Knesset : Ra'am et la Liste unie appellent les Arabes israéliens à voter massivement

À dix jours du scrutin du 27 octobre, Ra'am et la Liste unie multiplient les appels à voter dans les villes arabes d'Israël. Leur calcul : une forte participation pourrait peser sur la formation d'une coalition hostile à Benjamin Netanyahou, menée par Gadi Eisenkot.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Knesset : Ra'am et la Liste unie appellent les Arabes israéliens à voter massivement
Photo : Illustration générée par IA

Dans la ville de Nazareth, la plus grande cité arabe d'Israël, les partis Ra'am et Liste unie multiplient les appels au vote avant le scrutin du 27 octobre, qui désignera la prochaine Knesset. Leur objectif commun : faire grimper la participation des électeurs arabes israéliens pour peser sur une éventuelle coalition opposée à Benjamin Netanyahou.

Une mobilisation tournée vers le bloc anti-Netanyahou

Le chef de Ra'am, Mansour Abbas, a confié à Reuters, dans son bureau de Nazareth, qu'« [nous] pouvons garantir la formation d'un nouveau gouvernement du changement ». Il a affirmé vouloir « mettre fin aux guerres et à ces politiques, stopper l'expansion des colonies et répondre à l'échec à empêcher les attaques de colons », avant d'ajouter espérer un exécutif porteur de « sécurité partagée et de paix pour les Palestiniens et les Israéliens ».

De son côté, Ahmad Tibi, figure de la Liste unie, a indiqué que sa formation pouvait servir de « bloc préventif » en soutenant un futur gouvernement depuis l'extérieur de la coalition. Il a fixé comme priorité l'ouverture d'une commission d'enquête officielle sur le 7 octobre, une demande également portée par Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et figure de proue du bloc d'opposition. « Notre priorité est de nous débarrasser du gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, Smotrich et Ben-Gvir », a-t-il déclaré.

Les instituts de sondage anticipent une participation arabe en nette hausse. L'institut Stat-Net, basé dans une localité druze près de Haïfa, projette un taux de 63%, contre 56% lors du scrutin de 2022. Ra'am et la Liste unie ont par ailleurs signé un accord de transfert des voix excédentaires afin d'optimiser leur nombre de sièges.

Eisenkot maintient ses conditions

Mansour Abbas mise sur l'arithmétique parlementaire. Les sondages donnent au bloc hétéroclite de Gadi Eisenkot — composé de formations centristes, de droite et de gauche — la majorité relative des voix, mais pas la majorité absolue des 61 sièges. Un soutien arabe, de l'intérieur ou de l'extérieur de la coalition, pourrait donc s'avérer décisif pour former un gouvernement minoritaire.

Eisenkot, pour l'heure, refuse cette perspective. « Je ne vois pas de parti arabe qui accepte mes principes », a-t-il déclaré au Jerusalem Post, citant notamment le refus de ces partis de qualifier le Hamas d'organisation terroriste. Il conditionne tout partenariat à l'adhésion au caractère juif et démocratique de l'État, à la Déclaration d'indépendance de 1948, aux obligations de service et à la destruction du Hamas. Naftali Bennett, chef de B'Yahad, a lui aussi exclu tout gouvernement dépendant des partis arabes, tandis qu'Avigdor Liberman, président de Yisrael Beiteinu, rejette même l'idée d'un exécutif minoritaire temporaire.

Pour tenter d'élargir son assise, Abbas a confié la deuxième place de sa liste à Yoav Segalovitz, ancien député de Yesh Atid et ex-haut responsable de la police, une première pour Ra'am. « Cela envoie un message de partenariat avec la communauté juive et les citoyens juifs », a-t-il expliqué. Sur sa droite, Benjamin Netanyahou mise sur le rejet de tels scénarios : sa campagne a diffusé des images truquées et des vidéos générées par intelligence artificielle montrant ses rivaux dans les bras de dirigeants arabes, dont l'une représentant Eisenkot courant vers Abbas.

Des controverses qui pèsent sur la campagne

La trajectoire des deux listes reste marquée par plusieurs épisodes contestés. Abbas a refusé à plusieurs reprises de qualifier le Hamas d'organisation terroriste à détruire, qualifiant la question de test de loyauté politique. Une association liée au Mouvement islamique et à Ra'am a été dissoute par la justice en mai pour coopération avec des organisations terroristes désignées, et la députée de Ra'am Iman Khatib-Yassin a été sanctionnée par la Knesset en 2023 pour avoir nié des exactions du Hamas, dont des violences sexuelles.

Au sein de la Liste unie, le chef du Balad, Sami Abou Shehadeh, a retiré sa candidature en octobre après que la Cour suprême a indiqué son intention de confirmer sa disqualification, prononcée en raison d'un article publié juste après le massacre du 7 octobre 2023. La Cour a en revanche annulé la disqualification du député Hadash Ofer Cassif, qui avait échappé de peu, en 2024, à une exclusion de la Knesset après avoir soutenu la plainte sud-africaine pour génocide contre Israël.

Les projections de sièges varient selon les sondages : cinq pour Ra'am et huit pour la Liste unie selon un décompte cité par Reuters, six et neuf selon une enquête Madad du 14 octobre. Le résultat du 27 octobre déterminera si ces voix suffisent à faire basculer la coalition, ou si Israël se dirige vers une nouvelle impasse politique.

Questions fréquentes

Qui sont Ra'am et la Liste unie ?
Ra'am est un parti islamiste issu du Mouvement islamique, dirigé par Mansour Abbas. La Liste unie regroupe Hadash (communiste), Ta'al (Ahmad Tibi) et Balad, sous la direction de Yousef Jabareen.
Pourquoi leur participation est-elle jugée décisive ?
Les sondages donnent au bloc d'opposition de Gadi Eisenkot une majorité relative mais pas les 61 sièges nécessaires. Un soutien arabe, interne ou externe à la coalition, pourrait combler cet écart.
Gadi Eisenkot est-il prêt à gouverner avec les partis arabes ?
Non, il conditionne tout partenariat à l'adhésion au caractère juif et démocratique de l'État et à la destruction du Hamas, conditions qu'il estime non remplies par Ra'am et la Liste unie.

Dossier Élections israéliennes 2026

Commentaires

    À lire aussi

    Trump endosse officiellement Netanyahou à neuf jours des élections israéliennes
    Les PRO

    Trump endosse officiellement Netanyahou à neuf jours des élections israéliennes

    Élections du 27 octobre en Israël : Netanyahou face à l'alternative Eisenkot
    Les PRO

    Élections du 27 octobre en Israël : Netanyahou face à l'alternative Eisenkot