Un vol de reconnaissance de l'armée de l'air israélienne vers l'espace iranien, repéré le 10 octobre, ravive les spéculations sur une possible frappe contre Téhéran, à l'approche des élections en Israël. Pendant ce temps, l'Iran durcit son discours nucléaire et menace des cibles américaines en cas de nouvelle guerre.
Donald Trump a affirmé jeudi qu'il n'utiliserait pas l'arme nucléaire contre l'Iran, tout en confirmant que le site souterrain de Pickaxe Mountain reste une cible possible. Le président américain promet de le « détruire rapidement » si l'ordre en est donné, sans toutefois confirmer le recours à la MOAB, la plus puissante bombe conventionnelle de l'arsenal américain, que le département de la Guerre avait envisagée selon CNN. Ces déclarations interviennent à moins de trois semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre, sur fond de tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé jeudi qu'une réponse de Téhéran à la dernière proposition américaine sur le nucléaire serait transmise « dans les prochains jours ». Dans le même temps, le Pentagone a demandé au Centcom de finaliser des options de frappes contre l'Iran, selon Axios et The Atlantic, une opération qui pourrait être menée conjointement avec Israël.
Un troisième porte-avions américain, l'USS Theodore Roosevelt, fait route vers le Moyen-Orient avec une nouvelle division de Marines, alors que les pourparlers sur le programme nucléaire iranien restent au point mort. Téhéran, étranglé par les sanctions et un blocus naval américain, évalue ses options face à une pression économique et militaire croissante, selon un haut responsable de la défense israélienne.
Lors de sa visite à Abou Dhabi dimanche, Benjamin Netanyahou a présenté au président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane de nouveaux renseignements israéliens sur la reprise du programme nucléaire iranien. Selon CNN, citant un responsable israélien, les échanges ont notamment porté sur un site montagneux surnommé « Pickaxe Mountain », situé à environ 140 miles au sud de Téhéran.
Donald Trump a rejeté samedi la proposition iranienne d'un cessez-le-feu de sept jours portant sur la réouverture du détroit d'Ormuz. Le président américain affirme que le blocus naval étouffe financièrement Téhéran et qu'il entend maintenir la pression. Selon le Wall Street Journal, il s'attend à relancer les bombardements contre l'Iran après les élections de mi-mandat de novembre.
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que Téhéran ne céderait « ni aux pressions militaires ni aux sanctions » sur son programme nucléaire. Son discours intervient alors qu'Israël et les États-Unis évaluent une reprise de la guerre engagée en février contre la République islamique, après l'échec d'un cessez-le-feu de soixante jours.
En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, l'Iran et les États-Unis ont renoué un canal de communication indirect sur le dossier nucléaire, tandis que Donald Trump envisage une rencontre avec la délégation iranienne. Des experts israéliens y voient surtout une manœuvre de Téhéran pour gagner du temps face à la pression militaire et économique américaine.
Donald Trump s'est dit optimiste, mardi, sur les chances d'un accord avec l'Iran, lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Le président américain a évoqué une rencontre de trois heures entre ses émissaires et une délégation iranienne, tout en promettant de ne jamais laisser Téhéran obtenir l'arme nucléaire.
Devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre, Donald Trump a affirmé être confronté à un choix radical face à l'Iran : conclure un accord ou « anéantir » la République islamique. Le président américain a lié toute négociation aux élections de mi-mandat de novembre, alors que Téhéran et Israël doivent, à leur tour, monter à la même tribune cette semaine.
De nouvelles images satellites montrent l'Iran en train de reconstruire le site de Taleghan 2, dans le complexe militaire de Parchin, près de Téhéran. L'installation, liée au programme nucléaire militaire iranien, avait été frappée à plusieurs reprises par Israël depuis 2024. Selon l'Institute for Science and International Security, les travaux de réparation ont repris dès le mois de juin.
Le général Shlomi Binder, chef du renseignement militaire israélien (Aman) depuis août 2024, a détaillé sa lecture de la menace nucléaire iranienne dans un entretien accordé au Jerusalem Post. Cinq mois après la guerre de 2026, il estime que le programme iranien a été considérablement endommagé, sans être totalement neutralisé.
Le ministre de la Défense Israël Katz a averti Téhéran que toute attaque contre Israël entraînerait des représailles « inédites », visant notamment les infrastructures énergétiques iraniennes. Ces déclarations interviennent alors qu'un rapport du CNN, repris par Israel Hayom, révèle l'expansion d'un site souterrain iranien surnommé « Pickaxe Mountain », près de Natanz.
Des conseillers de Donald Trump, dont le vice-président JD Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio, ont averti le président que la confrontation avec l'Iran pourrait se prolonger jusqu'à la fin de son mandat, selon le Wall Street Journal. Cette évaluation contraste avec les déclarations publiques de Trump, qui promet une fin rapide de la guerre après les élections de mi-mandat de novembre.