Aéroport de Riyad : une semaine d'attaques houthies fait au moins douze morts, Trump envisage une riposte

L'aéroport international Roi Khalid de Riyad a été frappé à plusieurs reprises cette semaine par des missiles houthis, faisant au moins douze morts et plus de 300 blessés dimanche selon les autorités saoudiennes. Washington, qui a confirmé la mort d'un ressortissant américain, étudie une participation directe à la riposte contre les rebelles soutenus par l'Iran.

2 min de lecturePar la rédaction
Aéroport de Riyad : une semaine d'attaques houthies fait au moins douze morts, Trump envisage une riposte
Photo : Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

L'aéroport international Roi Khalid de Riyad est devenu la cible privilégiée des rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, dans une escalade qui s'est accélérée tout au long de la semaine. Jeudi, deux frappes distinctes ont visé les installations aéroportuaires puis un avion de la compagnie nationale Saudia, faisant trois morts selon l'Autorité générale de l'aviation civile saoudienne. Les Houthis ont revendiqué l'usage de missiles de croisière et affirmé avoir également frappé l'aéroport de Najran et une base aérienne à Khamis Mushait, des allégations non confirmées par Riyad.

Une escalade continue sur l'aéroport de Riyad

Dès samedi, une forte explosion a de nouveau été entendue sur le site, provoquant l'évacuation de voyageurs et l'arrivée d'une douzaine d'ambulances, selon des témoins cités par Reuters. Tous les vols à destination de Riyad ont alors été déroutés ou annulés, Etihad Airways et Qatar Airways suspendant leurs liaisons jusqu'à lundi. Dimanche, un nouveau tir de missile a frappé les terminaux 3 et 4 de l'aéroport, faisant cette fois douze morts et plus de 300 blessés, selon les autorités saoudiennes citées par Israel Hayom. Parmi les victimes figurent des ressortissants saoudiens, bangladais, égyptien, jordanien, syrien, soudanais, un Palestinien et un Américain. La coalition menée par l'Arabie saoudite a qualifié cette frappe de « crime de guerre à part entière », rappelant que l'aéroport n'a aucune fonction militaire. Les Houthis n'ont pas réagi dans l'immédiat à cette dernière attaque.

Washington et ses alliés haussent le ton

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a confirmé la mort d'un citoyen américain, qualifiant les frappes de « répugnantes » et exigeant qu'elles « cessent maintenant ». Le président Donald Trump a indiqué étudier une participation militaire directe aux côtés de Riyad : « Nous allons regarder cela », a-t-il déclaré, précisant vouloir appeler le prince héritier Mohammed ben Salmane et jugeant que « ce qui s'est passé en Arabie saoudite est inacceptable ». Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Australie et le Canada ont averti leurs ressortissants des risques liés à ces attaques. L'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a élargi ses recommandations de survol de l'espace aérien saoudien, évoquant un « risque accru d'erreur d'identification des appareils civils ». Les Houthis ont de leur côté averti les compagnies aériennes, « pour la dernière fois », d'éviter l'espace aérien du royaume, qu'ils considèrent comme une zone d'opérations militaires.

Vers une implication militaire élargie

Face à la multiplication des tirs, l'Arabie saoudite, dont les stocks d'intercepteurs s'amenuisent, a sollicité une aide en matière de défense aérienne auprès de la France, du Royaume-Uni, du Pakistan et de l'Égypte. Selon des sources américaines citées par Reuters, la Syrie étudierait également la possibilité d'apporter un soutien militaire, défensif ou par l'envoi de troupes, à son allié saoudien. Washington fournit déjà un appui en matière de renseignement et de ciblage dans le cadre de l'offensive contre les Houthis. Sur le plan diplomatique, le ministre saoudien des Affaires étrangères a évoqué avec son homologue omanais des pistes de désescalade, Oman jouant traditionnellement un rôle de médiateur régional dans ce conflit qui oppose Riyad aux rebelles depuis 2015.

Questions fréquentes

Combien de personnes sont mortes dans les attaques sur l'aéroport de Riyad ?
Selon les autorités saoudiennes, trois personnes ont été tuées jeudi, puis le bilan est monté à douze morts et plus de 300 blessés après une nouvelle frappe dimanche, touchant plusieurs nationalités.
Qui sont les Houthis ?
Ce sont des rebelles yéménites soutenus par l'Iran, en guerre contre le gouvernement yéménite reconnu par l'ONU et contre la coalition menée par l'Arabie saoudite depuis 2015.
Les États-Unis vont-ils intervenir militairement ?
Donald Trump a déclaré étudier une participation américaine aux frappes contre les Houthis, sans annoncer de décision définitive.

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