Israël réplique au roi Abdallah II après son discours à l'ONU sur la Judée-Samarie
Le roi de Jordanie Abdallah II a accusé Israël, mardi à l'Assemblée générale des Nations unies, de mener une politique « expansionniste » à Gaza et en Judée-Samarie. Le ministère israélien des Affaires étrangères a répliqué dès le lendemain en rappelant les décisions jordaniennes de 1988 privant les Palestiniens de Judée-Samarie de leur citoyenneté.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a vivement critiqué, mercredi, le roi de Jordanie Abdallah II après son discours prononcé la veille devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Le souverain hachémite y avait accusé Israël de violer le droit international à Gaza et en Judée-Samarie.
Ce qu'a dit le roi Abdallah II à l'ONU
Dans son intervention à la 81e session de l'Assemblée générale, le roi Abdallah II a consacré l'essentiel de son discours à des critiques contre l'État juif. Il a affirmé qu'Israël menait une politique expansionniste à Gaza, en Judée-Samarie et en Syrie, « testant jusqu'où il peut aller ». Selon lui, « l'appétit expansionniste de ce gouvernement israélien est désormais une menace régionale » et son « sentiment d'impunité a atteint des niveaux terrifiants ». Le monarque a appelé les délégations présentes à recourir à des « sanctions, gels d'avoirs, embargos, isolement diplomatique ». Il a également évoqué la sécurité de l'eau et de la frontière nord de son royaume, dénonçant de « nouveaux faits sur le terrain » imposés selon lui par Israël autour de « ressources hydriques vitales ».
La réplique du ministère israélien des Affaires étrangères
Sur le réseau X, le ministère a jugé « particulièrement amusant » d'entendre le roi Abdallah II « parler avec tant de passion du droit international et des droits des Palestiniens en Judée-Samarie ». Il a rappelé qu'en juillet 1988, sur ordre de son père le roi Hussein, la Jordanie avait révoqué de façon unilatérale et collective la citoyenneté des Palestiniens de Judée-Samarie, « du jour au lendemain » et « en violation complète du droit international ». Selon le ministère, ces Palestiniens ont alors perdu le droit de vote et d'éligibilité au Parlement jordanien, l'accès à la fonction publique et aux financements du royaume hachémite. Leurs passeports ont été confisqués ou non renouvelés, et ils ont été classés comme ressortissants étrangers, avec des restrictions sur leur entrée et leur séjour en Jordanie. « Parlez-nous encore de droit international », a conclu le ministère. Israël et la Jordanie ont signé un traité de paix en 1994, qui prévoit notamment la fourniture par Israël de 50 000 000 de mètres cubes d'eau par an au royaume.
Le rôle de la Jordanie en Judée-Samarie, un sujet sensible à Jérusalem
Ce différend intervient alors que le rôle jordanien dans les territoires de Judée et Samarie alimente aussi un débat interne en Israël. Le même mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre des Finances Bezalel Smotrich ont attaqué le chef d'Israel Beytenou Avigdor Liberman, qui avait proposé un contrôle sécuritaire jordanien sur certaines zones. Netanyahou lui a demandé de « retirer immédiatement » cette proposition, tandis que Smotrich a dénoncé une volonté de « ramener Israël à l'époque de la Légion jordanienne ». Liberman a ensuite précisé viser une administration jordanienne limitée aux zones A et B, dans le cadre d'une « confédération israélo-jordanienne », Israël conservant selon lui un contrôle absolu sur la zone C.
Aucune nouvelle déclaration officielle n'a été annoncée côté jordanien à ce stade. Le débat sur le statut de la Judée-Samarie et le rôle d'Amman devrait continuer d'alimenter les échanges diplomatiques dans les prochaines semaines.
Questions fréquentes
- Que reproche le roi Abdallah II à Israël dans son discours à l'ONU ?
- Il accuse Israël de mener une politique expansionniste à Gaza, en Judée-Samarie et en Syrie, et appelle la communauté internationale à des sanctions et à l'isolement diplomatique de l'État juif.
- Que rappelle le ministère israélien des Affaires étrangères en réponse ?
- Il rappelle qu'en 1988, la Jordanie a unilatéralement révoqué la citoyenneté des Palestiniens de Judée-Samarie, les privant de droits civiques et politiques dans le royaume hachémite.
- Que prévoit le traité de paix israélo-jordanien de 1994 concernant l'eau ?
- Israël s'est engagé à fournir 50 000 000 de mètres cubes d'eau par an à la Jordanie et à l'aider à développer la désalinisation, tandis que la Jordanie conserve 75 % de l'eau du Yarmouk.
Sources : JNS, The Jerusalem Post




