Israël : Eisenkot crédité de 67 sièges, Herzog doit trancher dimanche

Le président israélien Isaac Herzog doit désigner dimanche la personnalité chargée de former le prochain gouvernement, au terme de deux jours de consultations à Jérusalem. Gadi Eisenkot, chef du parti centriste Yashar, a recueilli le soutien de 67 députés contre 46 pour Benjamin Netanyahou, un écart net qui ne garantit toutefois aucune majorité gouvernable.

2 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Israël : Eisenkot crédité de 67 sièges, Herzog doit trancher dimanche
Photo : יהב טרודלר (Yahav Trudler - Yahav Studio‬‏) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Après deux journées de consultations au palais présidentiel, le verdict est arithmétiquement clair : 67 députés de la Knesset ont recommandé à Isaac Herzog de confier à Gadi Eisenkot la mission de former le prochain gouvernement, contre 46 pour Benjamin Netanyahou. Sept élus du Judaïsme unifié de la Torah (UTJ), formation ultra-orthodoxe alliée du Likoud depuis trois décennies, ont refusé de recommander l'un ou l'autre camp, un geste inédit qui fragilise la position du Premier ministre sortant.

Une avance nette mais fragile

Le bloc favorable à Eisenkot rassemble Les Démocrates de Yaïr Golan, Israël Beytenou d'Avigdor Liberman, Beyachad, le parti Yashar lui-même, ainsi que la Liste unifiée et le Raam, qui totalisent à eux deux 19 sièges. Côté Netanyahou, Shas, le Sionisme religieux, Otzma Yehudit et le parti de Moshe Feiglin ont confirmé leur soutien. Mais la majorité affichée pour Eisenkot inclut des forces qui ne siégeront pas nécessairement ensemble : Liberman a exclu tout gouvernement dépendant de l'abstention des partis arabes, tandis que des élus de Beyachad, comme Ram Ben-Barak, ont posé des conditions strictes sur la conscription des étudiants en yeshiva. Le président Herzog lui-même a reconnu que le nombre de recommandations ne suffirait pas à déterminer sa décision, en raison des vetos croisés entre et au sein des blocs. Des représentants d'Otzma Yehudit ont par ailleurs accusé le scrutin d'avoir été entaché par des financements irréguliers, évoquant environ 100 millions de shekels versés à des électeurs ; Herzog a rétorqué que cette offensive visait surtout à occulter la forte mobilisation de l'électorat arabe.

Liberman ouvre la porte à un compromis haredi

Avigdor Liberman, longtemps figure de proue du camp laïc opposé aux exemptions militaires des étudiants religieux, a annoncé vendredi être prêt à des compromis sur la loi de conscription pour permettre la formation d'une coalition à 61 sièges sans les partis arabes. Il a maintenu trois lignes rouges : mettre fin au mandat de Netanyahou, éviter de nouvelles élections et refuser tout gouvernement dépendant de l'abstention de la Liste arabe unie ou du Raam. Selon un calcul avancé par certaines sources, une coalition réunissant Yashar, Beyachad, Les Démocrates, Israël Beytenou, l'UTJ et Shas atteindrait précisément 61 sièges. Ce scénario reste toutefois hypothétique : Shas a officiellement recommandé Netanyahou et l'UTJ n'a endossé aucun camp, réclamant une loi encadrant le statut des étudiants en Torah avant tout engagement. Liberman a par ailleurs démenti tout accord de rotation au poste de Premier ministre avec Eisenkot, qualifiant ce mécanisme de nuisible à une gestion efficace de l'État.

Herzog tranchera dimanche

Isaac Herzog a indiqué qu'il chargerait dimanche un député de former le gouvernement, avec un délai initial de vingt-huit jours, prolongeable de quatorze. En cas d'échec, une autre personnalité sera désignée ; si l'impasse persiste, de nouvelles élections seront convoquées. Le président a également exprimé son inquiétude sur l'avenir de l'aide militaire américaine, rappelant l'existence d'un mémorandum avec Washington censé courir jusqu'en 2028, un argument supplémentaire en faveur d'une sortie rapide de la crise politique. Mardi, lors de l'installation de la vingt-sixième Knesset, la Liste unifiée et le Raam ont demandé un vote pour remplacer le président du Parlement, Amir Ohana, un test parlementaire qui donnera un premier aperçu des rapports de force avant la décision présidentielle.

Questions fréquentes

Qui est Gadi Eisenkot ?
Ancien chef d'état-major de Tsahal, il dirige le parti centriste Yashar et a reçu le soutien de 67 députés pour former le prochain gouvernement.
Un gouvernement peut-il se former sans les partis arabes ?
Avigdor Liberman l'exige comme condition, mais sans la Liste unifiée ni le Raam, la coalition favorable à Eisenkot dépend de l'accord encore incertain de l'UTJ et de Shas.
Que se passe-t-il si aucun candidat ne parvient à former un gouvernement ?
Herzog désignera une autre personnalité après l'échec du premier mandataire ; en cas d'impasse persistante, de nouvelles élections seront organisées.

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