Iran : Washington masse un troisième porte-avions pendant que les négociations nucléaires s'enlisent
Un troisième porte-avions américain, l'USS Theodore Roosevelt, fait route vers le Moyen-Orient avec une nouvelle division de Marines, alors que les pourparlers sur le programme nucléaire iranien restent au point mort. Téhéran, étranglé par les sanctions et un blocus naval américain, évalue ses options face à une pression économique et militaire croissante, selon un haut responsable de la défense israélienne.

Le président américain Donald Trump a ordonné l'envoi d'un troisième porte-avions vers le Moyen-Orient, selon des informations du Jerusalem Post. L'USS Theodore Roosevelt sera accompagné d'une nouvelle division de Marines, portant à environ 9 000 ou 10 000 le nombre de soldats supplémentaires déployés dans la région, qui compte déjà quelque 50 000 militaires américains. Selon le Wall Street Journal, ce renfort doit arriver fin novembre, au moment où Trump aurait indiqué à ses conseillers son intention de reprendre des frappes contre l'Iran.
Les pourparlers nucléaires dans l'impasse
Ce déploiement intervient après que le secrétaire d'État Marco Rubio a ordonné à la délégation iranienne, arrivée cette semaine à l'ONU, de quitter immédiatement le territoire américain, faute de progrès dans les discussions. Le dossier nucléaire, les sanctions, le blocus et le détroit d'Ormuz restent les principaux points de blocage. Un médiateur qatari, Ali al-Thawadi, a rencontré à New York le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi autour d'une proposition de compromis en deux pages, avant de s'entretenir à Washington avec l'envoyé spécial Jared Kushner, en présence du vice-président J.D. Vance.
Des responsables américains avaient d'abord jugé les discussions « positives et constructives », évoquant une certaine flexibilité iranienne sur le nucléaire. Quelques heures plus tard, Trump a démenti sur les réseaux sociaux avoir fait la moindre proposition à l'Iran. Une source proche du dossier a résumé la situation à Axios : « L'accord est dans l'impasse. Les Iraniens exigent des choses inacceptables pour les États-Unis, tandis que ces derniers estiment être en position de force. » Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a affirmé que Trump restait « enlisé dans une impasse où il ne peut ni négocier ni se battre ». Le président américain a répliqué : « L'Iran ne possédera pas l'arme nucléaire. »
Téhéran étranglé par les sanctions
Un haut responsable de la défense israélienne a détaillé vendredi l'ampleur de la pression économique pesant sur l'Iran. Le rial iranien a atteint un nouveau plancher, avec près de 2,5 millions de rials pour un dollar américain, sans toutefois atteindre l'hyperinflation. Un journal iranien proche du régime a lui-même comparé le prix des œufs au salaire moyen pour illustrer un coût de la vie devenu, selon ses termes, insoutenable.
Le blocus naval américain, entré en vigueur cette semaine selon ce responsable, empêche même les vols familiaux vers les pays voisins. Téhéran a demandé le rétablissement de liaisons civiles : seul l'Irak a accepté, aucun vol n'existant actuellement avec l'Azerbaïdjan. Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz, remonté à 30 ou 40 navires par jour selon des données de Tsahal, retrouve des niveaux d'avant-guerre, signe d'un recul de l'influence iranienne sur ce passage stratégique.
Israël se prépare à une possible escalade
Selon le responsable israélien, l'Iran cherche les outils susceptibles de le sortir de cette situation, y compris en observant de près les élections américaines de mi-mandat. Des tentatives iraniennes de cibler des navires dans le détroit d'Ormuz auraient jusqu'ici échoué, tout comme des opérations visées à l'étranger. Le ministère israélien de la Défense estime que la marge de manœuvre de Téhéran s'est nettement réduite depuis l'instauration du blocus.
Tsahal se prépare toutefois à un scénario de dérapage, par exemple un missile de croisière touchant un navire américain et provoquant des pertes, ce qui rendrait imprévisible la réaction de Washington. Les responsables israéliens jugent que si le régime iranien estimait être menacé d'une attaque ou en train de perdre la confrontation avec les États-Unis, il pourrait viser des intérêts américains en Jordanie ou en Israël. Un responsable a toutefois précisé que Téhéran connaît le prix d'une telle décision, ce qui expliquerait pourquoi l'Iran n'a pas attaqué Israël directement jusqu'ici.
Questions fréquentes
- Pourquoi les États-Unis envoient-ils un troisième porte-avions ?
- Washington veut disposer de capacités militaires accrues au Moyen-Orient, avec environ 50 000 soldats déjà présents, en vue d'une possible reprise des frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat.
- Où en sont les négociations nucléaires entre Washington et Téhéran ?
- Elles sont dans l'impasse malgré une médiation qatarie : l'Iran exige la levée du blocus naval, les États-Unis veulent des concessions nucléaires concrètes, sans compromis trouvé à ce stade.
- Quelle est la situation économique en Iran ?
- Le rial a atteint un nouveau plancher face au dollar, le coût de la vie est jugé insoutenable par la presse iranienne elle-même, et un blocus naval américain limite les liaisons aériennes avec l'étranger.
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