Élections du 27 octobre : Netanyahou sous pression à quinze jours du scrutin
À quinze jours des élections législatives du 27 octobre, la campagne israélienne s'intensifie. Les sondages placent le bloc de Benjamin Netanyahou autour de 54 sièges contre 49 pour les partis sionistes de l'opposition, loin de la majorité de 61 mandats nécessaire pour gouverner. Dans cet entre-deux, de nouvelles formations et des exigences de coalition pourraient tout faire basculer.

La Knesset compte 120 sièges et il en faut 61 pour former un gouvernement. Selon la moyenne des sondages publiés ces derniers jours, le bloc Netanyahou en obtiendrait environ 54, contre 49 pour les partis sionistes de l'opposition. Dans ces conditions, aucun des deux camps ne dispose aujourd'hui d'une majorité assurée, et le sort du scrutin pourrait se jouer sur quelques listes situées autour du seuil électoral, fixé à 3,25 % des suffrages valides, soit environ 180 000 voix si la participation atteint 75 %.
Les petits partis, arbitres des élections du 27 octobre
Deux formations nouvelles cristallisent l'attention. Amcha Yisrael, le parti de l'ancien général de réserve Ofer Winter, cherche à ramener vers le bloc Netanyahou des électeurs de droite déçus depuis le 7 octobre. Benjamin Netanyahou n'a pourtant pas facilité son entrée en campagne : il a poussé Moshé Feiglin à s'allier ailleurs et mené une offensive, y compris contre le numéro deux de Winter, Yoseph Haddad, militant arabo-israélien engagé dans la défense d'Israël à l'étranger.
De son côté, Yoaz Hendel dirige les Réservistes, alliés à l'économiste Yaron Zelekha et à la spécialiste des relations internationales Einat Wilf. Hendel défend un gouvernement sioniste qui ne dépendrait ni des partis arabes israéliens ni des partis ultraorthodoxes, et prône un service militaire ou national pour tous les citoyens. Le 8 octobre, il a proposé à Winter un accord de partage des voix excédentaires. Si les deux listes franchissent le seuil, elles pourraient réunir ensemble huit à dix mandats et permettre, selon certains scénarios, une coalition alternative associant Naftali Bennett et Avigdor Liberman, sans recourir à une union reposant sur une rotation entre Netanyahou et Gadi Eisenkot.
Eisenkot vise la première place, Deri pose ses conditions
Du côté de l'opposition, le parti Yashar de Gadi Eisenkot a lancé une campagne pour devenir la première force à la Knesset et devancer le Likoud, rompant l'accord conclu deux semaines plus tôt avec Yair Lapid, Naftali Bennett, Avigdor Liberman et Yair Golan, qui avaient convenu de reporter la question du candidat au poste de premier ministre après le vote. Un sondage de la chaîne Channel 12 publié mercredi donne Eisenkot en tête sur la question de l'aptitude à diriger le pays, avec 45 % contre 35 % pour Netanyahou.
Sur le flanc religieux, le président du Shas, Arye Deri, a conditionné la participation de son parti à tout futur gouvernement à l'adoption d'une loi régulant le statut militaire des étudiants de yeshiva. « Il n'y aura pas de gouvernement en Israël avec le soutien ou la participation du Shas tant que le statut des étudiants de yeshiva ne sera pas régulé », a-t-il déclaré à Kikar HaShabbat. Cette exigence replace la question de l'enrôlement des ultraorthodoxes au cœur des négociations de coalition, avant même le vote. Des tensions internes au camp religieux se sont également manifestées cette semaine, après des propos d'un élu de Torah unie contre le président de la Knesset Amir Ohana en raison de son appartenance à la communauté LGBT, propos qui ont suscité une plainte devant la commission d'éthique parlementaire.
La suite du scrutin
Les électeurs israéliens se rendront aux urnes le 27 octobre. Faute de majorité claire pour l'un des deux blocs, l'issue dépendra du franchissement du seuil électoral par Amcha Yisrael et les Réservistes, et de leur volonté de s'arrimer à une coalition. Si aucune majorité ne se dégage, un nouveau scrutin resterait l'option par défaut, avec Benjamin Netanyahou maintenu comme premier ministre par intérim.
Questions fréquentes
- Quand ont lieu les élections législatives en Israël ?
- Le scrutin est fixé au 27 octobre, après la dissolution anticipée de la Knesset.
- Combien de sièges faut-il pour former un gouvernement ?
- La Knesset compte 120 sièges ; il en faut 61 pour obtenir la majorité et former un gouvernement.
- Qu'exige le Shas pour rejoindre une coalition ?
- Arye Deri conditionne la participation du Shas à l'adoption d'une loi régulant le service militaire des étudiants de yeshiva.
Dossier Élections israéliennes 2026




