Netanyahou affirme qu'Israël est prêt à frapper l'Iran seul, sans l'aide américaine

Lors de la présentation de sa doctrine de sécurité nationale 2026, dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a affirmé qu'Israël était prêt à lancer une frappe préventive contre l'Iran, avec ou sans le soutien de Washington. Il a désigné l'Iran nucléaire comme la première menace pour Israël et a dénoncé la coopération militaire croissante entre Moscou et Téhéran.

2 min de lecture1 vuePar la rédaction
Netanyahou affirme qu'Israël est prêt à frapper l'Iran seul, sans l'aide américaine
Photo : Illustration générée par IA

Benjamin Netanyahou a présenté dimanche, pour la première fois depuis dix ans, une doctrine de sécurité nationale actualisée. Il y affirme qu'Israël est prêt à mener une frappe préventive contre les capacités nucléaires iraniennes, y compris sans l'appui des États-Unis. « Nos objectifs ne dépendent pas de l'approbation américaine. Je la recherche toujours, mais elle n'a jamais été une condition préalable », a-t-il déclaré, ajoutant qu'Israël agirait seul « si nécessaire », comme il l'a « déjà fait ».

L'Iran, première menace selon Netanyahou

Le Premier ministre a placé l'Iran en tête de la liste des dangers existentiels pour Israël, évoquant le risque qu'une seule bombe nucléaire puisse tuer des centaines de milliers de personnes. Il a affirmé que « 90 % du travail » contre le programme iranien avait déjà été accompli, estimant que la crise économique et les manifestations survenues depuis l'opération Lion montant, en juin 2025, traduisent la fragilité du régime des ayatollahs. Son objectif déclaré est de « faire tomber ce régime une fois pour toutes », une instruction qu'il dit avoir transmise à l'ensemble des services de sécurité, potentiellement avant les élections israéliennes du 27 octobre.

Netanyahou a également revendiqué un changement de posture stratégique, passant d'une logique de confinement à une doctrine offensive fondée sur l'initiative et la frappe préventive. Il a par ailleurs annoncé vouloir renforcer l'indépendance industrielle d'Israël en matière d'armement, afin de réduire la dépendance aux livraisons américaines.

Moscou accusé de nourrir la menace iranienne

Interrogé par le Jerusalem Post, Netanyahou a accusé la Russie de mener, via des réseaux de bots, une campagne qualifiée d'« antisémite » contre l'État d'Israël, et a dénoncé sa coopération militaire avec Téhéran comme contraire aux propres intérêts de Moscou. « Nous soulevons toutes ces questions avec eux, et nous le faisons très clairement », a-t-il affirmé, précisant échanger avec le président Vladimir Poutine « quand c'est nécessaire ». Selon lui, un Iran doté de l'arme nucléaire chercherait aussi à instrumentaliser la population musulmane de Russie.

Cette dénonciation s'appuie sur plusieurs constats documentés : selon l'Institute for the Study of War, la Russie continue de fournir à l'Iran du matériel militaire, et des cargaisons — composants de drones, munitions, explosifs — auraient transité par la mer Caspienne vers le port iranien d'Amirabad. Une enquête de Reuters évoque par ailleurs des échanges de renseignements susceptibles d'améliorer la précision des drones Shahed iraniens, dont la Russie a elle-même perfectionné la technologie durant la guerre en Ukraine.

Zamir évoque un nouveau round inévitable

À huit jours du scrutin, le chef d'état-major Eyal Zamir estime qu'un nouvel affrontement avec l'Iran est inévitable, sans pour autant juger nécessaire d'agir avant les élections. Des responsables de la défense cités par Israel Hayom appellent même à la prudence face à des déclarations politiques susceptibles d'être perçues par Téhéran comme un signal d'attaque imminente, ce qui pourrait précipiter une initiative iranienne. L'hypothèse de travail reste une action coordonnée avec Washington, dont les intérêts électoraux internes plaident pour éviter une guerre active avec l'Iran.

La confrontation entre le discours offensif de Netanyahou et la prudence affichée par l'état-major illustre une tension interne sur le calendrier d'une éventuelle opération. Le résultat des élections du 27 octobre déterminera en grande partie la suite donnée à cette doctrine.

Questions fréquentes

Israël peut-il frapper l'Iran sans l'accord des États-Unis ?
Selon Netanyahou, l'approbation américaine n'a jamais été une condition préalable ; Israël se dit prêt à agir seul si nécessaire, même si l'hypothèse privilégiée par l'état-major reste une action coordonnée avec Washington.
Pourquoi Israël accuse-t-il la Russie ?
Netanyahou dénonce une coopération militaire russo-iranienne et des réseaux de bots antisémites, dans un contexte où des rapports font état de livraisons russes de composants de drones et de munitions à l'Iran.
Une opération contre l'Iran est-elle prévue avant les élections du 27 octobre ?
Non. Le chef d'état-major Eyal Zamir juge un nouveau round inévitable à terme, mais les responsables de la défense estiment qu'il n'y a pas d'urgence à agir avant le scrutin.

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