Israël et l'Iran au bord de l'escalade: frappes sur Qeshm et renseignement contesté sur des armes chimiques
L'armée américaine a frappé dans la nuit de lundi à mardi des installations militaires sur l'île iranienne de Qeshm, près du détroit d'Ormuz. Ces frappes limitées interviennent alors que Washington étudie un renseignement israélien évoquant un possible recours iranien aux armes chimiques, information accueillie avec scepticisme par plusieurs alliés. Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, eux, restent dans l'impasse.

Les forces américaines ont mené, dans la nuit de lundi à mardi, de nouvelles frappes sur l'île iranienne de Qeshm, selon des informations relayées par le média émirati Al-Ain et confirmées par des responsables américains cités par Reuters. Un responsable a précisé que l'opération « semblait limitée » et ne marquait pas la reprise d'un conflit de grande ampleur. L'épisode s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran, deux jours après les élections de mi-mandat américaines.
Des frappes ciblées sur Qeshm, îlot stratégique dans le détroit d'Ormuz
Qeshm, situploéeà une vingtaine de kilomètres de Bandar Abbas, abrite selon Al-Ain d'importantes infrastructures souterraines du Corps des gardiens de la révolution islamique : dépôts d'armes, plateformes de lancement de missiles, installations radar et abris fortifiés pour les navires. L'île avait déjà été visée en juin, après que l'Iran eut lancé des drones depuis la zone. Longue de plus de 130 kilomètres, elle permet à Téhéran de surveiller le trafic maritime et de déployer rapidement des moyens de menace contre les navires traversant le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Washington cherche, par ces frappes ponctuelles, à neutraliser des installations fixes sans provoquer une reprise des combats à grande échelle.
Des renseignements israéliens contestés à Washington et dans le Golfe
Selon le New York Times, Israël a transmis aux États-Unis un renseignement selon lequel l'Iran envisagerait d'utiliser des armes chimiques contre ses adversaires. Des responsables israéliens ont présenté cette menace comme plus urgente que le programme nucléaire iranien, estimant que Téhéran pourrait équiper des missiles de charges chimiques ou en introduire clandestinement en Israël. Mais l'information divise l'administration américaine : certains responsables la jugent crédible, d'autres y voient une manœuvre du gouvernement de Benjamin Netanyahou pour pousser l'administration Trump à reprendre des frappes massives. Des responsables de pays du Golfe, destinataires des mêmes informations, ont affirmé à leurs interlocuteurs qu'Israël n'avait fourni « aucune preuve » à l'appui de ses affirmations. Téhéran dément de son côté tout programme actif, rappelant avoir démantelé ses capacités chimiques après la guerre Iran-Irak, et dénonce une « guerre psychologique ». Dana Stroul, ancienne responsable du Pentagone pour le Moyen-Orient, a toutefois averti que l'Iran pourrait, sous « pression existentielle », franchir un seuil jamais atteint jusqu'ici.
Les pourparlers américano-iraniens dans l'impasse
Parallèlement aux préparatifs militaires, les négociations entre Washington et Téhéran, menées avec la médiation du Qatar, de la Russie et de la Chine, restent bloquées. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a écrit mardi que « la réponse des États-Unis concernant les droits et les revendications de l'Iran n'était pas convaincante ». Téhéran conditionne la réouverture du détroit d'Ormuz à sept exigences, dont l'arrêt complet de la guerre à Gaza et au Liban, la levée des sanctions et la reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit. Dans le même temps, selon des sources du Jerusalem Post, des avions-cargos militaires américains en provenance de la base de Fort Bliss, spécialisée dans la défense antimissile, ont été repérés atterrissant en Israël. Le porte-avions USS Theodore Roosevelt doit par ailleurs rejoindre la région la semaine prochaine, portant à trois le nombre de porte-avions américains déployés au Moyen-Orient. Selon des responsables américains cités par le New York Times, le Commandement central dispose d'un plan de frappe pouvant être déclenché dès le 4 novembre, mais la décision finale revient au président Donald Trump, qui n'a pas encore donné son feu vert.
Questions fréquentes
- Pourquoi l'île de Qeshm est-elle visée par les frappes américaines ?
- Elle abrite, selon Al-Ain News, des infrastructures souterraines du Corps des gardiens de la révolution islamique, dont des dépôts d'armes et des lanceurs de missiles menaçant le détroit d'Ormuz.
- Le renseignement israélien sur des armes chimiques iraniennes est-il confirmé ?
- Non. Washington reste divisé sur sa crédibilité et des responsables du Golfe affirment qu'Israël n'a fourni aucune preuve, selon le New York Times.
- Une frappe américaine de grande ampleur est-elle imminente ?
- Le Commandement central américain dispose d'un plan d'attaque possible dès le 4 novembre, mais le président Trump ne l'a pas encore approuvé.
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