Israël après le 27 octobre : l'impasse électorale relance le débat sur un gouvernement d'union

Après les élections législatives du 27 octobre, aucune majorité claire ne s'est dégagée à la Knesset. Le Likud de Benjamin Netanyahou reste le premier parti avec 27 sièges, mais c'est Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, qui devrait recevoir en premier la mission de former un gouvernement. Dans ce contexte, plusieurs commentateurs plaident pour un exécutif d'union nationale rassemblant les forces sionistes.

3 min de lecture8 vuesPar la rédaction
Israël après le 27 octobre : l'impasse électorale relance le débat sur un gouvernement d'union
Photo : Illustration générée par IA

Le scrutin du 27 octobre a produit une Knesset éclatée en une dizaine de blocs, sans qu'aucun ne s'approche de la majorité de 61 sièges. Le Likud de Benjamin Netanyahou arrive en tête avec 27 sièges, devant le Yashar de Gadi Eisenkot (21 sièges), l'alliance formée par le Beyahad de Naftali Bennett et le Yesh Atid de Yair Lapid (12 sièges cumulés), les Démocrates de Yair Golan (8 sièges), ainsi que les partis arabes, le Ra'am et la Liste arabe unie, qui totalisent ensemble 19 sièges. S'y ajoutent le Yisrael Beitenu d'Avigdor Liberman (7 sièges), le Parti sioniste religieux (6 sièges), l'Union Torah judaïsme unifiée (7 sièges) et le Shas (6 sièges).

Une Knesset éclatée, aucun bloc dominant

Cette dispersion des voix est l'une des causes directes de l'impasse électorale qui suit le scrutin. Aucun des grands blocs idéologiques, ni celui mené par le Likud, ni celui regroupant Yashar, les Démocrates et les partis arabes, ne dispose d'une majorité suffisante pour gouverner seul. Les divisions personnelles entre dirigeants, en particulier l'hostilité de plusieurs responsables envers Benjamin Netanyahou héritée de leur passage dans ses précédents gouvernements, compliquent encore les tractations.

Eisenkot en pole position, mais une majorité incertaine

Selon l'analyse publiée par le site JNS, le président Isaac Herzog devrait confier le premier mandat de formation du gouvernement à Gadi Eisenkot, recommandé par les partis arabes et, éventuellement, par une fraction de l'Union Torah judaïsme unifiée. Mais ses options restent limitées. S'il s'appuie sur le soutien extérieur du Ra'am et de la Liste arabe unie pour atteindre une majorité d'environ 67 sièges, il romprait sa promesse de campagne de bâtir un gouvernement exclusivement sioniste, et Avigdor Liberman, qui refuse de siéger avec des partis arabes malgré un précédent en 2021 sous Naftali Bennett, pourrait se retirer. Une alliance avec les partis haredim, Shas et l'Union Torah judaïsme unifiée, offrirait une majorité tout aussi fragile de 61 sièges, mais contredirait son engagement sur une loi d'enrôlement des étudiants de yeshiva, thème central de sa campagne.

Le scénario d'un gouvernement d'union défendu par des analystes

Dans sa chronique pour JNS, Joseph Puder défend une autre voie : un gouvernement d'union réunissant le Likud, Yashar, le tandem Bennett-Lapid et Yisrael Beitenu, totalisant 80 sièges sans les partis haredim. Selon lui, idéologiquement, Naftali Bennett se situe à droite du centre et pourrait naturellement rejoindre une coalition menée par le Likud, tandis que Yair Lapid, malgré son ancrage centriste associé à Tel-Aviv, a déjà siégé dans un gouvernement Netanyahou en 2013. Un tel attelage permettrait, selon l'auteur, de faire adopter une loi sur l'enrôlement des étudiants de yeshiva dans Tsahal, jugée urgente face à la pénurie d'effectifs et à l'épuisement des réservistes mobilisés sur plusieurs fronts. Il invoque également la confrontation avec l'Iran, la nécessité d'éliminer le Hamas et le Jihad islamique à Gaza, et l'ouverture d'une commission d'enquête sur les défaillances du 7 octobre comme arguments en faveur d'un exécutif élargi. Gadi Eisenkot, de son côté, est jugé par Puder peu préparé à diriger un gouvernement compte tenu de son manque d'expérience politique et de son profil international limité, un handicap selon lui à l'heure où Israël fait face à un isolement diplomatique croissant.

Tous les acteurs politiques s'accordent toutefois sur un point : la perspective de nouvelles élections dans les six mois, avec les coûts et l'instabilité qu'elle entraînerait, doit rester une option de dernier recours. Les consultations présidentielles se poursuivent dans les prochains jours pour déterminer à qui reviendra, en définitive, la charge de former le prochain gouvernement.

Questions fréquentes

Combien de sièges le Likud a-t-il obtenus aux élections du 27 octobre ?
Le Likud de Benjamin Netanyahou arrive en tête avec 27 sièges, loin cependant de la majorité de 61 sièges nécessaire pour gouverner seul.
Pourquoi Gadi Eisenkot pourrait-il recevoir le premier mandat du président ?
Parce que les partis arabes, et possiblement une fraction de l'Union Torah judaïsme unifiée, le recommandent au président Herzog, bien que sa majorité potentielle reste fragile et contestée.
Que changerait un gouvernement d'union sans les partis haredim ?
Il permettrait, selon les partisans de cette option, de faire adopter une loi d'enrôlement des étudiants de yeshiva dans Tsahal, un sujet bloqué depuis des années.

Dossier Élections israéliennes 2026

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