Herzog appelé à rapprocher Netanyahou et Eisenkot après des élections sans vainqueur

Après des élections législatives qui n'ont dégagé aucune majorité claire, le président Isaac Herzog est sommé d'arbitrer entre deux options : adouber un gouvernement étroit mené par Gadi Eisenkot avec l'appui de partis arabes ou haredim, ou pousser à une coalition large incluant Benjamin Netanyahou. L'éditorialiste David Weinberg, du Jerusalem Post, estime que ce choix déterminera l'héritage de la présidence Herzog.

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Herzog appelé à rapprocher Netanyahou et Eisenkot après des élections sans vainqueur
Photo : יהב טרודלר (Yahav Trudler - Yahav Studio‬‏) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Le scrutin de cette semaine a plongé Israël dans une nouvelle impasse politique, sans majorité nette pour aucun camp. Dans une tribune publiée par le Jerusalem Post, l'éditorialiste David Weinberg, du Misgav Institute for National Security and Zionist Strategy, appelle le président Isaac Herzog à sortir de son rôle traditionnel pour imposer un gouvernement d'union entre le Likoud de Benjamin Netanyahou et le parti Yashar de Gadi Eisenkot, éventuellement élargi à Naftali Bennett.

Une pression venue de la gauche historique de Herzog

Selon Weinberg, Herzog, ancien dirigeant du Parti travailliste, subit la pression de son camp politique d'origine pour confier le mandat de formation du gouvernement à Gadi Eisenkot seul, quitte à ce que celui-ci s'appuie sur des partis arabes, dont ceux dirigés par Mansour Abbas et Yousef Jabareen, ou sur des formations haredies comme celles de Yakov Asher et Yitzhak Goldknopf. L'éditorialiste affirme que la priorité de ce camp est d'écarter Netanyahou "à tout prix", quitte selon lui à entraver l'action de Tsahal contre les ennemis d'Israël, à abandonner la reprise en main du Néguev face aux réseaux criminels bédouins et à enterrer tout projet d'enrôlement des haredim dans l'armée.

Weinberg demande à Herzog de ne pas se contenter de dire qu'il fera "tout son possible" pour éviter de nouvelles élections. Il l'exhorte à ne confier le mandat qu'à un dirigeant de parti explicitement engagé dans la recherche d'une coalition large, et à rejeter toute proposition de gouvernement reposant sur des partis d'appoint arabes ou haredim. L'auteur va jusqu'à suggérer que le président s'implique directement dans les dossiers qui bloquent un accord Netanyahou-Eisenkot : l'avenir politique du Premier ministre, une éventuelle rotation au poste, un calendrier de retrait de la vie politique et une grâce judiciaire, mais aussi la création d'une commission d'enquête nationale sur le 7 octobre, la réforme judiciaire, la politique dans les territoires de Judée et Samarie et l'enrôlement des haredim.

Le précédent de 2023 pèse sur Herzog

Pour étayer son appel, Weinberg rappelle que Herzog avait déjà eu, selon lui, une occasion de peser lourdement sur la vie politique israélienne : au printemps 2023, lors du débat sur la réforme judiciaire, un plan de compromis avait été soumis à la présidence par des partisans et des opposants à la réforme. L'éditorialiste estime que Herzog aurait dû s'en saisir et le porter publiquement, ce qu'il n'a pas fait, reculant selon lui devant l'opposition de l'ancien président de la Cour suprême Aharon Barak et devant la mobilisation de la gauche dans la rue. Weinberg juge que ce renoncement a prolongé des mois de division interne et a contribué, à ses yeux, à l'impréparation militaire qui a précédé le 7 octobre.

L'auteur reconnaît que le rôle constitutionnel du président israélien reste limité et consultatif, sans pouvoir réel d'imposer une coalition. Mais il juge que la situation actuelle justifie, selon lui, une intervention sortant de ce cadre habituel.

Ce que Weinberg attend désormais de la présidence

Herzog dispose encore d'environ vingt mois sur son mandat de sept ans. Pour Weinberg, c'est l'occasion pour le président de "réparer" son choix de 2023 en pesant de tout son poids pour un gouvernement large associant Netanyahou, plutôt que de laisser se former une coalition étroite excluant le Likoud. L'issue dépendra des consultations que Herzog mènera avec les chefs de parti dans les prochains jours, et du mandat qu'il choisira finalement d'attribuer.

Questions fréquentes

Qui est Gadi Eisenkot ?
Ancien chef d'état-major de Tsahal, il dirige le parti Yashar, présenté comme un rival politique de Benjamin Netanyahou.
Quel rôle le président israélien joue-t-il après des élections sans majorité ?
Il consulte les chefs de parti puis confie un mandat de formation du gouvernement à celui jugé le mieux placé pour réunir une coalition, un rôle traditionnellement consultatif.
De quoi parle le précédent de 2023 évoqué dans l'article ?
Il s'agit du rejet par Herzog d'un plan de compromis sur la réforme judiciaire, que l'éditorialiste juge responsable d'avoir prolongé la crise interne israélienne.

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