Netanyahou défend à l'ONU la doctrine sécuritaire d'Israël, la presse locale juge le ton trop guerrier
Benjamin Netanyahou a prononcé jeudi devant l'Assemblée générale des Nations unies un discours de quarante minutes consacré à la nécessité pour Israël de combattre ses ennemis. Le Premier ministre y a nommément mis en cause plusieurs dirigeants étrangers, tout en brandissant des objets symboliques pour illustrer les opérations de Tsahal. L'éditorial du Jerusalem Post salue la fermeté du propos mais s'inquiète de son effet sur l'opinion internationale, notamment américaine.

Devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, Benjamin Netanyahou a construit son intervention autour d'une idée centrale : Israël combat parce qu'il n'a pas le choix. Le Premier ministre a ouvert son discours par une anecdote personnelle, racontant une conversation avec son frère Yonatan, tombé au combat, à la veille de la guerre des Six Jours. Il a ensuite filé cette logique tout au long de son intervention, en écho à la doctrine attribuée à Golda Meir, pour qui Israël n'avait « nulle part ailleurs où aller ».
Netanyahou cible plusieurs dirigeants étrangers
Le chef du gouvernement israélien n'a pas ménagé ses adversaires diplomatiques. Il a désigné par leur nom le Qatar, le président français Emmanuel Macron, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le maire de New York Zohran Mamdani, qu'il accuse de porter des accusations infondées contre Israël. Pour appuyer son propos, Netanyahou a une nouvelle fois eu recours à des accessoires devenus une marque de ses interventions à l'ONU : une antenne satellite Starlink, présentée comme symbole de la répression exercée par l'Iran sur sa population, et un bipeur, rappelant l'opération menée en 2024 contre des combattants du Hezbollah équipés de ces appareils piégés.
Une presse israélienne partagée sur la stratégie
L'éditorial du Jerusalem Post reconnaît la force rhétorique du discours et son effet auprès d'un public israélien lassé d'être présenté comme responsable d'un « génocide ». Mais le quotidien pointe un déséquilibre : Netanyahou aurait, selon cette analyse, incarné la Golda Meir de Sparte, celle qui affirme qu'Israël se battra quoi qu'il en coûte, sans convoquer la Golda d'Athènes, celle qui plaidait pour la diplomatie et l'humanisation d'Israël face à ses ennemis. L'éditorial rappelle une autre formule attribuée à l'ancienne Première ministre, selon laquelle Israël pourrait pardonner aux Arabes d'avoir tué ses fils, mais non de l'avoir contraint à tuer les leurs, une phrase absente du discours de jeudi.
Cette lecture s'appuie sur un constat plus large : le soutien de l'opinion publique américaine à Israël recule, sous l'effet de transformations culturelles, démographiques et politiques que Jérusalem ne maîtrise pas directement. Pour le Jerusalem Post, l'image d'un Israël uniquement guerrier, aussi efficace soit-elle pour galvaniser l'électorat national, ne suffit plus à convaincre un public international en quête d'un horizon de paix.
Ce que le discours n'a pas dit
L'éditorial insiste sur ce qui manquait au discours : une vision de l'avenir qu'Israël dit vouloir construire, au-delà de la nécessité immédiate de se défendre. Selon cette analyse, Netanyahou a expliqué avec force pourquoi Israël doit se battre, mais n'a pas dit pour quoi il se bat, ni quel horizon de paix pourrait un jour suivre ce combat. La presse israélienne attend désormais si le gouvernement complètera ce message dans les prochaines prises de parole internationales, alors que les débats à l'Assemblée générale se poursuivent à New York.
Questions fréquentes
- Combien de temps a duré le discours de Netanyahou à l'ONU ?
- Selon le Jerusalem Post, l'intervention du Premier ministre israélien a duré environ quarante minutes.
- Quels dirigeants Netanyahou a-t-il nommément critiqués ?
- Il a cité le Qatar, le président français Emmanuel Macron, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le maire de New York Zohran Mamdani.
- Quels objets Netanyahou a-t-il brandis pendant son discours ?
- Il a montré une antenne Starlink, liée à la répression en Iran, et un bipeur rappelant l'opération de 2024 contre le Hezbollah.
Sources : The Jerusalem Post



