Knesset : les sondages de sortie des urnes dessinent une fragmentation inédite

Les sondages de sortie des urnes publiés mardi soir en Israël ne donnent de majorité nette à aucun des deux blocs. Trois chaînes projettent le camp de Benjamin Netanyahou sous le seuil des 61 sièges, tandis qu'une quatrième l'en crédite de justesse. Les tractations pour former une coalition s'annoncent longues, avec les partis arabes en position potentielle de faiseurs de rois.

3 min de lecture5 vuesPar la rédaction
Knesset : les sondages de sortie des urnes dessinent une fragmentation inédite
Photo : Illustration générée par IA

Les premières projections de sortie des urnes, diffusées mardi soir sur les grandes chaînes israéliennes, n'ont tranché ni en faveur du bloc de Benjamin Netanyahou ni en faveur de l'opposition. Trois diffuseurs ont situé la coalition sortante en dessous de la majorité de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset, tandis que Channel 14 l'a placée au-dessus de ce seuil dans une projection actualisée. Ces chiffres restent des estimations, pas le résultat officiel du dépouillement.

Plus de 70 000 Israéliens rentrés de l'étranger pour voter ont contribué à une participation suivie de près, selon des informations rapportées la nuit du scrutin. Le flou persistant sur l'issue a plongé le pays dans l'attente, une incertitude que même les programmes satiriques diffusés après la fermeture des bureaux de vote n'ont eu d'autre choix que de refléter, faute de dénouement net à commenter.

Les partis arabes en position de force

Dans ce contexte de blocage, le rôle des partis arabes prend un relief particulier. Mansour Abbas, chef de Ra'am, a d'emblée posé la question de la viabilité d'un gouvernement avant même d'évoquer les conditions d'une éventuelle collaboration avec Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d'état-major. Ra'am avait déjà participé à la coalition Bennett-Lapid formée en 2021, un précédent qui pourrait se répéter si l'arithmétique parlementaire l'exige. Le parti a par ailleurs recruté Yoav Segalovitz, ancien député Yesh Atid et ex-responsable de l'unité israélienne de lutte contre le crime organisé, un choix qui interroge sur les équilibres internes de cette formation d'origine islamo-conservatrice.

La Liste unie, qui rassemble Hadash, Ta'al et Balad, a pour sa part proposé de soutenir depuis l'extérieur un gouvernement qui remplacerait Benjamin Netanyahou, sans y participer directement. Son chef, Yousef Jabareen, a posé des conditions précises : un plan financé et contrôlé contre la criminalité, ainsi que des lignes rouges sur les questions de guerre et sur les budgets alloués aux implantations.

Des conditions incompatibles entre blocs

Du côté des partis juifs de l'opposition, les divergences restent profondes. Gadi Eisenkot a fixé des critères stricts pour toute alliance : reconnaissance d'Israël comme État juif et démocratique, adhésion aux valeurs de la Déclaration d'indépendance, obligation de service et reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste à démanteler. Il a estimé qu'aucun parti arabe ne répondait actuellement à ces exigences et a depuis exclu, dans un podcast diffusé en octobre, toute alliance avec une formation arabe.

Naftali Bennett, chef du parti B'Yachad, s'oppose lui aussi à reconduire une participation de Ra'am au gouvernement, invoquant le caractère non sioniste de la formation plutôt que l'identité de ses membres. À l'inverse, Yair Golan, à la tête des Démocrates, soutient l'intégration de Ra'am dans une future coalition. Ces positions contradictoires illustrent l'ampleur des tractations qui s'annoncent avant qu'un gouvernement puisse se dégager de ce paysage fragmenté.

La suite des négociations

Les résultats définitifs du dépouillement doivent confirmer ou infirmer les projections de sortie des urnes dans les prochains jours. C'est sur cette base que le président de l'État engagera les consultations avec les chefs de parti pour désigner celui chargé de former le gouvernement. Les discussions entre Ra'am, la Liste unie, le bloc Netanyahou et l'opposition menée par Eisenkot, Bennett et Avigdor Liberman devraient déterminer si Israël se dirige vers une nouvelle coalition de droite, un gouvernement alternatif ou de nouvelles élections.

Questions fréquentes

Combien de sièges faut-il pour une majorité à la Knesset ?
Il faut 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset pour obtenir une majorité et former un gouvernement.
Pourquoi les partis arabes sont-ils en position clé ?
Ra'am et la Liste unie pourraient fournir ou retirer les voix nécessaires à une majorité, que ce soit en participant à la coalition ou en la soutenant depuis l'extérieur.
Quand les résultats officiels seront-ils connus ?
Les projections diffusées sur les sondages de sortie des urnes doivent encore être confirmées par le dépouillement définitif des bulletins.

Dossier Élections israéliennes 2026

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