Attaques houthies en Arabie saoudite : Riyad négocie à Téhéran, l'Égypte s'engage militairement

Les attaques houthies contre l'Arabie saoudite ont paralysé le trafic aérien de Riyad et visé les installations pétrolières d'Aramco tout au long du mois d'octobre. Le ministre saoudien de la Défense s'est rendu à Téhéran le 26 octobre pour des pourparlers, tandis que le Parlement égyptien a autorisé un soutien militaire au royaume. Cette escalade s'inscrit dans le prolongement du conflit opposant Israël et les États-Unis à l'Iran.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Attaques houthies en Arabie saoudite : Riyad négocie à Téhéran, l'Égypte s'engage militairement
Photo : Illustration générée par IA

Le royaume saoudien traverse son mois le plus difficile depuis des années face aux attaques des Houthis, mouvement yéménite soutenu par l'Iran. Entre le 8 et le 25 octobre, 86 % des vols programmés à l'aéroport international King Khalid de Riyad, soit 4 071 sur 4 736, ont été annulés, selon la société d'analyse aérienne Cirium. Une frappe du 10 octobre contre l'aéroport a tué 13 personnes, l'attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus d'une décennie.

Un royaume sous blocus aérien

La perturbation dépasse la seule capitale. Plus de 7 800 vols, soit 45 % des départs programmés depuis les aéroports saoudiens, ont été annulés sur la même période. Les aéroports de Dammam et d'Abha ont également été frappés ou fortement touchés, tout comme plusieurs plateformes régionales proches de la frontière yéménite. Plusieurs compagnies internationales, dont Delta Air Lines, ont suspendu ou reporté leurs liaisons vers Riyad jusqu'en novembre. La conférence d'investissement phare du royaume a dû être annulée.

Riyad à Téhéran : tractations sous tension

Face à cette pression, le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est rendu le 26 octobre à Téhéran, accompagné de hauts responsables turcs et pakistanais membres du pacte de défense de La Mecque. Selon des sources diplomatiques citées par Israel Hayom, l'objectif de la visite était de négocier un cessez-le-feu avec les Houthis, assorti d'un transfert d'un milliard de dollars acheminé via l'Iran, le prince ayant même transporté la somme à bord de son avion militaire. Un responsable saoudien n'a pas confirmé ce transfert, évoquant plutôt un différend sur des engagements financiers pris il y a trois ans pour financer les salaires publics et la reconstruction dans les zones sous contrôle houthi.

Officiellement, Riyad maintient une ligne ferme : le royaume refuse tout nouveau cessez-le-feu et toute concession financière tant que les Houthis n'ont pas restitué les territoires pris au gouvernement yéménite internationalement reconnu, qu'il soutient. Le ministère saoudien des Affaires étrangères présente la visite comme une démarche de désescalade, menée avec les médiations du Qatar et du Pakistan. Pour Téhéran, cette première rencontre officielle avec les dirigeants du pacte de La Mecque constitue un succès diplomatique, lui permettant de se poser en médiateur régional et de dissuader toute intervention militaire américaine ou israélienne supplémentaire.

L'Égypte s'engage, le pacte de La Mecque à l'épreuve

Le Parlement égyptien a de son côté autorisé, le même jour, l'armée à soutenir la défense du territoire saoudien, à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi. Le Caire précise que ce soutien restera limité à la défense des frontières saoudiennes, sans opération offensive au Yémen. L'Égypte, qui n'a pas rejoint le pacte signé en août par l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, examine toutefois « sérieusement » son adhésion, selon son ministre des Affaires étrangères.

Le pacte de La Mecque, qui prévoit une clause de défense collective, montre ses limites : la Turquie et le Pakistan n'ont envoyé que des conseillers militaires à Riyad, sans renfort opérationnel. L'issue des pourparlers de Téhéran, et une éventuelle ratification parlementaire du pacte par Ankara, détermineront si cette alliance pèsera réellement sur l'équilibre régional ou restera un cadre diplomatique sans portée militaire concrète.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le pacte de défense de La Mecque ?
Signé le 7 août 2026 entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, cet accord prévoit qu'une attaque contre l'un des trois pays est considérée comme une attaque contre tous, ainsi qu'une coopération militaire et industrielle renforcée.
Pourquoi les Houthis attaquent-ils l'Arabie saoudite ?
Les Houthis affirment que Riyad n'a pas tenu des engagements financiers pris il y a trois ans pour financer les zones sous leur contrôle. L'Iran, qui les soutient, est accusé d'alimenter l'escalade dans le cadre de son conflit avec les États-Unis.
Quel est le lien avec le conflit entre Israël et l'Iran ?
Le front yéménite est devenu, selon les sources, un volet de la guerre opposant Israël et les États-Unis à l'Iran, Téhéran cherchant via ces négociations à écarter toute intervention militaire supplémentaire de Jérusalem et Washington.

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