Israël : après un scrutin sans majorité, Herzog arbitre entre Netanyahou et Eisenkot

Après le scrutin législatif du 27 octobre, ni le bloc de Benyamin Netanyahou ni celui de Gadi Eisenkot n'ont obtenu de majorité à la Knesset. Le président Isaac Herzog a ouvert le 4 novembre ses consultations avec les partis pour désigner le candidat chargé de former le prochain gouvernement.

3 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Israël : après un scrutin sans majorité, Herzog arbitre entre Netanyahou et Eisenkot
Photo : Illustration générée par IA

Le scrutin du 27 octobre n'a dégagé aucune majorité claire à la Knesset. Le bloc de Benyamin Netanyahou a remporté 53 sièges, contre 48 pour le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot, chef du parti centriste Yashar. Aucun des deux camps n'atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner seul. Le président Isaac Herzog, dont le rôle devient décisif, a ouvert mercredi 4 novembre une série de consultations avec les différentes factions de la Knesset.

Un calendrier serré pour sortir de l'impasse

Selon la loi israélienne, le président doit consulter l'ensemble des partis avant de désigner le candidat chargé de former le gouvernement. Isaac Herzog a prévu de boucler ces échanges jeudi soir, avec la possibilité de les prolonger. Il dispose jusqu'au 11 novembre pour trancher. Le candidat désigné aura ensuite quatre à six semaines pour réunir une majorité parlementaire ; en cas d'échec, Israël pourrait se retrouver face à de nouvelles élections, un scénario que le chef de l'État souhaite éviter à tout prix.

Benyamin Netanyahou peut compter sur quatre des cinq partis de sa coalition sortante, mais devrait convaincre au moins quinze députés d'opposition pour atteindre la majorité, une perspective jugée quasiment impossible. Gadi Eisenkot, lui, dispose du soutien de trois autres partis sionistes, Naftali Bennett (B'Yachad), Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) et Yair Golan (Les Démocrates), qui ont annoncé vouloir le recommander à Herzog pour recevoir le premier mandat.

Le soutien arabe, clé de la majorité d'Eisenkot

Les partis arabes, forts de 19 sièges, ont fait savoir qu'ils recommanderaient Gadi Eisenkot. Ajoutés aux 48 sièges du bloc du changement, ces voix porteraient le total à 67 députés, au-delà de la majorité requise. Mardi, Eisenkot a affirmé vouloir constituer rapidement un « gouvernement d'urgence nationale », élire un nouveau président de la Knesset et abroger des lois qu'il juge menaçantes pour la démocratie. Il a qualifié Netanyahou de « Premier ministre intérimaire » ne disposant, selon lui, que du soutien de 46 députés.

Le climat reste tendu. La procureure générale Gali Baharav-Miara a mis en doute l'impartialité d'une enquête des services de renseignement sur des soupçons de fraude électorale visant les partis arabes, ce qui a conduit Eisenkot à accuser le Likoud de mener un « pogrom contre la démocratie ». La Commission électorale a tranché mercredi : elle n'a trouvé « aucune irrégularité » ni preuve que l'intégrité du scrutin ait été compromise, une conclusion contestée par le camp du Premier ministre sortant. Par ailleurs, la participation des électeurs arabes aurait atteint environ 77 %, contre 53 % lors du précédent scrutin, selon la JTA, un bond qui expliquerait en partie le quasi-doublement des sièges obtenus par les partis arabes.

Un changement de majorité aux répercussions diplomatiques

Au-delà du casse-tête parlementaire, la composition du futur gouvernement pourrait peser sur la politique étrangère d'Israël. Selon une analyse publiée dans le Jerusalem Post, une coalition moins dépendante de l'extrême droite, en particulier des ministres Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, disposerait d'une marge de manœuvre plus large pour restaurer la confiance internationale, renforcer la coordination sécuritaire avec l'Autorité palestinienne et consolider les arrangements de sécurité conclus au Liban. La ligne dure envers l'Iran et la prudence sur le dossier syrien devraient en revanche perdurer quel que soit le vainqueur, de même que le développement des implantations en territoires de Judée et Samarie là où une coalition y verra un fondement sécuritaire.

La décision d'Isaac Herzog est attendue d'ici au 11 novembre. Le candidat désigné disposera alors de quatre à six semaines pour former sa coalition, faute de quoi le pays devrait retourner aux urnes.

Questions fréquentes

Pourquoi aucun camp n'a-t-il de majorité après les élections du 27 octobre ?
Le bloc de Netanyahou a obtenu 53 sièges et celui d'Eisenkot 48, loin des 61 nécessaires ; seul le soutien des partis arabes, forts de 19 sièges, peut combler l'écart.
Quand Isaac Herzog doit-il désigner le candidat chargé de former le gouvernement ?
Il dispose jusqu'au 11 novembre pour trancher, à l'issue de consultations avec tous les partis de la Knesset.
Que se passe-t-il si aucun gouvernement n'est formé dans les délais ?
Le candidat désigné dispose de quatre à six semaines pour réunir une majorité ; un échec ouvrirait la voie à de nouvelles élections législatives.

Dossier Élections israéliennes 2026

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