NAZA : le chef d'état-major ordonne une enquête, Israël prépare une riposte diplomatique mondiale
Après le Prix spécial du jury décerné à Venise au documentaire « NAZA », le chef d'état-major Eyal Zamir a dénoncé un « blood libel » et ordonné une enquête sur une possible fuite de renseignement classifié. Le ministère des Affaires étrangères, la Direction de la diplomatie publique et Tsahal préparent désormais une campagne internationale pour contrer les allégations du film, que des diplomates israéliens jugent susceptibles d'affecter jusqu'aux gouvernements amis d'Israël.

Le documentaire « NAZA », coréalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, avait remporté le Prix spécial du jury lors de la clôture de la 83e Mostra de Venise, jeudi dernier, après une ovation qui aurait duré environ 25 minutes selon les organisateurs. Depuis, la controverse a pris une tournure institutionnelle : le chef d'état-major Eyal Zamir a qualifié le film de « blood libel » et ordonné une série de mesures inédites, tandis que Jérusalem prépare une campagne diplomatique d'ampleur pour limiter les retombées internationales.
Une enquête militaire sur une possible fuite classifiée
À l'issue d'une réunion rassemblant l'état-major, le commandant de l'unité 8200 et l'avocat général militaire, Eyal Zamir a ordonné la création d'une cellule interministérielle chargée de contrer ce que Tsahal qualifie d'« accusations fausses et graves » contre ses soldats. Il a également demandé à l'avocat général militaire d'examiner d'éventuelles poursuites contre les personnes impliquées dans le film, y compris des militaires en service ou réservistes, si une divulgation de renseignement classifié était établie. Le porte-parole de Tsahal, le général Effie Defrin, a par ailleurs demandé aux réalisateurs de transmettre le film dans son intégralité afin de pouvoir répondre point par point à ses allégations, affirmant que le matériel promotionnel déjà diffusé contenait des affirmations « incorrectes » et « présentées de façon trompeuse ».
Une campagne diplomatique mondiale face au risque de contagion
Selon des responsables de la diplomatie publique israélienne, une campagne coordonnée entre le ministère des Affaires étrangères, Tsahal et d'autres organismes gouvernementaux est en préparation, incluant la diffusion de cas documentés où des frappes ont été annulées ou reportées pour épargner des civils, notamment lors d'opérations visées en 2024 près d'une école de l'UNRWA à Nuseirat. Des diplomates israéliens en poste en Europe estiment que le film, parce qu'il s'appuie sur des témoignages présentés comme émanant de soldats israéliens, pourrait accroître la pression même sur des gouvernements considérés comme favorables à Israël, rendant plus difficile de qualifier ces accusations de simple produit de médias hostiles.
Les allégations du film et le démenti de Tsahal
Le documentaire s'appuie sur des entretiens avec 24 personnes présentées comme des soldats de l'unité de renseignement 8200, filmés de nuit sur des toits à Tel-Aviv, leur voix déformée pour préserver leur anonymat. L'un des témoins affirme qu'une frappe aurait été approuvée malgré une estimation de 500 victimes civiles potentielles. Tsahal a formellement démenti ce chiffre sur son compte X, affirmant n'avoir « jamais planifié, approuvé ni exécuté » de frappe de cette ampleur, et soulignant qu'aucune identité, aucun grade ni aucune implication réelle des témoins n'avait pu être vérifiée de façon indépendante. L'armée a également démenti tout recours à l'intelligence artificielle pour la sélection des cibles, les décisions restant, selon elle, prises par des opérateurs humains conformément au droit international.
Des condamnations politiques toujours vives
Le ministre de la Culture Miki Zohar a réitéré sa volonté de révoquer la citoyenneté des deux réalisateurs, évoquant une « trahison envers l'État », bien qu'aucun précédent légal n'existe pour une telle mesure selon Ynet. L'ex-chef d'état-major Gadi Eisenkot a dénoncé une image « déformée et unilatérale » de la guerre tout en rappelant que la critique reste légitime en démocratie. Yuval Abraham a de son côté appelé les Israéliens, les Européens et les Américains à voir le film avant de le juger, estimant que ces publics « financent » ou « bloquent la pression » selon les cas. Le film, produit par le quotidien britannique The Guardian, n'a reçu aucun financement du ministère de la Culture israélien ni des fonds cinématographiques publics du pays.
La suite dépendra des conclusions de l'avocat général militaire sur une éventuelle fuite de renseignement classifié, ainsi que du déploiement effectif de la campagne diplomatique annoncée par Jérusalem à mesure que le film sera projeté plus largement à l'international.
Questions fréquentes
- Pourquoi Tsahal a-t-elle ouvert une enquête après la diffusion de NAZA ?
- Le chef d'état-major Eyal Zamir a ordonné une enquête pour vérifier si des militaires ou réservistes ayant témoigné dans le film ont divulgué du renseignement classifié, en plus d'examiner d'éventuelles poursuites légales.
- Le film NAZA a-t-il reçu un financement israélien ?
- Non. Selon Ynet, le film a été produit par le quotidien britannique The Guardian et n'a bénéficié d'aucun financement du ministère de la Culture israélien ni des fonds cinématographiques publics du pays.
- Le ministre Miki Zohar peut-il réellement révoquer la citoyenneté des réalisateurs ?
- Selon Ynet, il n'existe aucun précédent légal permettant une telle révocation dans ces circonstances, malgré l'annonce du ministre de la Culture.
1 commentaire
Anonyme · 15 septembre 2026 à 08:45
Des juifs traitres à leur patrie, quelle honte.




