Élections en Israël : les partis arabes, renforcés, pourraient peser sur la coalition
Les élections législatives du 28 octobre ont donné aux partis arabes un score inédit, selon les sondages de sortie des urnes. Le bloc opposé à Benjamin Netanyahou, mené par Gadi Eisenkot, pourrait avoir besoin de leur soutien pour atteindre la majorité, une perspective qui suscite déjà des résistances.

Les sondages de sortie des urnes publiés mardi soir dessinent un paysage politique bloqué. Le Likud de Benjamin Netanyahou reste le premier parti de la Knesset avec près de 27 sièges, mais son bloc plafonne autour de 50 mandats. Face à lui, le parti Yashar de Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major de Tsahal, s'impose comme le fer de lance du camp cherchant à mettre fin au mandat du Premier ministre. Aucun des deux camps ne franchit, à ce stade, le seuil des 61 sièges nécessaires pour gouverner seul.
Les partis arabes au centre du jeu
C'est dans ce contexte que le score des partis arabes prend tout son poids. Selon les projections, ils obtiendraient entre 17 et 18 sièges, un niveau inédit porté par une participation électorale record parmi les citoyens arabes d'Israël. Ra'am, le parti dirigé par Mansour Abbas, figure parmi les listes concernées. Durant la campagne, le Likud avait averti d'une forte mobilisation du vote arabe, la présentant comme un risque plutôt que comme l'exercice normal d'un droit démocratique garanti à tous les citoyens d'Israël.
Le bloc du changement dit vouloir saisir sa chance
Des sources proches du bloc anti-Netanyahou ont indiqué au site Walla que ses dirigeants n'entendaient pas laisser filer l'occasion de former une coalition. « Il faut former un gouvernement, point final », a résumé l'une d'elles, évoquant un effort inédit de mobilisation des électeurs, y compris depuis l'étranger. Ces mêmes sources reconnaissent que des compromis douloureux seront nécessaires, y compris s'allier avec des partenaires que certains chefs de parti s'étaient engagés, pendant la campagne, à ne jamais rejoindre. Un éventuel appui, même indirect, de Ra'am à un gouvernement dirigé par Gadi Eisenkot ferait partie des options envisagées.
Les résistances et la suite des négociations
Benjamin Netanyahou ne devrait pas se retirer sans combattre. Il mise sur l'incapacité d'Eisenkot, Naftali Bennett et Avigdor Liberman à s'entendre, notamment sur la question d'une alliance avec les partis arabes, pour tenter de récupérer des transfuges. Tout parti qui accepterait de le rejoindre poserait toutefois des conditions difficiles à satisfaire : exclusion d'un accord de rotation le plaçant en premier au poste de Premier ministre, création d'une commission d'enquête d'État sur les défaillances du 7 octobre, et résolution de la crise persistante autour de l'enrôlement des ultra-orthodoxes dans Tsahal. Certains commentateurs proches des cercles gouvernementaux, comme ceux du podcast « Israel Undiplomatic » animé par Ruthie Blum et l'ancien ambassadeur Mark Regev, soulignent que la question du rôle des partis arabes dans une future coalition continuera d'alimenter le débat politique israélien dans les prochains jours. Les résultats officiels, attendus sous peu, détermineront si un gouvernement peut effectivement se former sans recourir à de nouvelles élections.
Questions fréquentes
- Combien de sièges les partis arabes ont-ils obtenus selon les sondages de sortie des urnes ?
- Entre 17 et 18 sièges, un niveau jamais atteint auparavant, porté par une forte participation électorale.
- Qui dirige le bloc cherchant à remplacer le gouvernement de Benjamin Netanyahou ?
- Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major de Tsahal et chef du parti Yashar, apparaît comme le favori de ce camp selon les projections.
- Pourquoi une alliance avec les partis arabes est-elle controversée ?
- Parce que certains dirigeants du bloc du changement avaient promis pendant la campagne de ne jamais s'allier avec eux, et que le Likud avait fait de la mobilisation du vote arabe un argument de campagne.
Dossier Élections israéliennes 2026



