Knesset bloquée: Netanyahou et Eisenkot en lice pour former le gouvernement
Après le scrutin du 27 octobre, marqué par une participation inédite depuis 1999, aucun bloc n'atteint la majorité de 61 sièges à la Knesset. Le président Isaac Herzog ouvre cette semaine des consultations avec les partis pour désigner qui sera chargé de former le gouvernement, entre le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou et le chef de Yashar, Gadi Eisenkot.

Le décompte des voix attribue 53 sièges au bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahou, loin des 61 nécessaires pour gouverner seul. Le bloc d'opposition réunit 48 sièges et les partis arabes 19. Le Likoud reste le premier parti avec 27 sièges, suivi par Yashar, de Gadi Eisenkot, avec 21. Les résultats officiels doivent être remis mercredi au président Isaac Herzog par le juge Noam Sohlberg, vice-président de la Cour suprême, ce qui lui laisse jusqu'au 11 novembre pour charger un député de former le gouvernement.
Un Parlement bloqué après le scrutin du 27 octobre
La loi encadre strictement la procédure de formation du gouvernement. Le candidat désigné par Herzog dispose de 28 jours, renouvelables une fois pour 14 jours supplémentaires. En cas d'échec, le président peut confier la tâche à un autre député pour 28 jours additionnels. Si cette seconde tentative échoue, au moins 61 députés disposent de 21 jours pour demander au président de désigner un troisième candidat, qui aurait alors 14 jours pour réussir. L'absence de gouvernement au terme de ce processus entraînerait de nouvelles élections dans environ 90 jours, un scénario qu'Herzog dit vouloir éviter à tout prix. Lors de la cérémonie en mémoire de Chaim Weizmann à Rehovot, il a appelé les partis à venir aux consultations « avec un cœur ouvert » et à « trouver des solutions créatives pour éviter de nouvelles élections ».
Netanyahou et Eisenkot, deux stratégies opposées
Netanyahou a écarté toute coopération avec les députés arabes Mansour Abbas et Ahmad Tibi, qualifiant cette option de « désastre pour Israël » dans un message publié sur X. Eisenkot a, de son côté, posé quatre conditions à tout partenariat de coalition: la reconnaissance d'Israël comme État juif, démocratique, libéral et égalitaire; l'adhésion aux valeurs de la Déclaration d'indépendance; un service militaire, national ou civil obligatoire pour tous les citoyens; et la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste, avec l'engagement de détruire son pouvoir militaire et gouvernemental à Gaza. Il a affirmé que tout député acceptant ces principes serait un partenaire potentiel. Naftali Bennett a annoncé que sa faction B'Yachad recommanderait Eisenkot à Herzog pour former le gouvernement. Eisenkot avait par ailleurs déclaré sur 103FM qu'il ne « servirait pas sous Netanyahou, pas même dans le cadre d'un accord de rotation », prévenant qu'il démissionnerait « une heure plus tard » si cela se produisait, une déclaration faite toutefois lorsque Yashar se croyait en position de former seul une majorité.
Les obstacles à un gouvernement d'union
Si un rapprochement entre les deux camps reste évoqué, plusieurs dossiers sensibles séparent Netanyahou et Eisenkot: l'encadrement du service militaire des étudiants des yeshivot, la création d'une commission d'enquête d'État sur les défaillances ayant précédé le 7 octobre, l'avenir de la réforme judiciaire portée par le ministre de la Justice Yariv Levin, et l'éventuelle exclusion du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et du ministre des Finances Bezalel Smotrich d'un futur gouvernement. Des sources proches de Netanyahou évoquent un possible accord de rotation lui laissant la direction du gouvernement pendant environ deux ans, une option qu'Eisenkot a déjà publiquement rejetée. Herzog entame mercredi les consultations à la résidence présidentielle; son choix du candidat chargé de former le gouvernement, qui ne sera pas nécessairement le chef du parti arrivé en tête, déterminera la suite d'un processus que la loi encadre jusqu'au mois de février en cas d'échecs successifs.
Questions fréquentes
- Quel est le délai légal pour former un gouvernement en Israël ?
- Le candidat désigné par le président dispose de 28 jours, renouvelables une fois pour 14 jours. En cas d'échec, un autre candidat peut recevoir 28 jours supplémentaires, puis 61 députés peuvent proposer un troisième nom disposant de 14 jours, faute de quoi de nouvelles élections sont organisées environ 90 jours plus tard.
- Pourquoi Netanyahou n'est-il pas assuré d'être chargé de former le gouvernement ?
- Le président Isaac Herzog peut désigner tout député, pas nécessairement le chef du parti arrivé en tête. Avec 53 sièges pour son bloc contre 48 pour l'opposition et 19 pour les partis arabes, ni Netanyahou ni Eisenkot ne disposent seuls d'une majorité de 61 sièges.
- Quelles sont les conditions posées par Gadi Eisenkot pour une coalition ?
- Eisenkot exige la reconnaissance d'Israël comme État juif, démocratique, libéral et égalitaire, l'adhésion aux valeurs de la Déclaration d'indépendance, un service obligatoire pour tous les citoyens, et la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste à détruire militairement et politiquement à Gaza.



