Élections législatives en Israël : Eisenkot en tête des sondages à deux jours du scrutin
À deux jours du scrutin du 27 octobre pour la 26e Knesset, trente-huit listes sont en lice et le parti centriste Yashar, mené par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, caracole en tête des sondages. La campagne finale cristallise les débats sur la sécurité, la conscription des étudiants de yeshiva et la constitution d'une éventuelle coalition d'opposition.

À deux jours du vote, la campagne électorale israélienne entre dans sa phase la plus tendue. Trente-huit partis se sont enregistrés pour le scrutin du 27 octobre, qui désignera les membres de la 26e Knesset. Les sondages placent Yashar, le parti fondé en septembre 2025 par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, en tête avec environ 21 à 23 sièges, faisant de lui le principal challenger du Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Yashar, un parti centriste porté par un ancien chef d'état-major
Entré en politique en 2022 au sein de l'alliance Unité nationale de Benny Gantz, Eisenkot avait d'abord écarté l'idée de servir sous Netanyahou avant de rejoindre le gouvernement d'urgence après le 7 octobre, en tant qu'observateur au cabinet de guerre. Il a quitté le gouvernement en juin 2024 puis la Knesset en juillet 2025, dénonçant l'absence de processus démocratique interne à son ancienne formation, avant de créer Yashar deux mois plus tard. Le parti place la sécurité au centre de son programme : confrontation avec l'Iran, démantèlement du pouvoir du Hamas à Gaza avec maintien d'un corridor sécuritaire israélien, et endiguement du Hezbollah au Liban. Eisenkot s'oppose à la création d'un État palestinien mais jugerait l'Autorité palestinienne préférable à la poursuite du régime du Hamas si ces options s'imposaient. Sur le volet intérieur, Yashar promeut une réforme de la conscription mettant fin aux exemptions générales pour les étudiants de yeshiva, avec une dérogation limitée à 3 % de chaque classe d'âge, ainsi que des mesures pour le pouvoir d'achat des classes moyennes et des militaires.
Une coalition d'opposition encore incertaine
Un vote pour Yashar viserait avant tout à renforcer la candidature d'Eisenkot au poste de Premier ministre et à préparer une coalition avec B'Yachad de Naftali Bennett, Yisrael Beytenu d'Avigdor Liberman et Les Démocrates de Yair Golan. Ces quatre formations ont convenu de coordonner leur campagne sans avoir tranché la méthode de désignation d'un candidat commun : Eisenkot privilégie que le chef du plus grand parti du bloc obtienne le poste, et rejette toute rotation. Ses conditions pour une coalition excluent le parti arabe Ra'am et la Liste arabe unie, ainsi que, a priori, les partis orthodoxes Shass et Union de la Torah, sauf s'ils acceptent une réforme du service militaire. Une tribune publiée par Israel Hayom met en garde les électeurs contre plusieurs de ces dirigeants d'opposition, leur reprochant d'avoir, par le passé, renié des engagements de campagne — une appréciation partisane qui alimente les débats de cette fin de campagne.
La mobilisation du monde orthodoxe et la bataille de l'image
Dans le camp orthodoxe, le site Kountrass appelle à une mobilisation massive, estimant que l'avenir du monde de la Torah et des étudiants de yeshiva se joue dans ce scrutin, après l'annulation par la commission des Finances de la Knesset d'allégements fiscaux pour des associations orthodoxes. Par ailleurs, une tribune de la responsable politique Fleur Hassan-Nahoum, relayée par Infos Israël News, propose la création d'un commandement national de la diplomatie publique, dirigé par Yoseph Haddad, pour coordonner une réponse israélienne plus efficace face aux campagnes de délégitimation internationale — signe que la stratégie de communication s'impose elle aussi comme un enjeu de cette campagne.
Le scrutin du 27 octobre déterminera le rapport de force entre les blocs avant l'ouverture, probablement dans la foulée, des négociations de coalition.
Questions fréquentes
- Quand ont lieu les élections législatives israéliennes ?
- Le scrutin pour la 26e Knesset est fixé au 27 octobre, deux jours après la publication des derniers sondages de campagne.
- Qui dirige le parti Yashar, en tête des sondages ?
- Yashar est dirigé par Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major de Tsahal, qui a fondé le parti en septembre 2025 après avoir quitté l'Unité nationale.
- Quels partis pourraient s'allier à Yashar pour former une coalition ?
- Selon les sondages, Yashar pourrait coordonner avec B'Yachad de Naftali Bennett, Yisrael Beytenu d'Avigdor Liberman et Les Démocrates de Yair Golan, mais la désignation du candidat au poste de Premier ministre reste à trancher.
Dossier Élections israéliennes 2026



