Washington ouvre un canal discret avec Téhéran avant les élections de mi-mandat
Le vice-président américain JD Vance a adressé une lettre à Mohsen Rezaei, numéro un du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, pour tenter de relancer les discussions avec Téhéran. Cette démarche intervient alors que Donald Trump menace de reprendre les frappes militaires contre l'Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Le vice-président JD Vance a pris contact avec Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et proche du guide suprême Mojtaba Khamenei, selon le Wall Street Journal repris par Ynet et Axios. Sa lettre vise à déterminer si Washington et Téhéran peuvent trouver un terrain d'entente suffisant pour convaincre Donald Trump de renoncer à ordonner une reprise de la campagne militaire engagée fin février. Un responsable américain a précisé que l'initiative avait été menée avec l'aval du président, que Vance a dit « enthousiaste » à ce sujet.
Une lettre sans terme de cessez-le-feu précis
Selon une source proche du dossier citée par le Wall Street Journal, les échanges entre responsables américains et iraniens ne comportent pas encore de proposition chiffrée de cessez-le-feu. Ils visent plutôt à poser un cadre permettant de reprendre des négociations. Dans sa lettre, Vance a insisté sur le fait que toute discussion visant à éviter de nouvelles frappes américaines devrait inclure la question du programme nucléaire iranien, rapporte Axios. Rezaei avait pourtant affirmé la semaine dernière que l'Iran ne négocierait pas avec Washington tant que certaines exigences de fond n'auraient pas été satisfaites. En misant sur Rezaei comme interlocuteur central, l'administration américaine pourrait mettre sur la touche d'autres responsables iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Parallèlement, le Qatar attend une réponse de Téhéran à une proposition distincte, selon deux diplomates régionaux cités par le Jerusalem Post. Elle prévoit un retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur les sites nucléaires iraniens en échange d'un allègement des sanctions et, potentiellement, du déblocage de fonds gelés. Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a indiqué mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU que seul un retour des inspecteurs sur le terrain permettrait d'évaluer précisément l'état du programme iranien. L'Iran exige la levée du blocus et un allègement des sanctions avant toute discussion sur le nucléaire, tandis que l'administration Trump réclame un premier geste iranien dès l'ouverture des pourparlers.
Menaces militaires et mise en garde aux pays du Golfe
Cette ouverture diplomatique coïncide avec des informations selon lesquelles Washington aurait averti plusieurs pays du Golfe de se préparer à une possible campagne militaire courte mais intense contre l'Iran après le scrutin du 3 novembre. Donald Trump avait lui-même déclaré ne pas négocier avec Téhéran : « Une chose ou une autre va se produire, et bientôt », avait-il averti. Interrogée par le Jerusalem Post, la porte-parole adjointe de la Maison-Blanche Anna Kelly a assuré que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat, tout en soulignant que « l'Iran est dans une situation très difficile, sur le plan économique comme militaire », et que le blocus resterait pleinement en vigueur.
Dans ce contexte tendu, Rezaei a rencontré cette semaine à Téhéran des représentants de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan, un premier contact de haut niveau entre l'Iran et ces trois pays, avant de s'entretenir avec le guide suprême Khamenei. Ces discussions surviennent alors que les Houthis yéménites ont multiplié les attaques contre l'Arabie saoudite et que l'Égypte a approuvé une aide défensive à Riyad. Le commandement militaire américain CENTCOM a par ailleurs démenti des informations de médias iraniens selon lesquelles des navires commerciaux auraient heurté des mines marines dans le détroit d'Ormuz, affirmant que les voies de transit restent dégagées.
La suite pour Israël et la région
L'annonce de ce canal diplomatique est intervenue le jour même où le Premier ministre Benjamin Netanyahou s'adressait aux militants du Likoud après les élections en Israël, ouvrant son discours sur le dossier iranien. La réponse de Téhéran à la proposition qatarie est attendue dès jeudi, tandis que la décision de Donald Trump sur une éventuelle reprise des frappes dépendra en partie de l'issue des élections américaines du 3 novembre.
Questions fréquentes
- Qui est Mohsen Rezaei ?
- Il est secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien et un proche du guide suprême Mojtaba Khamenei, considéré comme un interlocuteur central par Washington.
- Les États-Unis vont-ils frapper l'Iran ?
- Donald Trump envisage une reprise des frappes après les élections de mi-mandat du 3 novembre, mais la Maison-Blanche a assuré qu'aucune attaque n'aurait lieu avant ce scrutin.
- Quel rôle joue le Qatar dans ce dossier ?
- Doha a transmis à Téhéran une proposition distincte prévoyant le retour des inspecteurs de l'AIEA sur les sites nucléaires iraniens en échange d'un allègement des sanctions.
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