En directIsraël : la percée des partis arabes ouvre une alternative à l'union nationale

Après des élections sans majorité claire, Herzog appelle à l'unité politique

Au lendemain d'élections marquées par une participation record, ni Benjamin Netanyahou ni Gadi Eisenkot ne disposent d'une majorité claire pour former un gouvernement. Le président Isaac Herzog a appelé mercredi les dirigeants politiques à aborder les consultations de coalition « avec un esprit ouvert », pour éviter un nouveau scrutin.

2 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Après des élections sans majorité claire, Herzog appelle à l'unité politique
Photo : Illustration générée par IA

Les Israéliens se sont rendus aux urnes mardi en nombre inhabituel, avec un taux de participation de 77,7 %, le plus élevé depuis plus de vingt ans. Mais le dépouillement n'a pas livré de verdict net : ni le Premier ministre Benjamin Netanyahou (Likoud) ni son principal rival, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, ne disposent d'un chemin évident vers les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement.

Herzog met en garde contre de nouvelles élections

Conscient du risque d'une nouvelle impasse postélectorale, le président Isaac Herzog s'est exprimé mercredi pour exhorter les responsables politiques à aborder les consultations de coalition sans a priori. « Nous devons tout faire, certainement après hier, pour éviter un nouveau tour d'élections », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il attendait de tous ceux qui se présenteraient à la résidence présidentielle qu'ils viennent « avec un esprit ouvert ».

Cet appel à l'unité politique intervient alors qu'Israël reste confronté aux conséquences du massacre du 7 octobre, aux menaces sécuritaires posées par l'Iran et ses relais régionaux, au poids supporté par les réservistes et leurs familles, et aux effets économiques de plusieurs années de conflit. Selon l'éditorial du Jerusalem Post, ces circonstances justifieraient une tentative de gouvernement d'union élargie, qui réunirait notamment Netanyahou, Eisenkot et l'ancien Premier ministre Naftali Bennett.

Les obstacles à une union entre rivaux

Un tel attelage soulève toutefois des objections sérieuses. Eisenkot a fait campagne sur le remplacement de Netanyahou, et une partie de ses électeurs pourrait percevoir une entrée au gouvernement comme une trahison. Les questions de responsabilité autour du 7 octobre, le procès pénal de Netanyahou et le bilan de son gouvernement ne sauraient être écartés au nom de l'unité, souligne le Jerusalem Post. Tout accord devrait s'accompagner d'engagements clairs sur l'État de droit, l'indépendance des institutions, le service militaire et les priorités gouvernementales, la question du leadership restant elle aussi à négocier.

Un gouvernement élargi pourrait néanmoins ouvrir la voie à un cadre plus équitable sur le service militaire des haredim, en particulier s'il pouvait se passer de leur participation, et à une approche plus stable de la sécurité nationale, moins dépendante des exigences de petits partis charnières.

Washington observe la formation du prochain gouvernement

Des sources américaines citées par le Jerusalem Post affirment que le président Donald Trump souhaiterait que le prochain gouvernement israélien exclue le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, estimant que « la violence des colons » complique ses ambitions diplomatiques régionales. D'autres informations évoquaient déjà des proches de Trump encourageant la formation d'un gouvernement d'union en Israël. Ces éléments, rapportés par des sources non identifiées, restent à confirmer, mais ils illustrent l'attention portée à Washington à la composition du futur exécutif israélien.

Le Jerusalem Post rappelle qu'il existe un précédent de coopération : Eisenkot avait siégé aux côtés de Netanyahou dans le gouvernement d'urgence formé après le 7 octobre, tandis que Bennett a déjà fait l'expérience, difficile, de gouverner par-delà les clivages. Les résultats définitifs du scrutin et le déroulement des consultations à la résidence présidentielle détermineront dans les prochains jours si les dirigeants acceptent de s'asseoir à la même table.

Questions fréquentes

Pourquoi aucun camp n'a-t-il de majorité claire ?
Ni le Likoud de Benjamin Netanyahou ni le parti Yashar de Gadi Eisenkot n'ont atteint les 61 sièges nécessaires pour former seuls une coalition, malgré une participation record de 77,7 %.
Que demande le président Herzog aux partis ?
Il les appelle à se présenter aux consultations de coalition à la résidence présidentielle avec un esprit ouvert, afin d'éviter la tenue d'un nouveau scrutin.
Pourquoi Washington s'intéresse-t-il à la composition du gouvernement ?
Selon des sources américaines citées par le Jerusalem Post, le président Trump souhaiterait voir Ben-Gvir et Smotrich exclus du prochain exécutif israélien, jugeant cela utile à ses ambitions diplomatiques régionales.

Dossier Élections israéliennes 2026

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