Houthis au Yémen : avancée militaire au sommet des hauts plateaux, frappes américaines suspendues

Les combattants houthis cherchent à s'emparer de sommets stratégiques du Yémen pour couper le littoral de la mer Rouge du reste du pays tenu par les forces soutenues par Ryad. Le président américain Donald Trump aurait annulé au dernier moment des frappes déjà préparées contre le groupe, malgré les appels répétés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. L'Arabie saoudite se tourne désormais vers une médiation omanaise, sous la pression conjointe du G7.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Houthis au Yémen : avancée militaire au sommet des hauts plateaux, frappes américaines suspendues
Photo : Illustration générée par IA

L'avancée des Houthis, mouvement chiite soutenu par l'Iran, s'est accélérée ce mois-ci au Yémen. Selon des sources militaires yéménites citées par Reuters, les combattants cherchent à contrôler les monts Kahboub, dans les provinces de Taïz et de Lahij, une ligne de crêtes qui sépare le littoral de la mer Rouge, déjà passé sous leur contrôle, du sud du pays tenu par le gouvernement reconnu internationalement et soutenu par Ryad. Les combats se concentrent autour du district montagneux d'Al-Wazi'iyah et de Ras al-Ara, entre le détroit de Bab el-Mandeb et Aden.

Selon l'ONU, près de 700 personnes ont été tuées et des milliers blessées depuis le début de cette escalade. Près de 130 000 Yéménites ont été déplacés à l'intérieur du pays, et plus de 3 000 ont fui par bateau vers l'Afrique, notamment vers Djibouti. Des réfugiés interrogés par la BBC, comme le pêcheur Ibrahim Issa, décrivent une fuite dictée par la peur des bombardements, sans distinction de camp.

Le revirement de Trump embarrasse Ryad

D'après le New York Times, dont l'information n'a pas pu être vérifiée par Reuters, Donald Trump avait fait préparer des frappes américaines contre les positions houthies après plusieurs appels personnels du prince héritier Mohammed ben Salmane. Les avions étaient chargés en bombes et les cibles validées par les commandants militaires lorsque le président américain a stoppé l'opération dimanche. Rashid al-Alimi, président du gouvernement yéménite basé à Ryad, avait pourtant sollicité directement une aide militaire américaine par téléphone le même jour, sans obtenir d'engagement clair, selon des sources citées par Reuters.

Ce nouveau report illustre la réticence de Washington à ouvrir un front supplémentaire après la guerre menée en février aux côtés d'Israël contre l'Iran, l'opération « Epic Fury », déjà impopulaire aux États-Unis. Le mouvement houthi, allié de Téhéran dans « l'axe de la résistance », avait alors visé le territoire israélien par des tirs de missiles et de drones. Riyad a été frappée samedi pour la première fois depuis le début de l'escalade actuelle, selon des explosions rapportées près de l'aéroport ; les Houthis ont revendiqué des tirs de missiles sur la capitale saoudienne.

Vers une médiation omanaise, sous pression du G7

Face à l'impasse militaire, des sources diplomatiques du Golfe indiquent que l'Arabie saoudite et des représentants houthis se rapprochent de pourparlers organisés sous médiation omanaise, avec pour objectif immédiat un cessez-le-feu bilatéral. Mahdi al-Mashat, chef du Conseil politique suprême des Houthis, a de son côté annoncé une doctrine de « blocus pour blocus, escalade pour escalade », exigeant la levée des restrictions navales saoudiennes et des réparations financières.

Les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, ont condamné les attaques houthies contre le Yémen et l'Arabie saoudite et appelé l'Iran à cesser tout soutien en armement au mouvement. Le Royaume-Uni a accepté de fournir un ravitaillement aérien défensif à l'aviation saoudienne, et la France se dit prête à aider à sécuriser les infrastructures énergétiques de Yanbu, sur la mer Rouge. Les prix du pétrole, qui avaient dépassé 110 dollars le baril, sont redescendus autour de 100 dollars, tandis que Ryad multiplie les exportations via le détroit d'Ormuz pour contourner Bab el-Mandeb, au prix de surcoûts records pour les armateurs.

Questions fréquentes

Pourquoi Donald Trump a-t-il annulé les frappes contre les Houthis ?
Selon le New York Times, Trump a stoppé l'opération dimanche alors que les avions étaient déjà chargés, par réticence à ouvrir un nouveau front militaire après la guerre contre l'Iran menée en février, information non confirmée par Reuters.
Les Houthis représentent-ils une menace pour Israël ?
Le mouvement, soutenu par l'Iran, avait déjà tiré des missiles et des drones vers Israël lors d'escalades précédentes, avant l'opération conjointe israélo-américaine « Epic Fury » contre Téhéran en février.
Quel impact cette escalade a-t-elle sur les prix du pétrole ?
Les cours ont dépassé 110 dollars le baril avant de redescendre vers 100 dollars, l'Arabie saoudite ayant redirigé une partie de ses exportations vers le détroit d'Ormuz pour contourner la menace sur Bab el-Mandeb.

Sources : The Jerusalem Post, Israel Hayom, The Jerusalem Post, Arutz Sheva

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