Une enquête OSINT accuse l'Iran d'avoir créé de faux Israéliens avant les législatives

À un mois du scrutin législatif du 27 octobre, une enquête open source impute à des acteurs liés à l'Iran la création d'un réseau de faux profils se présentant comme des citoyens israéliens. Selon la plateforme Golden Owl, ces comptes relaient des accusations contre Benjamin Netanyahou et instrumentalisent des sujets sensibles comme la conscription des haredim.

3 min de lecturePar la rédaction
Une enquête OSINT accuse l'Iran d'avoir créé de faux Israéliens avant les législatives
Photo : Illustration générée par IA

L'enquête, publiée jeudi par la plateforme de renseignement open source Golden Owl, décrit une opération d'influence structurée en plusieurs strates, orchestrée depuis l'étranger, pour peser sur le débat public avant l'élection du 27 octobre. Menée en deux temps entre le 22 août et le 22 septembre, elle repose sur l'examen de 21 533 publications, dont 1 516 ont été signalées pour comportements anormaux, désinformation électorale ou usurpation d'identité nationale.

Une campagne bâtie autour de fausses alertes sur le scrutin

Plusieurs profils ont diffusé, avant même l'ouverture du vote, l'idée que le résultat serait falsifié. D'autres ont propagé, en arabe, en russe et en anglais, l'annonce d'un report ou d'une suspension de l'élection pour cause d'ingérence étrangère, accompagnée de promesses fantaisistes comme un gel des impôts et des remboursements de crédits immobiliers. Ces rumeurs ont connu deux pics : le 9 septembre, quand le Likoud a accusé l'ex-cadre du Fatah Mohammed Dahlan d'être à l'origine d'un article du Haaretz sur une alerte émiratie précédant le 7 octobre, puis le 17 septembre, lors d'une décision de la Cour suprême interdisant la transmission en temps réel des résultats le jour du vote. Le 20 septembre, une affirmation prétendant que le scrutin serait décalé au 3 novembre a circulé depuis un compte basé au Yémen avant d'être reprise par d'autres profils, dont un tout juste créé aux États-Unis. Golden Owl a repéré 237 comptes suspects, dont 57 rattachés à une campagne d'influence étrangère, ainsi que des annonces sur le dark web proposant des sessions Telegram liées à des numéros israéliens, des abonnés achetés visant le public local, ou encore une base de données reprenant le nom de l'application électorale du Likoud.

Des profils fabriqués pour se faire passer pour des Israéliens

Après avoir cartographié près de 120 000 comptes et près de 295 000 liens entre eux, les chercheurs ont identifié des personnages coordonnés se présentant comme des réservistes, des électrices laïques ou des militants religieux. Le compte @YaaraShalev, déjà cité en mars par le ministère de la Diaspora, se dit tenu par une Israélienne engagée pour la paix ; ses photos, pourtant, proviendraient d'une actrice de films pour adultes ou d'images générées par IA. Sa publication la plus vue, consultée plus de 688 000 fois, appelait à quitter massivement le pays. Le compte @miriamkozak, fort de près de 19 000 abonnés et déjà exposé par l'ONG FakeReporter en 2024 après avoir diffusé une fausse image de Netanyahou, aurait basculé d'un discours anti-arabe en 2022 à un ton virulemment anti-Netanyahou. Autre cas notable : @mardeankabooti, mot persan signifiant « Spider-Man », publiait exclusivement en persan jusqu'en avril 2026 avant de renaître, fin août, sous le nom « Alon Strauss », drapeau israélien en avatar et hashtags favorables à Yair Golan.

Une portée amplifiée par de vrais comptes israéliens

Sur les 32 personnages recensés, 81 % ont été créés en 2025 ou 2026. Plusieurs répètent des textes identiques, comme une prétendue menace d'assassinat contre Netanyahou postée par deux comptes distincts à onze minutes d'intervalle. Selon Golden Owl, le contenu de ce réseau a généré près d'un million d'affichages en un mois, pour environ 27 000 interactions cumulées sur toute la période étudiée. Entre 4 100 et 12 400 comptes auraient interagi avec ces publications, dont 362 identifiés nommément, 76 % d'entre eux basés en Israël, contribuant ainsi à démultiplier la portée de messages conçus à l'étranger. Ni « Yaara » ni « Miriam » n'ont répondu aux demandes du Jerusalem Post. À moins d'un mois du vote, Golden Owl et les organismes de veille israéliens indiquent poursuivre le suivi de ce réseau jusqu'au scrutin du 27 octobre.

Questions fréquentes

Qui a mené cette enquête sur les faux comptes israéliens ?
La plateforme de renseignement open source Golden Owl, spécialisée dans l'analyse assistée par intelligence artificielle, a publié ses conclusions le 25 septembre 2026 après un mois d'investigation.
Combien de comptes sont concernés par cette campagne présumée ?
Golden Owl a cartographié près de 120 000 comptes et identifié 32 personnages coordonnés, dont 237 profils jugés suspects et 57 rattachés à une campagne d'influence étrangère.
Quand se tiennent les élections législatives visées ?
Le scrutin est prévu le 27 octobre 2026, et les organismes de veille indiquent poursuivre la surveillance du réseau jusqu'à cette date.

Dossiers Iran · Élections israéliennes 2026

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