Knesset bloquée : l'opposition vise le perchoir, Netanyahou défend son poste

Après la 26e élection législative, aucun bloc n'a obtenu de majorité à la Knesset : Benjamin Netanyahou dispose de 53 sièges, l'opposition de 48, et les partis arabes de 19. Faute d'accord pour former un gouvernement alternatif, le bloc du changement cherche désormais à prendre le contrôle du Parlement, tandis que Netanyahou mobilise ses troupes pour empêcher tout scénario reposant sur les partis arabes.

3 min de lecture8 vuesPar la rédaction
Knesset bloquée : l'opposition vise le perchoir, Netanyahou défend son poste
Photo : Illustration générée par IA

Le résultat de la 26e élection législative laisse Israël dans une impasse politique. Aucun camp ne franchit le seuil des 61 sièges nécessaires pour gouverner seul. Si 67 députés se trouvent mathématiquement hors du bloc de Benjamin Netanyahou, les divergences entre les chefs de l'opposition, notamment leurs engagements à ne pas s'appuyer sur les partis arabes, bloquent pour l'instant toute alternative crédible.

Un bloc du changement divisé mais offensif

Selon Israel Hayom, les quatre chefs du bloc du changement n'ont pas encore réussi à organiser une réunion commune et avancent pour l'instant par entretiens bilatéraux. Naftali Bennett et Avigdor Liberman restent les deux inconnues majeures : Liberman répète son opposition à un gouvernement minoritaire, tout en ayant été le premier à proposer une législation coordonnée et le remplacement du président de la Knesset. D'après le quotidien, leur première cible n'est pas le gouvernement mais le Parlement lui-même.

Une fois les résultats officiels publiés, la procédure de consultations à la résidence du président doit s'ouvrir, avant l'assermentation de la nouvelle Knesset la semaine suivante. Gadi Eisenkot devrait recevoir le mandat de former un gouvernement, un mandat qui, selon Israel Hayom, lui permettrait surtout de contrôler la commission d'arrangement, l'organe temporaire qui fixe la composition des commissions parlementaires. Eisenkot est cité comme le candidat le plus réaliste pour devenir président de la Knesset, à l'image du précédent de Benny Gantz.

Retour possible des élections directes au poste de premier ministre

Parallèlement à cette bataille pour le perchoir, The Jerusalem Post rapporte, en citant les commentateurs Ben Caspit et Michael Hauser Tov, qu'une partie de l'opposition envisage de rétablir l'élection directe du premier ministre sans dissoudre la Knesset. Le scénario, surnommé « modèle Netanyahou 2021 » d'après une initiative que le premier ministre avait lui-même défendue après l'élection de 2021, permettrait de trancher la question du chef du gouvernement sans exiger un accord de coalition préalable avec les partis arabes.

Cette piste s'accompagne d'une autre idée évoquée par Ben Caspit : limiter la durée du mandat du premier ministre à deux mandats ou huit ans, une mesure qui pourrait empêcher Netanyahou de se représenter, selon les termes exacts de la loi et son éventuelle rétroactivité. Caspit rappelle qu'en 1997, Netanyahou lui-même s'était dit favorable à une limitation à deux mandats. L'élection directe du premier ministre a déjà existé en Israël entre 1996 et 2001, avant d'être abandonnée au profit du régime parlementaire actuel ; son rétablissement exigerait une réforme législative importante.

Netanyahou mobilisé contre un gouvernement minoritaire

Du côté du Likoud, la priorité n'est pas encore la recommandation au président mais la délégitimation d'un éventuel gouvernement minoritaire adossé au parti islamiste Ra'am, avec l'abstention de la Liste arabe unie. Les proches de Netanyahou reconnaissent que si le bloc du changement avait obtenu quelques sièges supplémentaires, le parti ultra-orthodoxe Union de la Torah unifiée n'aurait pas hésité à changer de camp pour offrir à Eisenkot la majorité de 61 sièges. Aucune tentative de gouvernement d'union nationale n'est pour l'heure engagée : Netanyahou privilégie une nouvelle élection, tandis que l'opposition préfère briser d'autres promesses de campagne plutôt que d'abandonner son objectif commun.

Le calendrier retient deux dates : la publication des résultats officiels et le début des recommandations à la résidence présidentielle, puis l'assermentation de la nouvelle Knesset la semaine suivante, qui ouvrira la voie à l'élection d'un nouveau président du Parlement. Une dégradation sécuritaire, notamment un possible développement lié à l'Iran, reste le facteur le plus susceptible de bouleverser ce scénario.

Questions fréquentes

Pourquoi aucun bloc ne peut-il former de gouvernement après l'élection ?
Le bloc de Netanyahou compte 53 sièges et l'opposition 48, loin des 61 nécessaires ; les 19 sièges des partis arabes ne sont pas intégrés par les chefs de l'opposition, qui ont promis de ne pas s'appuyer sur eux.
Qu'est-ce que le « modèle Netanyahou 2021 » évoqué par l'opposition ?
C'est un retour à l'élection directe du premier ministre sans dissoudre la Knesset, une formule que Netanyahou avait lui-même proposée en 2021 face à une impasse similaire.
Qui pourrait devenir président de la Knesset dans ce scénario ?
Gadi Eisenkot est cité comme le candidat le plus probable, ce qui lui permettrait de contrôler la commission d'arrangement et les travaux parlementaires même sans former de gouvernement.

Dossier Élections israéliennes 2026

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