En directLégislatives en Israël : résultats sans majorité nette, appels à un gouvernement d'union face aux accusations d'ingérence

Israël sans majorité : Netanyahou et Eisenkot dans l'impasse après le scrutin d'octobre

Trois semaines après le scrutin du 27 octobre 2026, Israël reste sans gouvernement. Le Likud de Benjamin Netanyahou arrive en tête mais son bloc plafonne à 53 sièges, huit de moins que la majorité requise à la Knesset. Face à lui, le bloc d'opposition mené par Gadi Eisenkot ne fait pas mieux, laissant les listes arabes, créditées de 19 sièges, en position d'arbitre.

3 min de lecture1 vuePar la rédaction
Israël sans majorité : Netanyahou et Eisenkot dans l'impasse après le scrutin d'octobre
Photo : יהב טרודלר (Yahav Trudler - Yahav Studio‬‏) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Les résultats, encore partiels dans certaines circonscriptions en raison du dépouillement des bulletins « sous double enveloppe », dessinent une Knesset fragmentée. Le Likud, avec environ 26 sièges et 21,7 % des voix, reste la première force du pays, mais le bloc de droite et religieux qu'il dirige traditionnellement n'obtient que 53 sièges sur 120. Le bloc d'opposition rassemblé autour de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar!, en totalise 48. Les deux listes arabes, la Liste unifiée et Ra'am, en obtiennent 19 à elles deux, un score porté par une participation exceptionnelle, proche de 80 %, dans les communes arabes.

Un Likud vainqueur sans majorité

Dans les villes les plus durement frappées par la guerre, le vote n'a pas bougé. À Sderot, le Likud recueille environ 39,1 % des suffrages, contre 41,5 % lors du précédent scrutin, et le bloc de droite y rassemble près de 70 % des voix. À Kiryat Shmona, où seuls 14 000 des 26 000 habitants étaient revenus au moment du vote, le Likud conserve 48 % des suffrages. À Shlomi, son score progresse même, de 43,5 % à 46 %. Le sociologue Nissim Leon, de l'université Bar-Ilan, attribue cette fidélité à un réflexe de sécurité qui, selon lui, prime sur le ressentiment envers la gestion de la guerre dans ces régions marquées par les évacuations prolongées.

Le dilemme arabe d'Eisenkot

La Liste unifiée a formellement proposé, mercredi soir, d'aider à faire tomber le gouvernement Netanyahou, y compris en soutenant un gouvernement minoritaire depuis l'extérieur de la coalition. Son président, Yousef Jabareen, a qualifié le scrutin de « jour historique » et rejeté les accusations de fraude formulées par le Likud, qu'il a qualifiées de « propos de mauvais perdants ». Le député Ahmad Tibi a affirmé ne pas réclamer de portefeuille ministériel pour son parti, mais a posé des conditions : une action contre la criminalité dans les localités arabes et l'arrêt des démolitions de constructions dans les villages bédouins. Le dirigeant de Ra'am, Mansour Abbas, a de son côté ironiquement attribué la mobilisation du vote arabe à la politique du gouvernement sortant, citant Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich.

Ce soutien potentiel place Gadi Eisenkot face à une contradiction. Il a conditionné toute entrée dans son futur gouvernement à la reconnaissance d'Israël comme État juif et du Hamas comme organisation terroriste à démanteler, des exigences difficilement compatibles avec une alliance formelle avec les partis arabes. Mercredi soir, il a réaffirmé vouloir former un « gouvernement sioniste engagé pour la conscription militaire », sans se prononcer sur une éventuelle coopération parlementaire avec la Liste unifiée. Selon Ahmad Tibi, Eisenkot ne l'a lui-même pas contacté, même si une « personnalité importante » de son bloc l'aurait approché.

La suite : négociations et menace d'un nouveau scrutin

Le dépouillement des bulletins sous double enveloppe, notamment ceux des évacués du nord encore loin de leur domicile, pourrait encore faire évoluer légèrement les sièges. Jabareen affirme que Netanyahou chercherait à rester Premier ministre sortant et à provoquer de nouvelles élections dès mars prochain. Des Israéliens revenus de l'étranger, parfois depuis le Canada ou le Brésil, pour voter disent douter de pouvoir refaire le déplacement en cas de nouveau scrutin, invoquant le coût financier du voyage. Dans l'immédiat, les tractations entre partis se poursuivent à la Knesset, sans qu'aucun bloc ne dispose à ce stade des 61 sièges nécessaires pour gouverner.

Questions fréquentes

Combien de sièges manque-t-il à Netanyahou pour gouverner ?
Son bloc de droite et religieux est crédité de 53 sièges sur 120, soit huit de moins que la majorité de 61 requise à la Knesset.
Que proposent les partis arabes à Gadi Eisenkot ?
La Liste unifiée se dit prête à soutenir un gouvernement minoritaire depuis l'extérieur de la coalition, sans réclamer de portefeuille, en échange d'engagements sur la sécurité dans les localités arabes et l'arrêt des démolitions dans les villages bédouins.
Pourquoi le Likud reste-t-il fort dans les villes les plus touchées par la guerre ?
À Sderot, Kiryat Shmona et Shlomi, le parti conserve l'essentiel de son électorat malgré les évacuations et les destructions, un phénomène que des chercheurs attribuent à la priorité donnée à la sécurité par les habitants.

Dossier Élections israéliennes 2026

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