Israël en alerte maximale avant les élections, Tsahal redoute une frappe iranienne
À moins de deux semaines du scrutin du 27 octobre, Israël a relevé son niveau d'alerte militaire par crainte d'une provocation iranienne ou d'une erreur de calcul susceptible de déclencher une nouvelle guerre. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou écarte pour l'instant toute offensive préventive, mais tout dépend désormais d'une décision que Jérusalem ne maîtrise pas entièrement : celle de Donald Trump.

Tsahal a relevé d'un cran son niveau d'alerte et se tient prêt à reprendre les combats avec un préavis très court si la situation l'exige. Cette posture ne traduit pas une volonté israélienne de frapper l'Iran avant les élections, mais une inquiétude croissante face au risque d'un geste de Téhéran ou de l'un de ses relais régionaux, Hezbollah ou Houthis, destiné à profiter de la période électorale pour tester Israël.
Un niveau d'alerte inédit avant le scrutin
Le chef d'état-major, le général Eyal Zamir, a mené une évaluation de situation au commandement central, avertissant ses officiers que « le potentiel d'escalade a augmenté » compte tenu des nombreux avertissements enregistrés sur l'ensemble des fronts. Selon une source proche du dossier, Zamir aurait également averti des responsables américains qu'une reprise des hostilités avec l'Iran pourrait contraindre Israël à reporter les élections législatives prévues le 27 octobre. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a de son côté mis en garde Téhéran et le Hezbollah devant le Conseil de sécurité : « N'essayez pas de profiter de la période électorale en Israël. Quiconque ose nous attaquer subira un coup dévastateur. »
Netanyahou prudent, Trump imprévisible
Selon plusieurs responsables sécuritaires israéliens, Netanyahou ne cherche pas, à ce stade, une offensive préventive contre l'Iran avant le scrutin. Interrogé sur la radio militaire Galei Tsahal, il a lui-même tempéré les spéculations : « À mon avis, ce n'est pas opportun pour nous. » En déplacement sur la ligne de contact en Judée-Samarie, il a toutefois averti que « nos ennemis pensent nous tester ces jours-ci » et assuré qu'Israël était prêt à tout scénario, y compris un retournement de situation. Le véritable facteur d'incertitude reste Donald Trump. Le président américain a tour à tour menacé Téhéran de « frapper durement » lors d'un meeting en Alaska, puis affirmé réfléchir à cibler le site fortifié de Pickaxe Mountain, avant d'évoquer des négociations en cours avec l'Iran, qui aurait demandé l'arrêt des frappes américaines et israéliennes. Des responsables israéliens soulignent qu'aucune action contre l'Iran ne serait engagée sans le feu vert de Washington, et que Trump n'a pour l'instant tranché ni dans un sens ni dans l'autre.
La crainte d'une erreur de calcul
Au-delà d'une attaque délibérée, c'est le scénario d'un malentendu qui inquiète le plus les responsables israéliens. Israël et l'Iran renforcent en parallèle leur préparation militaire, chacun redoutant un geste surprise de l'autre, ce qui crée les conditions d'une escalade qu'aucun des deux camps n'aurait délibérément choisie. Un incident localisé, une évaluation de renseignement erronée ou une réponse jugée disproportionnée pourrait suffire à embraser la région. Israël a fait savoir à Washington que toute initiative iranienne entraînerait une riposte d'une ampleur sans précédent, y compris après les milliers de cibles déjà frappées pendant la précédente guerre.
Tsahal maintient donc son niveau d'alerte au maximum dans les jours précédant le vote du 27 octobre, tandis que les arbitrages décisifs continuent de se jouer à Washington. Une décision américaine sur une éventuelle reprise des frappes contre les installations nucléaires iraniennes, attendue dans les prochains jours, pourrait redéfinir en profondeur les calculs stratégiques de Jérusalem.
Questions fréquentes
- Pourquoi Israël a-t-il relevé son niveau d'alerte militaire ?
- Tsahal redoute une provocation iranienne, une attaque du Hezbollah ou des Houthis, ou une erreur de calcul susceptible de déclencher une nouvelle confrontation à l'approche du scrutin du 27 octobre.
- Les élections israéliennes peuvent-elles être reportées ?
- Le chef d'état-major Eyal Zamir aurait évoqué cette possibilité auprès de responsables américains en cas d'escalade sécuritaire majeure avec l'Iran, mais aucune décision officielle n'a été prise en ce sens.
- Une frappe américaine ou israélienne contre l'Iran est-elle imminente ?
- Selon les responsables israéliens, ni Netanyahou ni Trump ne souhaitent déclencher une offensive avant leurs élections respectives, mais Trump n'a pas exclu de nouvelles frappes et n'a pas tranché définitivement.
Dossier Iran



