Israël : Herzog ouvre les consultations pour désigner le formateur du gouvernement

Le président Isaac Herzog reçoit mercredi au palais présidentiel de Jérusalem les représentants de tous les partis élus à la Knesset le 27 octobre. Ces entretiens doivent déboucher sur la désignation du député chargé de former le prochain gouvernement, dans une Knesset où aucun bloc n'a obtenu de majorité.

2 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Israël : Herzog ouvre les consultations pour désigner le formateur du gouvernement
Photo : Illustration générée par IA

Le scrutin du 27 octobre n'a donné de majorité à aucun des deux grands blocs. Le Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahou arrive en tête avec 27 sièges, devant le Yashar de Gadi Eisenkot (21) et B'Yachad (12). La Liste arabe unie obtient 11 sièges, Les Démocrates et le Raam 8 chacun, Israel Beiteinu, Yahadout HaTorah et Otzma Yehudit 7 chacun, le Shass et le Parti sioniste religieux 6 chacun. Au total, le bloc Netanyahou rassemble 53 sièges, le bloc d'opposition mené par Eisenkot 48, et les deux partis arabes 19, loin des 61 sièges nécessaires pour gouverner seuls.

Herzog bouscule l'ordre traditionnel des consultations

Fait inhabituel, la présidence a choisi d'inverser l'ordre des rencontres habituel. Les consultations débutent mercredi à 17 heures avec Hatzionout Hadatit-Zehout, la plus petite formation, et se poursuivront avec le Shass puis Israel Beiteinu. Jeudi matin, Herzog recevra Yahadout HaTorah, Otzma Yehudit, Les Démocrates puis le Raam, avant la Liste arabe unie, B'Yachad, le Yashar et enfin le Likoud, dernier parti reçu jeudi soir. Selon la présidence, ce choix doit permettre de « sortir des sentiers battus » et d'explorer des combinaisons de coalition avant de rencontrer les deux plus grandes formations. Herzog n'a pas exclu un second tour de consultations si nécessaire. Les rencontres seront retransmises en direct sur les réseaux officiels du président.

À chaque entretien, les représentants des partis indiquent au chef de l'État le nom du député qu'ils recommandent pour former le gouvernement. Le président n'est pas tenu de désigner le candidat ayant recueilli le plus de recommandations : la loi lui impose seulement de choisir celui qu'il juge le mieux placé pour réussir à bâtir une coalition.

L'opposition se rallie autour d'Eisenkot

Les Démocrates ont annoncé lundi qu'ils recommanderaient Gadi Eisenkot, rejoignant Naftali Bennett (B'Yachad) et Avigdor Liberman (Israel Beiteinu), qui avaient déjà fait ce choix. Jusqu'ici, Eisenkot réclamait que la candidature revienne au chef du plus grand parti du bloc d'opposition. Le chef des Démocrates, Yair Golan, a par ailleurs appelé le bloc d'opposition à envisager une coalition avec les partis arabes, une option que les autres dirigeants de ce bloc avaient jusqu'à présent écartée, invoquant le massacre du 7 octobre 2023. Sans les voix de la Liste arabe unie ou du Raam, l'opposition ne peut pas atteindre 61 sièges. Gadi Eisenkot avait lui-même indiqué, avant le scrutin, qu'il tenterait de former un gouvernement minoritaire adossé au soutien tacite des partis arabes s'il n'obtenait pas de majorité stable, un scénario qui n'a jamais abouti en Israël immédiatement après une élection.

Un calendrier légal strict

Le député auquel Herzog confiera le mandat disposera de 28 jours pour former un gouvernement, avec une prolongation possible de 14 jours. En cas d'échec, le président peut désigner un second candidat, soumis au même délai. Si cette tentative échoue également, une majorité d'au moins 61 députés peut demander, dans un délai de 21 jours, la désignation d'un candidat alternatif, qui disposera alors de 14 jours supplémentaires. L'échec de l'ensemble du processus entraînerait de nouvelles élections environ 90 jours plus tard. Herzog a répété vouloir « tout faire » pour éviter ce scénario. La session d'ouverture de la 26e Knesset, au cours de laquelle les nouveaux députés prêteront serment, est prévue le 10 novembre.

Questions fréquentes

Combien de temps le formateur désigné a-t-il pour constituer un gouvernement ?
28 jours, avec une prolongation possible de 14 jours accordée par le président Herzog.
Que se passe-t-il si aucun gouvernement n'est formé ?
Un second candidat peut recevoir 28 jours supplémentaires ; en cas de nouvel échec, 61 députés peuvent demander un candidat alternatif, qui aura 14 jours. Si cela échoue aussi, de nouvelles élections sont déclenchées environ 90 jours plus tard.
Pourquoi Herzog consulte-t-il d'abord les petits partis ?
Selon la présidence, cet ordre inédit doit encourager une réflexion plus large sur les coalitions possibles avant les rencontres avec le Likoud et le Yashar, reçus en dernier.

Dossier Élections israéliennes 2026

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