Eisenkot exclut catégoriquement de servir sous Netanyahou, même en rotation

Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a affirmé mercredi soir qu'il ne rejoindrait jamais un gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, pas même dans le cadre d'un accord de rotation au poste de Premier ministre. L'ancien chef d'état-major s'exprimait à dix jours du scrutin législatif du 27 octobre.

2 min de lecture6 vuesPar la rédaction
Eisenkot exclut catégoriquement de servir sous Netanyahou, même en rotation
Photo : יהב טרודלר (Yahav Trudler - Yahav Studio‬‏) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Invité de la radio 103FM, Gadi Eisenkot a tranché sans ambiguïté la question qui agite depuis des semaines les états-majors politiques israéliens : pourrait-il accepter un partage du pouvoir avec Benyamin Netanyahou ? « Absolument pas. Je ne servirai pas sous Netanyahou, pas même dans le cadre d'un accord de rotation. Si cela arrive, vous le verrez : je démissionnerai une heure plus tard », a-t-il déclaré, engageant publiquement sa parole.

La formule de la rotation, qui consiste à partager la fonction de Premier ministre entre deux dirigeants de blocs rivaux au cours d'un même mandat, a déjà été appliquée en Israël. Elle avait uni Shimon Pérès et Yitzhak Shamir en 1984, puis Benyamin Netanyahou et Benny Gantz en 2020, avant d'être reprise par Naftali Bennett et Yaïr Lapid en 2022. En l'excluant d'emblée, Eisenkot ferme une porte de sortie classique aux négociations post-électorales et durcit la ligne de fracture entre son camp et celui du Premier ministre sortant.

Une liste pensée pour l'alternance

Le parti Yashar se présente aux élections du 27 octobre avec une liste de 40 candidats, répartie à parité entre hommes et femmes. L'ancien chef du Shin Bet Yoram Cohen occupe la deuxième place, suivi de l'ex-ministre Orit Farkash-Hacohen et de l'entrepreneure sociale Adi Altschuler. Les anciens ministres Matan Kahana et Chili Tropper complètent le haut de liste, aux cinquième et sixième rangs.

Matan Kahana a confié à JNS son souhait de voir le prochain gouvernement réunir « toutes les factions sionistes qui croient en un État d'Israël démocratique et juif, qui croient en la Déclaration d'indépendance et soutiennent le service pour tous ». Shaul Meridor, septième sur la liste, a pour sa part cité auprès de JNS trois priorités : la baisse du coût de la vie, le service et l'éducation publique pour tous, et la reconstruction du nord et du sud du pays après la guerre.

Smotrich accuse, Cohen réplique

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a mis en garde contre un gouvernement conduit par Eisenkot, qu'il accuse de vouloir évacuer des implantations juives et des exploitations agricoles en territoires de Judée et Samarie. Il s'appuie sur des propos de Yoram Cohen opposé aux constructions menées illégalement ou sans autorisation préalable du gouvernement. Cohen a répondu qu'il soutenait les constructions légales et approuvées par l'État, tout en s'interrogeant sur la conformité de certains projets portés par Smotrich lui-même à ces critères.

Sur un autre front, Yoram Cohen a rejeté l'avertissement de Netanyahou selon lequel un gouvernement d'opposition conduirait à la création d'un État palestinien. L'ancien chef du Shin Bet a estimé, à titre personnel, qu'une telle perspective constituerait une menace sécuritaire et qu'en discuter aujourd'hui n'est pas réaliste.

Un scrutin qui se joue sur les alliances

La déclaration d'Eisenkot intervient à moins d'une semaine et demie du vote. En écartant toute hypothèse de rotation, il cherche à clarifier l'offre électorale de Yashar auprès d'électeurs hésitant entre plusieurs listes anti-Netanyahou, au risque de compliquer d'éventuelles tractations de coalition si aucun bloc ne dégage de majorité claire le 27 octobre.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un accord de rotation au poste de Premier ministre ?
C'est un mécanisme de partage du pouvoir entre deux dirigeants de blocs rivaux, qui se succèdent à la tête du gouvernement au cours d'un même mandat. Il a déjà uni Pérès et Shamir en 1984, Netanyahou et Gantz en 2020, puis Bennett et Lapid en 2022.
Qui dirige la liste Yashar aux élections du 27 octobre ?
Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major de Tsahal, mène la liste, suivi de l'ex-chef du Shin Bet Yoram Cohen, de l'ancienne ministre Orit Farkash-Hacohen et de l'entrepreneure sociale Adi Altschuler.
Quel est le reproche adressé à Yashar par Bezalel Smotrich ?
Le ministre des Finances affirme qu'un gouvernement dirigé par Eisenkot évacuerait des implantations juives et des exploitations agricoles en territoires de Judée et Samarie, en s'appuyant sur des propos de Yoram Cohen sur les constructions illégales.

Dossier Élections israéliennes 2026

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