Frappe en Iran : tensions entre Netanyahou et Tsahal à la veille des élections

Des informations de la chaîne israélienne Channel 12 font état d'un désaccord entre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le chef d'état-major Eyal Zamir sur une action militaire contre l'Iran, à quelques jours des élections législatives du 27 octobre. Le ministre de la Défense Israël Katz dément toute fracture, tandis que Tsahal se garde de démentir frontalement le différend.

2 min de lecture2 vuesPar la rédaction
Frappe en Iran : tensions entre Netanyahou et Tsahal à la veille des élections
Photo : Illustration générée par IA

L'affaire a éclaté dimanche, deux jours avant le scrutin législatif israélien. Selon Channel 12, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a transmis au chef d'état-major Eyal Zamir une directive visant une action militaire susceptible de déclencher une escalade rapide avec l'Iran. Des responsables sécuritaires cités par la chaîne affirment que Zamir, jugeant la mesure sensible, a demandé une discussion approfondie et une autorisation formelle avant toute exécution.

Un désaccord autour d'une frappe en Iran

D'après Israel Hayom, Netanyahou poussait pour une opération rapide, sans que le chef d'état-major n'en ait été informé à l'avance. Le directeur du Mossad, Roman Gofman, aurait pour sa part soutenu le projet. Une source proche des discussions précise qu'une telle opération pourrait relancer la guerre avec l'Iran, tout en soulignant qu'elle pourrait reposer sur des considérations strictement opérationnelles, indépendantes du calendrier électoral. Toute action d'ampleur impliquant l'ensemble des services de sécurité israéliens doit en principe passer par le comité des chefs des services, le VARASH, qui réunit le Shin Bet, le Mossad et Tsahal.

Toujours selon Israel Hayom, l'opération envisagée ne constituerait pas une reprise de l'offensive de grande envergure menée contre l'Iran plus tôt dans l'année. Une offensive de cette ampleur supposerait une coordination complète avec Washington et une décision du président Donald Trump, qui privilégierait pour l'instant d'attendre l'après-midterms américaines, par crainte d'une flambée des prix du pétrole.

Les démentis du gouvernement et le silence prudent de Tsahal

Le ministre de la Défense Israël Katz a qualifié ces informations d'« entièrement infondées et mensongères ». Il assure que la coordination entre Netanyahou, lui-même et Tsahal sur le dossier iranien est totale, et accuse des figures de l'opposition d'exploiter ces révélations pour mettre en doute le jugement du gouvernement. Katz a par ailleurs exclu toute initiative israélienne contre l'Iran avant les élections, tout en avertissant que Jérusalem répondrait « avec une grande force » en cas d'attaque iranienne.

Netanyahou lui-même a démenti dimanche soir sur Channel 14, affirmant qu'« il n'y a pas d'affrontement » et que certains chercheraient à occulter le fait que Zamir avait lui-même évoqué des tentatives iraniennes d'ingérence électorale. Tsahal a publié lundi un communiqué prudent, insistant sur le fait que ses décisions opérationnelles reposent « uniquement sur des considérations sécuritaires, professionnelles et non partisanes ». Le texte ne dément toutefois pas que Zamir ait freiné une initiative de Netanyahou par crainte de motivations électorales.

Le contexte régional et la suite

Selon Israel Hayom, l'état-major et le Mossad ne s'opposent pas par principe à une nouvelle frappe contre l'Iran, mais craignent qu'un déclenchement trop proche du scrutin ne soulève des questions sur sa motivation politique. Les services de sécurité israéliens partagent globalement l'objectif de poursuivre l'affaiblissement des capacités nucléaires et balistiques iraniennes, malgré des divergences sur le calendrier et les moyens.

Ces tensions surviennent alors que la région connaît une montée des risques : intensification des combats entre l'Arabie saoudite et les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen, réduction du personnel américain dans plusieurs pays du Golfe et au Liban, et mise en garde du renseignement américain sur des projets iraniens visant des responsables américains. Le résultat des élections législatives israéliennes du 27 octobre pourrait peser sur le calendrier de toute décision concernant l'Iran.

Questions fréquentes

Qui s'oppose à qui dans cette affaire ?
Selon Channel 12, le Premier ministre Benjamin Netanyahou aurait ordonné une action militaire contre l'Iran, tandis que le chef d'état-major Eyal Zamir aurait demandé une autorisation formelle avant d'agir, par crainte de motivations électorales.
Le gouvernement dément-il ces informations ?
Le ministre de la Défense Israël Katz qualifie les informations de fausses et affirme que la coordination avec Tsahal est totale. Netanyahou dément également tout affrontement, mais le communiqué de Tsahal reste ambigu sur le fond.
Une attaque contre l'Iran est-elle prévue avant les élections ?
Selon Israël Katz, Israël n'a pas l'intention de lancer une attaque avant le scrutin du 27 octobre, mais promet une riposte massive en cas d'attaque iranienne.

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