. La Liste arabe unie et Raam de Mansour Abbas complètent un échiquier où plusieurs petites formations, dont le Parti du peuple d'Israël de l'ex-général Ofer Winter et le Parti des réservistes, se jouent leur entrée à la Knesset autour du seuil de représentativité de 3,25 %.
Dans ce contexte, des commentateurs proches de la droite ont diffusé sur les réseaux sociaux un récapitulatif critique de déclarations attribuées à Gadi Eisenkot lorsqu'il était chef d'état-major, l'accusant d'avoir sous-estimé la menace du Hamas avant le 7 octobre et défendu une ligne de retenue face à Gaza et au Hezbollah. Ces publications, relayées notamment par le site Kountrass, s'inscrivent dans la bataille pour disqualifier le principal rival d'opposition au Premier ministre sortant.
Un bilan économique contrasté en toile de fond
Le scrutin intervient dans un contexte économique marqué par une forte croissance technologique, avec un produit intérieur brut passé d'environ 550 milliards de dollars en 2016 à près de 747 milliards en 2025-2026, mais aussi par une hausse de la dette publique, désormais proche de 69 % du PIB, et par l'alourdissement des dépenses militaires depuis 2023. Le salaire moyen a progressé jusqu'à environ 15 300 shekels, mais la crise du logement continue de peser sur le pouvoir d'achat des ménages, un enjeu que plusieurs partis ont tenté de mettre en avant face aux questions identitaires et sécuritaires.
Les résultats du scrutin, attendus dans les prochains jours, détermineront si le bloc mené par Benjamin Netanyahou conserve sa majorité ou si l'opposition, toujours divisée entre plusieurs chefs de file, parvient à constituer une coalition alternative.
Questions fréquentes
- Quand se tiennent les élections législatives israéliennes évoquées ici ?
- Le scrutin a lieu le 27 octobre 2026, pour élire les membres de la nouvelle Knesset.
- Qui sont les principaux chefs de bloc en lice ?
- Benjamin Netanyahou dirige le bloc sortant avec le Likoud, tandis que l'opposition est emmenée notamment par Gadi Eisenkot (Yashar), Naftali Bennett (B'Yachad) et Yaïr Golan (Démocrates).
- Pourquoi la question séfarades-ashkénazes revient-elle à chaque campagne ?
- Elle touche à un sentiment persistant de mépris culturel envers une partie de l'électorat mizrahi, réactivé par des polémiques comme celles de 1981, 2015 et 2026.
Dossier Élections israéliennes 2026



