Élections du 27 octobre : le Likoud résiste, Ben Gvir progresse dans les sondages

À dix jours du scrutin du 27 octobre, les sondages israéliens dessinent un paysage contrasté : le Likoud de Benjamin Netanyahou recule mais reste compétitif, tandis qu'Itamar Ben Gvir progresse nettement. Le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot creuse l'écart dans la plupart des enquêtes, sauf celles de Channel 14, proche du gouvernement.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Élections du 27 octobre : le Likoud résiste, Ben Gvir progresse dans les sondages
Photo : אלון נוריאל · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Les élections législatives du 27 octobre, les premières depuis le 7 octobre 2023, approchent dans un climat de forte incertitude. Selon la plupart des sondages cités par le Jerusalem Post et la Jewish Telegraphic Agency, la coalition sortante de Benjamin Netanyahou perd du terrain face au bloc d'opposition conduit par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot. Mais l'enquête de Channel 14, chaîne considérée comme proche du gouvernement, donne au contraire une large victoire à la coalition sortante, ce qui illustre l'ampleur des divergences entre instituts.

Une coalition sous pression mais toujours dans la course

Trois ans après les défaillances militaires et politiques du 7 octobre, le Likoud a reconstitué une partie de son socle électoral, selon l'éditorialiste Brian Blum dans le Jerusalem Post. L'anniversaire de l'attaque n'a, selon lui, guère fait évoluer les intentions de vote : les électeurs du Likoud semblent fidèles malgré les révélations successives sur la gestion du dossier. Le chercheur Ori Wertman rappelle d'ailleurs que les affaires judiciaires n'ont jamais empêché Benjamin Netanyahou de dépasser les 30 sièges depuis qu'il est mis en examen, à l'image d'Arye Deri ou d'Ariel Sharon par le passé, réélus malgré des soupçons de corruption.

Itamar Ben Gvir, principal gagnant des sondages à droite

Dans ce paysage mouvant, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir tire son épingle du jeu. Son parti Otzma Yehudit (« Pouvoir juif ») est crédité de six à neuf sièges selon les sondages relayés par la JTA, une progression continue depuis quatre ans. Lors d'une tournée dans le marché de Ramla, le ministre a été acclamé par des partisans scandant déjà son accession au ministère de la Défense, tandis que d'autres habitants de cette ville mixte juive-arabe ont exprimé une franche hostilité. La politologue Liron Lavie, de l'université Bar-Ilan, observe qu'il a su se distancer de sa présence au gouvernement le 7 octobre pour se présenter comme une alternative à droite de Netanyahou, portée par une communication efficace sur les réseaux sociaux.

Liberman courtisé, Eisenkot en tête de l'opposition

Du côté des tractations de coalition, le ministre de l'Éducation Yoav Kisch, cité par le Jerusalem Post, a indiqué que le Likoud pourrait chercher à intégrer Avigdor Liberman et son parti Yisrael Beytenu, à condition qu'il accepte les lignes rouges du gouvernement : refus d'un État palestinien, maintien des zones de sécurité et renforcement de l'éducation juive. Il a en revanche exclu catégoriquement tout partenariat avec Yair Golan, qu'il qualifie de non pertinent pour une future coalition. Kisch a présenté un gouvernement dirigé par Eisenkot comme dépendant, selon lui, de Golan et des partis arabes pour obtenir une majorité. Du côté de l'opposition, Eisenkot a construit sa campagne autour de l'échec sécuritaire du 7 octobre et de la question de l'enrôlement des étudiants de yeshivot, aux côtés de Naftali Bennett, Yaïr Lapid, Avigdor Liberman et Yair Golan, selon Ori Wertman.

À dix jours du vote, les équipes de campagne affinent leurs messages : le Likoud mise sur la fermeté sécuritaire et son bilan de guerre, Ben Gvir capitalise sur sa popularité montante, tandis qu'Eisenkot cherche encore à harmoniser les priorités d'un bloc hétérogène. Le résultat du 27 octobre déterminera si une coalition élargie, incluant éventuellement Liberman, peut se constituer autour du Likoud, ou si l'opposition parvient à rassembler une majorité alternative.

Questions fréquentes

Quand ont lieu les élections législatives en Israël ?
Le scrutin est fixé au 27 octobre, le premier depuis l'attaque du 7 octobre 2023.
Quel poste vise Itamar Ben Gvir ?
Le ministre de la Sécurité nationale ambitionne de devenir le prochain ministre de la Défense.
Le Likoud pourrait-il s'allier à Avigdor Liberman ?
Selon le ministre Yoav Kisch, le Likoud est ouvert à intégrer Yisrael Beytenou dans une future coalition, sous réserve d'un accord sur les lignes rouges sécuritaires.

Dossier Élections israéliennes 2026

Commentaires

    À lire aussi

    Trump apporte un soutien total à Netanyahou à neuf jours du scrutin israélien
    Les PRO

    Trump apporte un soutien total à Netanyahou à neuf jours du scrutin israélien

    Élections en Israël : Trump refuse d'endosser Netanyahou, dit ne faire confiance à personne
    Les PRO

    Élections en Israël : Trump refuse d'endosser Netanyahou, dit ne faire confiance à personne

    Élections du 27 octobre : le vote anticipé des diplomates israéliens a commencé à l'étranger
    Les PRO

    Élections du 27 octobre : les deux blocs au coude à coude, Lieberman hausse le ton contre Netanyahou

    Élections du 27 octobre en Israël : Netanyahou face à l'alternative Eisenkot
    Les PRO

    Élections du 27 octobre en Israël : Netanyahou face à l'alternative Eisenkot