Frappe américaine sur l'île iranienne de Qeshm : l'étau se resserre dans le détroit d'Ormuz
Les forces américaines ont frappé dans la nuit de lundi à mardi des installations militaires sur l'île iranienne de Qeshm, après une tentative iranienne d'abattre des drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz. Donald Trump, interrogé sur Fox News, a par ailleurs affirmé que les États-Unis pourraient détruire en une heure le site nucléaire souterrain de Pickaxe Mountain si Téhéran refusait un accord.

Les forces américaines ont mené une frappe limitée sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz, après que les Gardiens de la révolution ont tiré des missiles sol-air et tenté, selon Washington, de toucher un appareil américain. L'opération a visé des lanceurs de missiles et une station radar mobile. Téhéran affirme avoir abattu trois drones américains, une version que Washington dément formellement.
Une frappe pour rouvrir le détroit d'Ormuz
Cette frappe s'inscrit dans une bataille plus large pour le contrôle du détroit d'Ormuz, selon Israel Hayom. Washington avait déclaré le passage rouvert en septembre, et le trafic pétrolier y était alors revenu à un niveau proche d'avant-guerre. Mais les tankers de gaz naturel liquéfié, plus vulnérables, sont restés à la merci des forces iraniennes, au premier rang desquelles le Qatar, principal exportateur mondial de GNL avant le conflit. En octobre, l'Iran est parvenu à frapper plusieurs pétroliers, rendant à nouveau la route dangereuse : seule une poignée de navires parvient désormais à franchir le détroit. Téhéran a reconstitué ses capacités radar et de surveillance, ce qui lui permet de repérer de nuit les tankers naviguant sans transpondeur, ainsi que ses capacités de missiles et de drones. Les forces américaines cherchent désormais à neutraliser de nouveau ces installations, et d'autres frappes limitées pourraient suivre dans les prochains jours. Les deux camps, selon des responsables cités par Israel Hayom, qualifient volontairement ces échanges d'« incidents isolés » afin de ne pas compromettre les contacts diplomatiques en cours.
Pickaxe Mountain, dernière cible nucléaire sur la liste
Invité de Sean Hannity sur Fox News, Donald Trump a affirmé que les forces américaines pourraient frapper Pickaxe Mountain, le site nucléaire souterrain iranien, « en une heure », si Téhéran ne finissait pas par accepter un accord. « Nous avons déjà détruit tout leur potentiel nucléaire. Maintenant, nous devrons peut-être nous attaquer à Pickaxe, mais ce n'est pas un gros problème », a-t-il déclaré. Le site, situé à proximité du complexe d'enrichissement d'uranium de Natanz déjà lourdement endommagé par les frappes américaines et israéliennes depuis le début du conflit en février, est enfoui sous au moins 100 mètres de roche. Des experts cités par la presse américaine évoquent, parmi les options théoriques pour détruire une installation à une telle profondeur, la bombe nucléaire tactique B61-11, seule arme connue de l'arsenal américain conçue pour pénétrer le sol avant de détoner. Donald Trump a rappelé que l'opération « Midnight Hammer » avait déjà, selon lui, mis hors service la marine, l'aviation et les défenses antiaériennes iraniennes, Téhéran ne conservant qu'une capacité limitée en missiles et drones. Le commentateur Tucker Carlson a de son côté affirmé que Benjamin Netanyahou faisait pression sur le président américain pour privilégier l'option militaire plutôt que la voie diplomatique, une allégation non confirmée par la Maison-Blanche.
Des négociations encore loin d'aboutir
Malgré ces menaces, Donald Trump dit vouloir laisser une chance à la diplomatie, évoquant la chute des prix du pétrole, en baisse de près de 10 dollars le baril, comme un signe que Téhéran cherche un règlement rapide. Mais le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, a posé ses conditions à l'agence Tasnim : levée des sanctions, accès aux fonds gelés et reconnaissance par Washington de la « souveraineté » iranienne sur le détroit d'Ormuz. Téhéran refuse d'aborder la question nucléaire tant que la pression économique américaine ne sera pas allégée, et sa proposition exclut tout transfert d'uranium enrichi hors du pays, se limitant à une dilution, bien en deçà des exigences minimales américaines. Une source proche des pourparlers estime que l'Iran cherche à profiter des élections américaines pour gagner du temps, écarter l'hypothèse d'un changement de régime et convaincre Donald Trump qu'il ne peut gagner la guerre, de façon à imposer un accord négocié comme seule issue.
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que Pickaxe Mountain ?
- C'est le nom donné à un site nucléaire souterrain iranien, enfoui sous au moins 100 mètres de roche près de Natanz, considéré comme l'une des dernières installations clés du programme nucléaire iranien.
- Pourquoi les États-Unis ont-ils frappé l'île de Qeshm ?
- En réponse à une tentative iranienne d'abattre des drones américains avec des missiles sol-air, Washington a visé des lanceurs de missiles et une station radar mobile sur cette île du détroit d'Ormuz.
- Les négociations entre Washington et Téhéran ont-elles avancé ?
- Non. L'Iran refuse d'aborder le dossier nucléaire tant que les sanctions ne sont pas allégées et sa proposition de diluer, sans l'exporter, son uranium enrichi reste en deçà des exigences américaines.
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