Élections en Israël : aucun bloc n'obtient de majorité, une enquête du Shin Bet complique les tractations
Après le scrutin du 27 octobre, le dépouillement confirme qu'aucun bloc n'atteint la majorité de 61 sièges à la Knesset. Pendant que Benjamin Netanyahou et Gadi Eisenkot cherchent une issue, le Shin Bet examine des soupçons de financement étranger destiné à mobiliser l'électorat arabe.

Le dépouillement des bulletins ordinaires de l'élection israélienne est presque achevé, même si les enveloppes doubles restent à compter. Selon les derniers chiffres, le bloc de Benjamin Netanyahou totalise 53 sièges, le bloc du changement mené par Gadi Eisenkot en obtient 48, et les partis arabes 19. Aucun camp ne réunit les 61 sièges nécessaires à une majorité. Le taux de participation préliminaire, 77,7 %, serait le plus élevé depuis 1999.
Un Parlement coupé en trois blocs
Le bloc du changement rassemble Yashar, B'Yahad, les Démocrates et Yisrael Beitenou. Avant le scrutin, la plupart de ses dirigeants avaient exclu toute dépendance aux partis arabes pour former un gouvernement, à l'exception du chef des Démocrates, Yair Golan, qui s'était dit ouvert à cette option. Une fois les résultats officiels publiés, le président Isaac Herzog consultera chaque parti avant de confier à un candidat la mission de former le gouvernement. Une coalition d'union entre Likoud et bloc du changement reste, à ce stade, improbable compte tenu des tensions accumulées depuis la rupture de 2024.
Une enquête du Shin Bet sur un financement étranger
Le président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, a demandé au Shin Bet d'examiner des soupçons de financement étranger, évoquant notamment le Qatar et la Turquie, destiné à mobiliser illégalement l'électorat arabe, ainsi que des soupçons de corruption électorale. Le Shin Bet a précisé que son enquête reposait sur des renseignements qu'il avait lui-même recueillis, et non sur des informations transmises par un parti, et qu'elle ne devait pas jeter le soupçon sur l'ensemble des électeurs arabes. L'agence a souligné que l'enquête n'était pas achevée et qu'aucune conclusion n'établissait à ce stade une ingérence étrangère.
Le Likoud a accusé les partis arabes d'avoir « volé » l'élection par fraude, corruption et intimidation, et annoncé le dépôt de centaines de témoignages pour demander l'annulation des résultats dans certains bureaux de vote. La police a toutefois indiqué qu'elle ne disposait d'aucun élément étayant ces accusations plus larges, tout en confirmant l'arrestation de quatre nouveaux suspects dans une affaire distincte de corruption électorale, après la découverte d'argent liquide et de bulletins du Ra'am lors de perquisitions dans le sud du pays. Le chef du Ra'am, Mansour Abbas, a nié toute implication, salué l'ouverture de l'enquête et accusé Benjamin Netanyahou d'incitation contre les citoyens arabes. Doha et Ankara ont de leur côté démenti toute ingérence.
La procédure et les prochaines étapes
La Commission électorale centrale a affirmé que le scrutin s'était déroulé légalement et qu'aucune atteinte systémique à son intégrité n'avait été établie. Selon une source au sein de la commission, l'enquête ne retardera ni la publication des résultats définitifs ni le début des consultations présidentielles. La loi électorale, en son article 86, permet néanmoins de contester les résultats devant le tribunal de district de Jérusalem dans un délai de quatorze jours, à condition de démontrer qu'une irrégularité a pu peser sur l'issue du scrutin.
Gadi Eisenkot a dit vouloir s'opposer à tout report de la prestation de serment de la nouvelle Knesset et a annoncé préparer des textes sur la conscription, une commission d'enquête d'État sur le 7 octobre et le budget. Si aucun gouvernement ne parvient à se former dans les délais prévus, la loi autorise la tenue de nouvelles élections dès le mois de mai.
Questions fréquentes
- Pourquoi aucun gouvernement n'a-t-il pu être formé immédiatement après le vote ?
- Ni le bloc de Benjamin Netanyahou (53 sièges) ni celui de Gadi Eisenkot (48 sièges) n'atteignent les 61 sièges requis, et les partis arabes, crédités de 19 sièges, sont exclus par la plupart des dirigeants du bloc du changement.
- Que vise l'enquête du Shin Bet ?
- Elle porte sur des soupçons de financement étranger, notamment qatari et turc, qui aurait servi à mobiliser illégalement l'électorat arabe, ainsi que sur des soupçons de corruption électorale. Aucune conclusion n'a encore été établie.
- Une contestation des résultats peut-elle entraîner un nouveau vote ?
- L'article 86 de la loi électorale permet de saisir le tribunal de district de Jérusalem dans les quatorze jours suivant la publication des résultats, qui peut ordonner un nouveau scrutin dans un bureau de vote précis si une irrégularité a pu en affecter l'issue.
Dossier Élections israéliennes 2026



