Attaque houthie sur l'aéroport de Riyad : douze morts, Washington menace de riposter
Une frappe houthie a visé samedi l'aéroport international King Khalid de Riyad, faisant au moins douze morts et plus de trois cents blessés, selon les autorités saoudiennes. L'attaque, revendiquée dans un contexte de guerre civile au Yémen, a provoqué une vague de condamnations internationales et poussé Washington à envisager une riposte militaire aux côtés de Ryad.

L'aéroport international King Khalid de Riyad a été frappé le 10 octobre par un missile tiré depuis le Yémen par les Houthis, mouvement soutenu par l'Iran. Selon l'Autorité générale saoudienne de l'aviation civile, citée par Arab News, l'attaque a tué quatre citoyens saoudiens et huit ressortissants étrangers, parmi lesquels des Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Jordanien, un Palestinien, un Syrien et un Soudanais. Plus de trois cents personnes ont été blessées, certaines dans un état critique.
Un aéroport ciblé à répétition
Il s'agit de la troisième frappe houthie en une semaine contre cet aéroport, selon JNS. Deux femmes, marocaine et algérienne, avaient déjà été tuées le 6 octobre dans une attaque contre l'aéroport d'Abha, suivie le lendemain d'une frappe meurtrière à Riyad. Le 8 octobre, trois personnes, dont le pilote saoudien Hamoud Ali AlKalthami, avaient péri lorsqu'un avion commercial avait été touché au sol. Les Houthis n'ont pas revendiqué la frappe du 10 octobre mais avaient assumé celle du 8. Au moins 291 vols ont été annulés en vingt-quatre heures, et plusieurs compagnies internationales ont suspendu leurs liaisons vers l'Arabie saoudite.
Une condamnation internationale quasi unanime
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a dénoncé des attaques « qui témoignent d'un mépris flagrant pour la vie des civils » et rappelé qu'un citoyen américain figurait parmi les victimes. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a jugé la frappe contraire au droit international. Le Pakistan, la Turquie, le Qatar, la Jordanie et le Canada ont également condamné l'attaque, tandis que le chef du Conseil présidentiel yéménite, Rashad al-Alimi, a dénoncé la « nature terroriste » des Houthis. Le porte-parole de la coalition menée par Ryad, le général Turki Al-Maliki, a qualifié l'attaque de « crime de guerre à part entière » et promis une réponse ferme, conforme au droit humanitaire international.
Interrogé par des journalistes, le président américain Donald Trump n'a pas exclu une participation américaine à des frappes contre les Houthis : « Nous allons regarder cela. Nous venons d'apprendre l'attaque, donc nous prendrons une décision. Nous agissons très vite. »
Un axe iranien qui dépasse le Yémen
Pour les analystes, cette escalade s'inscrit dans la stratégie régionale de Téhéran, qui mobilise simultanément ses relais au Yémen, au Liban et en Irak. Le Jerusalem Post rappelle que les Houthis, comme le Hezbollah, ont par le passé réussi à percer des défenses antiaériennes sophistiquées, y compris lors d'attaques visant Israël. Depuis l'offensive du Hamas du 7 octobre 2023, Téhéran a actionné l'ensemble de ses relais régionaux, et malgré la chute du régime Assad en Syrie, le Hezbollah et les Houthis demeurent des partenaires opérationnels de l'Iran.
Parallèlement aux frappes sur Riyad, la sécurité maritime se dégrade dans le Golfe : un pétrolier battant pavillon panaméen a été touché au large des Émirats arabes unis le 9 octobre, et la garde côtière émiratie a dû secourir vingt-deux membres d'équipage d'un autre navire en feu. Ryad a prévenu qu'elle n'autoriserait pas le territoire yéménite à servir de base de lancement contre le royaume ou contre la navigation internationale. La décision de Washington de s'associer ou non à une riposte militaire saoudienne contre les Houthis est désormais attendue dans les prochains jours.
Questions fréquentes
- Combien de personnes sont mortes dans l'attaque contre l'aéroport de Riyad ?
- Au moins douze personnes ont été tuées et plus de trois cents blessées, selon l'Autorité saoudienne de l'aviation civile.
- Les Houthis ont-ils revendiqué cette frappe ?
- Non, mais ils avaient revendiqué une attaque précédente contre le même aéroport deux jours plus tôt.
- Les États-Unis vont-ils intervenir militairement ?
- Donald Trump a indiqué qu'une décision serait prise rapidement sur une éventuelle participation américaine aux frappes contre les Houthis.
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