Eisenkot exclut catégoriquement un gouvernement Netanyahou, même sous la pression de Trump
Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a affirmé en privé qu'il refuserait de siéger dans un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou, même si Donald Trump le lui demandait personnellement. Cette position, révélée lundi par la chaîne publique KAN, complique un peu plus les tractations pour former une coalition après des élections sans majorité claire.

Lors d'une réunion à huis clos, Gadi Eisenkot a tranché : « Je ne siégerai pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahou », a-t-il déclaré selon des sources citées par KAN. Le président du parti Yashar a toutefois précisé qu'il accepterait de rencontrer Donald Trump si celui-ci le sollicitait, tout en refusant par principe toute ingérence américaine dans les affaires politiques internes d'Israël. « Si Trump m'appelle, je respecterai le président et je viendrai, mais j'insisterai sur le fait qu'il s'agit d'une question interne israélienne et j'éviterai toute interférence », a-t-il ajouté.
Washington observe de près les tractations
Le Jerusalem Post avait rapporté la semaine dernière que des intermédiaires de Donald Trump avaient échangé avec des responsables israéliens sur l'hypothèse d'un gouvernement d'union réunissant Netanyahou et Eisenkot. Un responsable du Likoud, cité par le Washington Post, a résumé l'attente américaine en ces termes : « Ce que veut Trump, c'est un gouvernement israélien stable et fiable, qui puisse être formé le plus rapidement possible après les élections. »
Toujours selon le Washington Post, Netanyahou aurait lui-même confié à des responsables américains qu'il considérait Eisenkot comme le meilleur partenaire possible en cas de reprise des hostilités entre Israël et l'Iran, et qu'il rechercherait une coalition plus modérée si une telle alliance se concrétisait. Le refus réaffirmé d'Eisenkot ferme pour l'instant cette porte.
Une opposition qui se structure autour d'Eisenkot
Les chefs de l'opposition Naftali Bennett, Yaïr Golan et Avigdor Liberman ont tous annoncé qu'ils recommanderaient Eisenkot au président Isaac Herzog comme candidat chargé de former le gouvernement. Une première réunion conjointe depuis les élections, rassemblant ces trois dirigeants, Eisenkot et le chef sortant de l'opposition Yaïr Lapid, était prévue mardi.
Les élections n'ont dégagé de majorité pour aucun des deux blocs à la Knesset. Le bloc de Netanyahou a remporté 53 sièges, contre 48 pour les partis d'opposition. Les partis arabes disposent de 19 sièges, dont l'appui pourrait porter le soutien à Eisenkot à 67 députés. Mais la formation d'un gouvernement reste compliquée par les désaccords sur le recours à ces partis arabes : Liberman a exclu de rejoindre une coalition dépendante de leur soutien, tout comme il a écarté l'option d'un gouvernement d'union avec Netanyahou.
La suite des négociations
La réunion de mardi entre Eisenkot, Lapid, Bennett, Golan et Liberman doit clarifier les lignes rouges de chacun avant toute démarche auprès du président Herzog. C'est ce dernier qui décidera, dans les prochains jours, à qui confier le mandat de former le gouvernement, en fonction des recommandations transmises par les différents partis.
Questions fréquentes
- Pourquoi Gadi Eisenkot refuse-t-il de rejoindre un gouvernement Netanyahou ?
- Selon KAN, Eisenkot a affirmé lors d'une réunion à huis clos qu'il ne siégerait pas dans un gouvernement dirigé par Netanyahou, même si Donald Trump le lui demandait personnellement.
- Quel est le poids des partis arabes dans la formation du prochain gouvernement ?
- Avec 19 sièges, les partis arabes pourraient porter le soutien à Eisenkot à 67 députés, mais Avigdor Liberman a exclu de rejoindre une coalition dépendante de leur appui.
- Quel rôle joue Donald Trump dans ces négociations ?
- Des intermédiaires de Trump ont évoqué avec des responsables israéliens l'hypothèse d'une union Netanyahou-Eisenkot, mais Eisenkot a prévenu qu'il s'opposerait à toute ingérence américaine dans cette décision interne.



