Iran : Israël et les États-Unis envisagent une reprise des frappes avant les élections

Washington et Jérusalem examinent la possibilité de nouvelles frappes contre l'Iran, alors qu'un troisième porte-avions américain doit rejoindre la région. Donald Trump et Benjamin Netanyahou disent ne pas vouloir d'une reprise de la guerre, mais multiplient les mises en garde à Téhéran. Plusieurs experts israéliens estiment qu'une nouvelle escalade n'est plus qu'une question de temps.

3 min de lecture4 vuesPar la rédaction
Iran : Israël et les États-Unis envisagent une reprise des frappes avant les élections
Photo : Illustration générée par IA

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou affirment tous deux ne pas souhaiter la reprise du conflit avec l'Iran. Leurs déclarations publiques, de plus en plus fermes, laissent pourtant penser que l'option militaire reste activement envisagée, dans un contexte où les élections israéliennes du 27 octobre et les midterms américains du 3 novembre pèsent sur le calendrier.

Des signes concrets de préparation

Un troisième porte-avions américain doit prochainement rejoindre le Moyen-Orient, un déploiement perçu comme le signe d'une possible reprise des hostilités. Netanyahou a averti que si l'Iran « fait l'erreur de nous attaquer, ce sera l'erreur de sa vie », tout en reconnaissant qu'une guerre « n'est pas pratique » à quelques semaines d'un scrutin national dans un pays sans vote par correspondance. De son côté, Trump a déclaré à des journalistes à Atlanta : « Attendez de voir ce que nous allons faire à l'Iran. »

Selon le New York Times, cité par le Jerusalem Post, des responsables de l'administration Trump ont évoqué une campagne courte et intense, d'environ trois jours, visant l'arsenal iranien de missiles et de drones, ainsi que des infrastructures énergétiques et des sièges des Gardiens de la révolution. The Atlantic affirme de son côté que la Maison Blanche a demandé au Pentagone de préparer des options de frappes susceptibles d'être exécutées avant les élections de mi-mandat. Dans une analyse publiée par JNS, l'éditorialiste Amit Segal relève une agitation inhabituelle à Washington et à Jérusalem ces derniers jours, évoquant l'hypothèse d'une opération limitée engagée avant l'approbation du Congrès, requise au bout de soixante jours selon la Constitution américaine. Cette lecture reste une spéculation d'analyste, non confirmée par des sources officielles.

Le détroit d'Ormuz et la pression économique

Le statu quo tendu se maintient depuis la pause de la guerre en avril, l'Iran perturbant le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial. Les prix du brut ont bondi de 46 %, à 104 dollars le baril, depuis les frappes du 28 février, entraînant une hausse comparable du prix de l'essence aux États-Unis. « Sans règlement diplomatique, les risques d'escalade sont très élevés », estime Danny Citrinowicz, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS) et ancien chef de la division Iran du renseignement militaire israélien. Selon lui, ni Téhéran ni Washington ne peuvent revendiquer une victoire claire de la guerre précédente, le régime iranien conservant sa capacité à reconstituer ses capacités nucléaires et balistiques.

Des avis partagés sur le calendrier

Avner Vilan, ancien haut responsable sécuritaire israélien spécialiste de l'Iran, juge que Trump a de bonnes raisons de tenir sa promesse de ne pas frapper avant les midterms, tout en soulignant qu'« il suffirait d'un incident significatif pour que tout s'emballe ». Gil Murciano, directeur de l'institut Mitvim, souligne que l'impopularité de la guerre contre l'Iran dans l'opinion américaine rend une escalade initiée par Washington avant le scrutin moins probable : un sondage Pew Research publié la semaine dernière indique que 64 % des Américains désapprouvent la gestion par Trump de l'action militaire contre l'Iran. En Israël, un sondage de l'INSS montre une opinion publique divisée sur l'opportunité d'une frappe préventive, les opposants étant légèrement plus nombreux que les partisans.

Aucune décision officielle n'a été annoncée à ce stade. Les regards se tournent désormais vers l'élection israélienne du 27 octobre, les midterms américains du 3 novembre et le délai constitutionnel de soixante jours qui encadrerait une éventuelle opération militaire engagée sans l'aval préalable du Congrès.

Questions fréquentes

Pourquoi Israël et les États-Unis envisagent-ils de nouvelles frappes contre l'Iran ?
L'Iran continue de perturber le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et conserve, selon des experts israéliens, sa capacité à reconstituer ses programmes nucléaire et balistique malgré la guerre de cet hiver.
Une frappe est-elle prévue avant les élections ?
Selon un responsable israélien cité par le Jerusalem Post, Trump aurait indiqué ne pas vouloir agir avant les midterms américains du 3 novembre, mais des analystes évoquent une possible opération limitée engagée plus tôt.
Quel est l'impact sur les prix du pétrole ?
Le baril a augmenté de 46 %, à 104 dollars, depuis les frappes du 28 février dernier, entraînant une hausse comparable du prix de l'essence aux États-Unis.

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