Législatives du 27 octobre : les Israéliens votent pour la 26e Knesset dans un climat tendu

Environ 7,3 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes ce mardi 27 octobre pour élire les 120 députés de la 26e Knesset. Plus de 12 000 bureaux ont ouvert leurs portes dans tout le pays, dans un scrutin que les sondages annoncent extrêmement serré entre Benjamin Netanyahou et son principal rival, Gadi Eisenkot.

4 min de lecture12 vuesPar la rédaction
Législatives du 27 octobre : les Israéliens votent pour la 26e Knesset dans un climat tendu
Photo : Illustration générée par IA

Le jour férié décrété à l'occasion du scrutin n'a pas suspendu les transports publics, mis à disposition gratuitement pour permettre à chacun de rejoindre son bureau de vote. Dans la majorité des localités, les bureaux sont restés ouverts de 7 heures à 22 heures, avec des horaires réduits dans les communes les plus petites. Pour voter, un passeport israélien, un permis de conduire ou une carte militaire valides suffisaient à s'identifier, et dix guichets spéciaux du ministère de l'Intérieur ont délivré des cartes d'identité temporaires aux retardataires.

Le corps électoral a grossi de 333 000 personnes par rapport au scrutin de novembre 2022, soit une hausse de 5,4 %. Sur les 7,3 millions d'électeurs recensés, 6,5 millions résident en Israël et 810 000 vivent à l'étranger. Chez les électeurs installés dans le pays, 77 % sont juifs, 18 % sont des citoyens arabes israéliens, et la population ultra-orthodoxe pèse pour 10,5 % du total. Les disparités locales sont fortes : à Jérusalem, seuls 39,2 % des habitants ont l'âge de voter, contre près de 80 % à Bat Yam.

Une participation des expatriés sans précédent

Le vote anticipé organisé dans les représentations diplomatiques israéliennes s'est achevé vendredi avec un taux de participation de 86,7 %, contre 69,6 % quatre ans plus tôt. Au total, 4 218 Israéliens ont voté dans 101 bureaux répartis dans 99 ambassades et consulats, un scrutin qui s'est étalé sur près de trente heures, de la Nouvelle-Zélande jusqu'à la côte ouest américaine. Plus de 50 000 Israéliens de la diaspora devaient en parallèle rentrer spécialement pour glisser leur bulletin ce mardi, le vote par correspondance restant réservé aux diplomates et à leurs familles. L'armée, de son côté, avait ouvert dès le 20 octobre au moins 850 bureaux dans les bases militaires pour le vote anticipé des soldats.

À l'aéroport Ben Gourion, l'ambiance rappelait celle d'un lendemain de victoire sportive. Des militants des partis d'opposition, HaDemocratim de Yaïr Golan, Yashar de Gadi Eisenkot et B'Yachad de Naftali Bennett et Yaïr Lapid, ont accueilli lundi les voyageurs rentrés pour voter avec drapeaux, ballons bleus et chants patriotiques, au point que la sécurité de l'aéroport a dû intervenir pour fluidifier la sortie des passagers.

Un scrutin disputé entre Netanyahou et Eisenkot

Benjamin Netanyahou, toujours poursuivi pour corruption, brigue un nouveau mandat à la tête du Likoud. Face à lui, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot conduit le parti Yashar, qui arrivait en tête des intentions de vote selon un sondage Maariv réalisé mi-octobre, avec 21 sièges projetés. Le même sondage plaçait les deux blocs à stricte égalité, 51 sièges chacun, loin des 61 nécessaires pour gouverner seul, et créditait Eisenkot d'une meilleure cote de popularité que Netanyahou comme Premier ministre potentiel, 48 % contre 41 %.

La campagne a été marquée par une controverse qui a ravivé des tensions communautaires anciennes. Le 17 octobre, Yinon Magal, animateur de la chaîne 14 proche de Netanyahou, a qualifié Gadi Eisenkot de « kof » (singe en hébreu), évoquant une manipulation par des élites ashkénazes. Il a ensuite expliqué avoir employé ce terme dans un sens figuré, désignant un homme de paille, sans viser l'origine marocaine d'Eisenkot. L'explication n'a pas éteint la polémique, plusieurs responsables politiques y voyant une attaque à caractère raciste.

Plusieurs personnalités ont voté dès l'ouverture des bureaux : le président Isaac Herzog à Jérusalem, le chef du Shas Arié Deri dans le quartier de Har Nof, le grand rabbin séfarade Yitzhak Yossef, ou encore le chef de liste Hadash-Ta'al Yousef Jabarin à Oum el-Fahm. Plus de 20 000 policiers ont été déployés pour sécuriser la journée électorale, dans un climat où le chef du Shin Bet avait par ailleurs refusé de confier à ses hommes la protection de Gadi Eisenkot, malgré la recommandation d'une commission.

Un gouvernement d'union plutôt qu'un nouveau scrutin

En cas de résultat serré, 55 % des Israéliens interrogés par Maariv disaient préférer un gouvernement d'union nationale plutôt que de nouvelles élections, contre seulement 27 % favorables à un second scrutin. Les électeurs de l'opposition se montraient toutefois plus exigeants, 54 % d'entre eux ne soutenant une union qu'à condition qu'elle soit dirigée par leur propre camp. Malgré l'incertitude, l'optimisme dominait dans les deux camps, 90 % des électeurs de la coalition et 75 % de ceux de l'opposition se disant confiants dans la victoire de leur bord.

Les résultats définitifs de l'élection à la 26e Knesset ne seront connus que le 4 novembre, une fois dépouillés l'ensemble des bulletins, y compris ceux votés depuis l'étranger. D'ici là, les équipes de campagne de chaque parti continuent de mobiliser leurs électeurs, convaincues que les prochains jours détermineront si Israël se dirige vers un gouvernement de coalition ou vers une nouvelle impasse politique.

Questions fréquentes

Quand les résultats des élections seront-ils connus ?
Les résultats définitifs de l'élection à la 26e Knesset ne seront proclamés que le 4 novembre, une fois dépouillés tous les bulletins, y compris ceux de la diaspora.
Combien d'Israéliens étaient appelés à voter ?
Environ 7,3 millions d'électeurs étaient inscrits, dont 6,5 millions résidant en Israël et 810 000 à l'étranger, soit 333 000 de plus qu'en 2022.
Qui sont les principaux candidats au poste de Premier ministre ?
Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, candidat du Likoud, affronte principalement l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, à la tête du parti Yashar, qui dominait les sondages à la veille du vote.

Dossier Élections israéliennes 2026

Commentaires

    À lire aussi

    Israël : à deux jours du vote, Eisenkot devance Netanyahou sans majorité en vue
    Les PRO

    Israël aux urnes : vote sous haute tension et dispositif policier renforcé

    Élections en Israël : Eisenkot devance Netanyahou mais aucun bloc n'a de majorité
    Les PRO

    Élections en Israël : Eisenkot creuse l'écart avec Netanyahou, mais sans majorité pour aucun bloc