Netanyahou redoute qu'une guerre contre l'Iran ne coûte sa majorité au Likoud
À une semaine du scrutin du 27 octobre, le Premier ministre Benjamin Netanyahou craindrait qu'une reprise des frappes contre l'Iran avant l'élection ne fasse basculer les résultats en faveur du bloc de Gadi Eisenkot. Selon des sources citées par Maariv, un message aurait été transmis à Washington pour privilégier une action militaire après le vote.

Selon des sources proches du dossier citées jeudi par le quotidien Maariv, Benjamin Netanyahou redoute qu'une campagne militaire contre l'Iran dans les deux semaines précédant les élections législatives n'affaiblisse les chances du Likoud de conserver le pouvoir. Les évaluations internes du parti nourrissent pourtant l'optimisme d'un bloc à égalité, voire majoritaire, avec celui de ses rivaux.
Une crainte électorale assumée au sommet du Likoud
Un message aurait été transmis ces derniers jours de Jérusalem à Washington, indiquant qu'Israël préférerait voir toute action militaire contre l'Iran débuter après l'élection du 27 octobre. Dans des discussions privées, Netanyahou aurait avancé deux arguments contre une campagne à ce stade : la difficulté de reporter le scrutin et le coût potentiel d'une riposte iranienne sur le front intérieur.
« Ce sont précisément les images que nous ne pouvons pas nous permettre de voir. Un pays dans les abris, des tirs de missiles, des bâtiments détruits, des blessés et, à Dieu ne plaise, des morts - c'est ce qui pourrait conduire à une victoire d'Eisenkot et de ses partenaires », a déclaré un haut responsable du Likoud, précisant que ces propos reflètent la position de Netanyahou. Le parti redoute que des tirs de missiles et une perturbation prolongée du quotidien ne modifient l'agenda public dans les derniers jours avant le vote.
Reporter l'élection pour cause d'urgence sécuritaire serait toutefois peu praticable, selon ces mêmes sources. L'article 9A de la Loi fondamentale sur la Knesset exige le soutien de 80 députés pour prolonger le mandat du Parlement, ainsi que des circonstances exceptionnelles. Des responsables du Likoud estiment ne pas pouvoir réunir ce soutien au sein de l'opposition.
Washington dément toute discussion sur une reprise de la guerre
Netanyahou et le président américain Donald Trump se seraient entretenus plusieurs fois ces deux dernières semaines, la possibilité de frappes renouvelées contre l'Iran étant évoquée dans leurs échanges, selon plusieurs sources. La Maison Blanche a toutefois démenti que les deux dirigeants aient discuté d'une reprise de la guerre.
Des responsables israéliens estiment que ce démenti visait à éloigner Israël du débat américain sur une frappe contre l'Iran et à éviter de renforcer l'idée que Netanyahou influence les décisions de Trump, une accusation jugée politiquement nuisible pour ce dernier aux États-Unis. Le bureau du Premier ministre a confirmé des contacts réguliers avec Trump sans commenter le fond de leurs échanges.
Le chef d'état-major Eyal Zamir se serait entretenu avec le général américain Dan Caine sur l'éventualité de combats renouvelés dans un délai de trois semaines, selon Axios, ces discussions ayant inclus l'hypothèse d'un report du scrutin israélien. Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a pour sa part affirmé ne pas avoir connaissance d'un développement critique justifiant une action conjointe immédiate avec les États-Unis contre l'Iran, tout en précisant ne plus avoir accès aux renseignements les plus récents depuis son départ du cabinet de guerre.
Les prochaines échéances avant le scrutin du 27 octobre
Trump a déclaré le 8 octobre que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, avant de renouveler ses menaces lors d'un meeting en Alaska. Selon un rapport américain, le Pentagone aurait demandé au Central Command d'achever les préparatifs d'opérations militaires renouvelées contre l'Iran. L'évaluation opérationnelle en Israël reste néanmoins que Trump n'a pas encore pris de décision finale et qu'aucune date n'est fixée à court terme.
Les sondages publiés ces derniers jours montrent des écarts importants selon les instituts, certains plaçant le bloc de Netanyahou nettement en dessous des 61 sièges nécessaires pour gouverner. Des discussions diplomatiques se poursuivent par ailleurs entre Washington et Téhéran, via des médiateurs régionaux, sur le programme nucléaire iranien et la sécurité du détroit d'Ormuz, sans percée annoncée à ce stade.
Questions fréquentes
- Pourquoi Netanyahou craindrait-il une guerre avant les élections ?
- Selon des sources citées par Maariv, il redoute que des tirs de missiles et des dégâts sur le front intérieur ne détournent l'opinion publique en faveur du bloc de Gadi Eisenkot avant le vote du 27 octobre.
- L'élection pourrait-elle être reportée en cas d'escalade ?
- Un report nécessiterait le soutien de 80 députés selon la Loi fondamentale sur la Knesset, un seuil que le Likoud estime hors de portée avec l'opposition actuelle.
- Trump et Netanyahou ont-ils évoqué une reprise des frappes contre l'Iran ?
- Plusieurs sources évoquent des échanges sur le sujet, mais la Maison Blanche a officiellement démenti toute discussion portant sur une reprise de la guerre.
Dossiers Iran · Élections israéliennes 2026



