Le film NAZA sur Gaza divise Israël après l'ovation de Venise et la tribune d'un ex-otage

Le documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, a reçu le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise le 12 septembre 2026, après une ovation de plus de 24 minutes. L'ancien otage Omer Shem Tov, retenu 505 jours par le Hamas, a répondu dans une tribune au Wall Street Journal. En Israël, le gouvernement examine désormais la révocation de la nationalité des deux réalisateurs.

2 min de lecturePar la rédaction
Le film NAZA sur Gaza divise Israël après l'ovation de Venise et la tribune d'un ex-otage
Photo : Gage Skidmore · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le documentaire NAZA, tourné en secret pendant trois ans par les Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, accuse Tsahal d'avoir organisé une « mise à mort massive, préméditée et calculée » de civils palestiniens à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Présenté à la Mostra de Venise, le film a reçu une ovation debout d'environ 24 minutes puis le Prix spécial du jury le 12 septembre 2026. Cette reconnaissance a déclenché une onde de choc en Israël, où l'ancien otage Omer Shem Tov a publié une tribune cinglante dans le Wall Street Journal.

Les faits : le film NAZA et son prix à Venise

Le film, produit avec le soutien de Jonathan Glazer comme producteur exécutif, rassemble 24 témoignages anonymes de soldats et d'officiers du renseignement, dont certains issus de l'unité 8200 selon Israel Hayom. Il s'appuie sur des enquêtes de +972 Magazine, Local Call et The Guardian, dont certaines affirmations sont contestées par Tsahal. Les mêmes réalisateurs avaient déjà obtenu l'Oscar du meilleur documentaire en 2025 pour « No Other Land ». Tsahal a rejeté les accusations portées par le film, affirmant appliquer des règles de proportionnalité et soumettre chaque cible à un examen humain.

Les réactions : la tribune d'Omer Shem Tov

Dans sa tribune, Omer Shem Tov, enlevé au festival Nova et détenu 505 jours par le Hamas, écrit : « Je sais ce que signifie être un dommage collatéral. Pendant 505 jours, c'est exactement ce que j'ai été. » Il raconte qu'un de ses geôliers lui a rapporté que sa propre mère avait reçu un appel de l'armée israélienne l'invitant à quitter son domicile avant une frappe. « J'étais là, kidnappé, affamé et torturé par son fils, pendant que mon armée tentait de protéger la vie de sa mère », écrit-il. Il ajoute avoir vu ses ravisseurs se réjouir après la mort de soldats israéliens, y voyant une preuve de victoire pour le Hamas, quel que soit le camp qui perd des vies. Il précise ne pas avoir vu le film et reconnaît que la souffrance des civils de Gaza est réelle, mais reproche à NAZA de laisser hors champ le massacre du 7 octobre et la prise d'otages qui ont déclenché la guerre.

La suite : enquête du Shin Bet et révocation de nationalité en question

En Israël, le ministre de la Culture, Miki Zohar, a saisi le Shin Bet pour ouvrir une enquête sur l'origine des images et témoignages utilisés dans le film, évoquant un possible abus de confiance ou une assistance à l'ennemi en temps de guerre. Le directeur général de l'Autorité de la population, Boaz Yossef, a confirmé qu'un examen de la révocation de la nationalité israélienne de Yuval Abraham et Rachel Szor avait débuté, sans qu'aucune décision n'ait encore été prise. Selon la JTA, Benyamin Netanyahou a par ailleurs soutenu un projet de loi allant dans le même sens. Sur les réseaux sociaux, de nombreux Israéliens accusent les cinéastes de calomnier les soldats. Le film n'a pas encore été distribué en Israël ; l'issue de l'enquête du Shin Bet et de l'examen administratif déterminera les suites judiciaires possibles pour ses créateurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que NAZA, le documentaire présenté à Venise ?
C'est un film de 80 minutes réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, fondé sur 24 témoignages anonymes de soldats et officiers israéliens, qui accuse Tsahal d'avoir tué délibérément des civils à Gaza.
Qui est Omer Shem Tov ?
Un ancien otage enlevé au festival Nova le 7 octobre 2023, détenu 505 jours par le Hamas et libéré le 22 février 2025, aujourd'hui porte-parole de la cause des otages.
Que risquent les réalisateurs de NAZA en Israël ?
L'Autorité de la population examine la possibilité de révoquer leur nationalité israélienne, et le Shin Bet enquête sur l'origine des images utilisées dans le film.

Sources : Infos Israël News, Israel Hayom, JNS, Kountrass

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