Film NAZA : Tsahal rejette les accusations sur sa riposte à Gaza
Tsahal a publié jeudi sa première réponse détaillée aux accusations portées par le film NAZA, qui évoque un « génocide » durant la guerre de Gaza. Le même jour, la Haute Cour de justice a autorisé la publication de l'identité de l'officier du renseignement de la division de Gaza en poste le 7 octobre 2023.

Tsahal a réagi, jeudi, aux accusations formulées dans le film NAZA, qui s'appuie sur les témoignages de 24 anciens officiers du renseignement militaire pour mettre en cause la conduite de la guerre à Gaza. L'armée explique avoir attendu de visionner le film, faute d'y avoir eu accès plus tôt, avant de livrer une réponse point par point.
Les accusations portées par le film NAZA
Le documentaire affirme que Tsahal aurait mené une frappe avec un ratio de 500 civils tués pour un combattant, et aurait fréquemment toléré des ratios de 200 pour 1 contre des cadres du Hamas et de 20 pour 1 contre des opérants de rang inférieur. Il met également en cause le recours à l'intelligence artificielle, notamment le système Lavender, qu'il présente comme ayant favorisé l'efficacité du ciblage au détriment de la protection des civils.
La réponse de Tsahal, point par point
L'armée dément formellement avoir jamais planifié ou autorisé une frappe dont le bilan civil attendu approcherait 500 morts. Elle précise que les seuils chiffrés figurant dans certains documents internes constituent des plafonds théoriques, quasiment jamais atteints en pratique, de la même manière que la justice prononce rarement les peines maximales prévues par la loi. Selon Tsahal, la décision finale de frapper revient toujours à des officiers, jamais à un algorithme : « L'intelligence artificielle n'a jamais sélectionné de manière autonome des cibles pour des frappes de Tsahal », affirme l'armée, ajoutant que Lavender est « une base de données destinée à assister les analystes du renseignement », non une liste de cibles pré-approuvées.
L'armée reproche aussi au film de s'appuyer sur des officiers du renseignement qui n'interviennent qu'à un stade intermédiaire du processus de ciblage, sans connaître les décisions prises ensuite par les cellules opérationnelles, les juristes et les commandants chargés d'approuver ou d'annuler une frappe. Elle dénonce un montage qui comparerait son action à des atrocités historiques et estime que le titre même du film constitue, selon ses mots, « une inversion de la réalité ». Tsahal rappelle avoir ouvert plus de 150 enquêtes pénales et environ 3 000 enquêtes disciplinaires sur la conduite de ses soldats pendant la guerre, sans toutefois communiquer de ratio global combattants-civils ni répondre précisément au nombre cumulé de victimes civiles, estimé à plusieurs dizaines de milliers selon des données citées par la presse.
Une décision de justice distincte sur le renseignement du 7 octobre
Le même jour, la Haute Cour de justice a levé l'interdiction de publication protégeant l'identité du lieutenant-colonel Aryeh Amidror, officier du renseignement de la division de Gaza au matin du 7 octobre 2023. Il est le fils de Yaakov Amidror, ancien chef du Conseil de sécurité nationale, devenu commentateur régulier à la télévision depuis le début de la guerre.
Selon des éléments déjà connus, Aryeh Amidror avait écarté le scénario d'une attaque de grande ampleur du Hamas, connu sous le nom de plan « Mur de Jéricho », pourtant mis en œuvre tel quel le 7 octobre. Une sous-officière de l'unité 8200, désignée par l'initiale W., l'avait alerté à plusieurs reprises sur des signes de préparation opérationnelle du Hamas. Il lui aurait répondu qu'il s'agissait d'« un scénario totalement imaginaire » et aurait reporté toute discussion après la fête de Souccot.
Le Jerusalem Post indique avoir sollicité une réaction des réalisateurs du film NAZA, sans réponse à ce stade. L'affaire concernant le lieutenant-colonel Amidror reste, elle aussi, en cours de développement devant les instances compétentes.
Questions fréquentes
- Que reproche le film NAZA à Tsahal ?
- Le documentaire, basé sur 24 témoignages d'anciens officiers du renseignement, accuse Tsahal d'avoir toléré des ratios élevés de victimes civiles par combattant visé et d'avoir utilisé l'intelligence artificielle de manière abusive dans le ciblage à Gaza.
- Comment Tsahal a-t-elle répondu ?
- L'armée dément avoir jamais autorisé une frappe visant un bilan civil proche de 500 morts, affirme que la décision finale revient toujours à des officiers et non à un algorithme, et accuse le film d'omettre les étapes du processus de ciblage qui limitent les dommages aux civils.
- Qui est Aryeh Amidror ?
- Il était l'officier du renseignement de la division de Gaza le 7 octobre 2023. La Haute Cour de justice a autorisé la publication de son identité ; il aurait écarté des avertissements d'une sous-officière de l'unité 8200 sur une attaque imminente du Hamas.
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